Les "zones noires" ne bougeront pas, mais...

Par TF1 News (D'après agence), le 13 avril 2010 à 13h02 , mis à jour le 13 avril 2010 à 22h34

Dossier : Xynthia, une tempête sur la France

Pas question de remettre en cause le tracé des zones déclarées inhabitables après le passage de Xynthia, a fait savoir mardi François Fillon. Mais il a affiché la volonté d'entendre et d'aider les habitants.

François Fillon Xynthia © TF1/LCI

Après les ravages de la tempête, la menace des expropriations et des destructions de maisons : nombre de propriétaires situés dans les zones inondées lors du passage de Xynthia, ou à proximité immédiate, vivent la réaction de l'Etat comme une injustice. La délimitation de "zones noires" inconstructibles, d'où toute habitation devra être bannie, suscite tout particulièrement la colère. Certains, qui avaient échappé à l'inondation, pourraient ainsi perdre malgré tout leur maison. Nombre des habitants concernés ont annoncé qu'ils comptaient contester ces tracés, les manifestations se multiplient depuis quelques jours, et même des élus locaux, comme le maire de Charron, font part de leur incompréhension. D'où la réunion de ce mardi à Matignon, où François Fillon, à la demande de Nicolas Sarkozy, s'est entretenu avec tous les ministres concernés par la gestion des suites de Xynthia.

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Y aura-t-il une possibilité de faire évoluer le tracé des fameuses "zones noires" ? Sur ce point, la réponse n'a pas changé : c'est non. "Les critères qui ont été mis en oeuvre par l'Etat pour définir les zones (...) sont des critères objectifs, basés sur des observations concrètes, précises, et ils n'appellent pas de remise en cause, en tous cas pas dans la phase actuelle", a affirmé le chef du gouvernement lors d'un point presse à l'issue de la réunion. Tout au plus a-t-il rappelé les possibilités de contestation existantes : "En cas de désaccord, les collectivités et les particuliers pourront bien entendu faire valoir leurs droits selon les procédures classiques, devant le juge. Le zonage qui permettra, le cas échéant, lorsqu'il n'y aura pas d'accord amiable, l'expropriation, devra faire l'objet dans les prochains mois d'une déclaration d'utilité publique. Il y aura donc, et c'est le deuxième temps, une enquête publique au cours de laquelle chacun pourra se faire entendre et faire valoir ses arguments".

"C'est un traumatisme et nous devons le comprendre"

Si les zones ne changeront pas, en revanche, François Fillon a exprimé la volonté d'écouter les habitants concernés et de les aider - et vite. "Dans les 48 heures, je nommerai des délégués à la solidarité sous l'autorité des préfets" qui "recevront toutes les personnes qui souhaitent des explications sur les critères qui ont été choisis par l'Etat, sur les procédures d'indemnisation et qui souhaitent aussi faire valoir leurs arguments lorsqu'ils contestent ces critères", a-t-il indiqué. "Je veux une prise en charge individuelle de chaque cas et je donnerai aux préfets les moyens pour garantir cette prise en charge".

Le Premier ministre a réaffirmé que les maisons et les terrains dans les zones concernées - rebaptisées pour l'occasion "zones de solidarité" par François Fillon - seraient indemnisés "au prix de marché avant la tempête", ce qui "est une situation sans précédent dans notre pays". Il a également annoncé qu'il avait demandé aux fédérations d'assureurs de "réduire de trois mois à un mois les délais permettant l'indemnisation", rappelant que "près de 500 experts étaient mobilisés sur le terrain".

"Dans l'immédiat ce qui compte, c'est que tous ceux qui veulent, et ils sont nombreux, quitter ces zones, puissent le faire", a poursuivi le Premier ministre. "L'Etat aurait pu laisser les procédures normales courir, mais alors les "habitants auraient été pendant des mois et des mois dans l'incertitude sur la question de savoir où ils allaient habiter, comment se reloger, s'ils devaient réparer ou non leurs maisons. Notre responsabilité, c'est d'être à l'écoute des sinistrés" car "quitter sa maison, abandonner ses souvenirs, c'est un traumatisme et nous devons le comprendre".

Par TF1 News (D'après agence) le 13 avril 2010 à 13:02
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21 Commentaires

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  • khalypso, le 14/04/2010 à 06h02

    Je suis entiérement d'accord Les experts doivent évaluer , et les décisions prises ,si ces zones sont dangereuses il faut les interdire sans donner le choix En France il faut toujours que les gens discutent les décisions , si elles sont justifiées il faut les suivre !!!

  • saintex54, le 13/04/2010 à 22h27

    Le gouvernement a raison,il faut en finir une bonne fois pour toute.Trop de fonds publics servent les intérêts d´une infime partie de la population.Consolider des digues(et dépenser des millions d´euros) pour préserver quelques maisons est inadmissible.Ces gens là doivent être indemniser à hauteur de la perte subie et construire plus loin.Faire 4 ou 5km pour aller voir la mer ne va pas les fatiguer.

  • csoud, le 13/04/2010 à 20h33

    Je suis entièrement d'accord avec le Ministre ! à un moment donné il faut prendre des décisions, certes pénibles, certes difficiles mais si l'on ne veut plus revoir ce que l'on a vu ces dernières semaines il faut agir ! j'espère que le gouvernement tiendra bon ...

  • retimpo, le 13/04/2010 à 19h40

    Plusieurs personnes se posent la question: Pourquoi n'envisage-t-on pas la réfection des digues et leur consolidation ? Est-ce une question de topographie, d'absence de moyens techniques de coûts trop élevés ? On ne doute pas que des raisons sérieuses existent mais pourquoi ne pas les dire ? C'est en effet regrettable d'abandonner à l'Océan une superficie importante de terres, Le cas ne risque-t-il pas de se reproduire dans l'avenir ? Je précise que je ne figure pas parmi les victimes de cette inondation.

  • nanardesbordes, le 13/04/2010 à 19h12

    Si c'était moi , je laisserais en places les gens qui veulent faire prendre des risques a leurs familles, mais je leur ferais signer comme dans les hopitaux une décharge en cas de nouveau sinistre moins ou plus grave encore, nul ne peut le prédire, De toute façon si certains propriétaires peuvent rester dans les zones délimitées noires , les assureurs eux vont certainement les faire changer de couleurs pour les assurances , et de toute façon , ils ont intérets a avoir des enfants pour leur donner en succession , car je me vois mal aller investir pour des dizaines d'années dans l'achat d'une maison dans ces zones là. moi je dis pas courage , je dis croisez les doigts (des 2 mains c'est pas de trop )

  • jovic78, le 13/04/2010 à 18h21

    Il est impossible de faire entendre raison à ceux (gouvernement) qui ont adopté une façon de penser conforme à leur intérêt, et non à celui du peuple. L'histoire se répète invariablement : la lutte du pot de terre contre le pot de fer !. COURAGE.

  • euzenot-furiga, le 13/04/2010 à 18h12

    Bon on est d'accord, mais il faut voir si cette belle assurance de nos politique ne se fissurera avec les pressions des élus locaux.

  • giromaxi, le 13/04/2010 à 17h49

    Pourquoi ne pas consolider les digues et même les surélevées ?! Cela reviendrait moins cher non? En hollande il vivent bien (dans certaines régions) derrière des digues depuis des dizaines d'années puisqu'ils sont en dessous du niveau de la mer....

  • bubu61400, le 13/04/2010 à 15h56

    Que se passe t'il tout le monde est d'accord avec le premier ministre Il y a longtemps que l'on avait pas vu ça ????

  • bubu61400, le 13/04/2010 à 15h51

    Il ne faut pas oublier que le maire ne peut pas accorder un permis de construire sans l'accord du prefet souvent on critique sans commaître la réalité de la chose

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