© AFPC'était une journée à haut risque dans la cité girondine. Une "marche pour la vie", contre l'avortement, et une contre-manifestation, "pro-choix", soigneusement surveillées par de nombreuses forces de l'ordre, ont réuni environ un millier de personnes chacune, samedi après-midi à Bordeaux.
Colonel Reyel, nouvelle mascotte des anti-avortements
Diffusé en boucle sur les radios musicales, "Aurélie", le dernier tube du chanteur dancehall est devenu le nouvel hymne des militants pro-vie sur internet.
Publié le 27/07/2011
Les deux défilés se déroulaient dans un contexte tendu depuis la diffusion, le 29 avril sur France 2, de l'émission "les Infiltrés" sur le milieu catholique traditionaliste bordelais, rapportant des propos racistes et antisémites. Trois unités de forces mobiles avaient été mobilisées pour renforcer les effectifs de la sécurité publique et éviter tout contact entre les deux cortèges, a-t-on appris auprès de la préfecture. Globalement, le nombre des forces de l'ordre était équivalent à celui d'un match de football à risques, de l'ordre de 500 personnels, a-t-on précisé de source policière.
"Exigence de laïcité"
La "marche pour la vie", qui a débuté vers 14 heures, a réuni entre un millier de manifestants, selon la préfecture, et 2500 selon les organisateurs, pour dénoncer l'avortement et réclamer plus de lits dans les services de soins palliatifs, a indiqué Nicolas Franchinard, un porte-parole du collectif "Oui à la Vie". Partie peu de temps auparavant, une "contre-manifestation", conduite notamment par un collectif pour les droits des femmes et une dizaine d'élus et comprenant de nombreux militants d'extrême gauche, a réuni "entre 700 et 800 personnes", selon la police, et 2.500 selon les organisateurs. "Ceux qui se disent pro-vie ne sont en fait que des anti-IGV. A Bordeaux, ils sont en train de construire un bastion", a affirmé la présidente du Planning familial de Bordeaux, Monique Nicolas. Evoquant "un contexte particulier cette année après l'émission Les Infiltrés", la députée (PS) Michèle Delaunay a pour sa part mis en avant "une exigence de laïcité". "On ne peut pas combattre la burqa et ne pas combattre les extrémismes religieux, d'où qu'ils viennent", a-t-elle relevé.
Les policiers, qui ont essuyé quelques jets de canettes, n'ont pas fait usage de grenade lacrymogène et ont procédé à deux interpellations "sur des faits mineurs, pour détention de stupéfiants", selon Albert Doutre, directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) de la Gironde.
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