Immeubles en banlieue parisienne © TF1/LCI"Faudra-t-il de nouvelles émeutes pour que les pouvoirs publics s'intéressent à nos villes et à ceux qui y vivent ?" Quarante-quatre maires français de tous bords appellent le gouvernement à se mobiliser réellement en faveur des banlieues les plus difficiles confrontées au chômage, au mal-logement et à un sentiment d'abandon. Dans une "lettre à ceux qui ignorent les banlieues", que publie le Journal du dimanche, ils invitent François Fillon à profiter du prochain Conseil national des villes le 25 mai pour tenir des promesses devenues lettre morte.
L'adresse en banlieue, un handicap à l'embauche
58% des Français estiment que les discriminations liées au lieu de résidence sont répandues, selon une sondage CSA paru vendredi dans Le Parisien.
Publié le 05/11/2010
Violence scolaire : que faut-il faire des élèves qui posent problème ?
Pour les élèves renvoyés de plusieurs établissements, il est souvent difficile de trouver des solutions pour les garder scolarisés. Des centres de réinsertion scolaires devraient être créés pour répondre à cette problématique.
Publié le 25/05/2010
Pour les signataires, il ne s'agit pas seulement de problèmes de délinquance ou de trafics "qui seuls parviennent à capter l'attention des médias" mais de problèmes d'enclavement, de chômage, d'échec scolaire, de mal-logement, et d'une pénurie des services publics. "Les habitants souffrent au quotidien et nourrissent un sentiment d'abandon qu'une grande partie de la société française a du mal à concevoir", ajoutent-ils.
"Une politique de la ville aujourd'hui en panne"
Parallèlement, l'association des maires Ville et Banlieue, qui réunit aussi des élus de droite et de gauche, s'alarme des "insuffisances" des actions en faveur des quartiers sensibles. "Une meilleure politique de sécurité ne remplace pas une politique de la ville aujourd'hui en panne", déclare-t-elle sur son site internet.
Avant même son accession à l'Elysée, en 2007, Nicolas Sarkozy s'était engagé à mener une politique ambitieuse dans ce domaine mais le plan "Espoir Banlieues" de la secrétaire d'Etat à la Ville Fadela Amara semble s'être dilué dans la crise. Les maires notent que la secrétaire d'Etat elle-même "en est réduite à écrire au Premier ministre pour s'inquiéter des retards pris sur la réforme des politiques en faveur des quartiers les plus difficiles". En marge de ce texte, de nombreux maires reprochent également au chef de l'Etat de ne s'intéresser aux banlieues que sous le seul angle de la sécurité.
Défiance vis-à-vis du politique
Dans leur appel, les maires rappellent que les taux d'abstention record aux dernières élections régionales dans certains quartiers ne sont "qu'un signe supplémentaire de la défiance des habitants de ces quartiers vis-à-vis de la capacité du politique à changer cette situation". "Le sentiment de ne pas vivre dans le même monde, partagé tant par les habitants des ghettos que par ceux qui y sont extérieurs, met en cause non seulement la cohésion sociale mais aussi notre pacte républicain", affirment-ils.
Parmi les maires signataires, figurent notamment Catherine Arenou, maire UMP de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), François Asensi, maire PCF de Tremblay-en-France, Stephane Gatignon, maire Europe Ecologie de Sevran (Seine-saint-Denis), Alain Cabazonne, maire MoDem de Talence (Gironde) et Henri Bertholet, maire PS de Romans (Drôme).
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