Patrice Evra, Thierry Henry et Eric Abidal, vendredi 25 juin 2010 © TF1/Canal+/TF1/Montage TF1 Newsls avaient promis un grand déballage ; ils se sont montrés très sobres. Vendredi, trois Bleus sont revenus sur le fiasco de l'équipe de France de football, éliminée mardi du Mondial 2010. Ils ont évoqué, pêle-mêle le malaise au sein du groupe, la grève de l'entraînement et même leur amour pour le maillot tricolore.
Thierry Henry : "Je me suis senti écarté"
L'attaquant et ancien capitaine de l'équipe de France de football a dit s'être senti écarté du groupe pendant le Mondial, dans sa première interview depuis l'élimination des Bleus, vendredi sur Canal+.
Publié le 25/06/2010
Eric Abidal : "on a été solidaires avec Anelka"
Invité du journal de 20h de TF1 vendredi, en duplex de Barcelone, le défenseur des Bleus est notamment revenu sur la décision des joueurs de ne s'entraîner.
Publié le 25/06/2010
Thierry Henry : "Je me suis senti écarté" (Voir la vidéo)
L'attaquant et ancien capitaine de l'équipe de France de football dit s'être senti écarté du groupe pendant le Mondial, dans une interview sur Canal+. "Avant on me parlait plus, j'étais au devant de la scène (...) A un moment donné quand tu n'as plus de crédibilité dans un groupe, ça devient difficile. Je me suis senti écarté, et à un moment donné, la fierté d'un homme en prend un coup !", dit le joueur plus prolifique (51 buts) de la sélection tricolore.
Les raisons du fiasco ? "Ma première raison du fiasco, c'est qu'on a pas bien joué. (...) C'est que nous n'avons pas été à la hauteur", a estimé Henry, reçu jeudi par Nicolas Sarkozy. Le joueur n'a rien dévoilé de cet entretien. "Ca s'est bien passé", s'est-il contenté de répéter avec le sourire. Qui dirigeait l'équipe de France ? "Je pense que normalement c'est le coach, le coach dirige toujours son équipe. (...) Le coach était là oui, il dirigeait. (...) il y a un coach qui est en place et qui met son équipe en place, qui prend ses décisions et il faut les respecter et je suis bien placé pour le savoir".
L'incident de la mi-temps de France-Mexique et l'affrontement Domenech Anelka ? "Pour en arriver là c'est qu'il y avait quelque chose avant. Il y avait peut être un malaise (...) Ce qui me frappe avant tout c'est cette Une (de L'Equipe) quand même. (...) Ce que je sais, c'est que ce ne sont pas les mots de Nico. (...) Il ronchonnait". Et d'ajouter: "Je sais ce qu'il a dit mais je ne suis pas Nicolas Anelka, je laisserai Nico dire ce qu'il a à dire." Selon lui, le groupe n'a appris l'exclusion d'Anelka que le lendemain. Pourquoi le soutenir ? "Je pense qu'on devait montrer notre soutien à Nicolas, sur le simple fait que les mots qui sont sortis dans l'Equipe ce n'est pas ce que Nicolas a dit. (...) Faire rentrer Nico comme comme ça, je peux vous le dire, je suis passé dans une étape avec l'histoire de ma main (...) j'étais tout seul et je sais comment c'est".
Qui a décidé pour le boycottage de l'entraînement ? "Le groupe et je regarde la camera je vous regarde, le groupe !" (...) Maintenant c'est vrai qu'avec le recul, tu peux dire, oui, que c'était une erreur".
Des clans en équipe de France ? "Il y a toujours des affinités, maintenant si on veut parler de clans, franchement je ne pense pas." "Après j'ai pas tout vu. (...) Mais je peux vous dire ici, en vous regardant, j'ai pas vu de bagarre, j'ai vu personne mettre de pression, les décisions ont été les décisions du groupe". Thierry Henry évoque cependant la différence entre sa génération et les jeunes joueurs. "Moi quand je suis arrivé en sélection, avant de m'asseoir à table, j'attendais de voir où les anciens s'asseyaient, dans le bus. (...) A Monaco, M. Tigana m'envoyait nettoyer les ballons même après avoir été champion du monde..." (...) "Limite c'est moi qui doit porter les sacs ! Il n'y a plus peut être ce respect à la base avec les anciens. Mais est ce que ce n'est pas un problème de société ça aussi ?"
Et l'ancien capitaine des Bleus termine sur un message. "Que les gens n'arrêtent pas de supporter l'équipe de France, c'est trop beau (...) A chaque fois, j'ai eu des frissons quand j'étais sur le terrain avec le maillot frappé du coq quand j'entendais la Marseillaise." A noter que l'attaquant a parlé de l'équipe de France au passé, laissant ainsi entendre que sa carrière internationale était terminée.
Patrice Evra : les Bleus sont restés unis (La vidéo)
Les joueurs de l'équipe de France de football sont restés unis jusqu'au bout malgré les rumeurs de dissension dans le vestiaire des Bleus en Afrique du Sud et le seront encore à l'avenir, a déclaré Patrice Evra sur TF1. Le défenseur de Manchester United, capitaine des Bleus pour les deux premiers matches de la Coupe du monde, a jugé que la déroute était avant tout "un fiasco sportif". Il a en outre réaffirmé que le boycott de l'entraînement au lendemain de l'exclusion de Nicolas Anelka pour des insultes lancées à Raymond Domenech avait été une maladresse. Mais il a réfuté, comme l'a laissé entendre la presse, que cette décision, contestée par l'encadrement et la Fédération, ait été imposée par quelques leaders à l'ensemble du groupe. "Que ce soit bien clair, ça a été une décision du groupe (...) Le groupe est resté uni jusqu'au bout", a-t-il dit. "Personne, il n'y en a pas un seul qui voulait descendre du bus" dans lequel les Bleus étaient remontés après avoir salué le public venu assister à cet entraînement avorté, a-t-il ajouté.
Le boycott de l'entraînement ? "C'est un geste maladroit. On a regretté l'impact social que ça a eu pour tout le monde. Après parfois, on est dans de telles conditions qu'on peut faire des erreurs", a plaidé Patrice Evra. Il a regretté en outre que Raymond Domenech, sans jamais le citer, l'ait empêché de venir en conférence de presse le lendemain de cet incident pour s'en expliquer. "Ça a beaucoup fait mal, surtout au groupe, les français auraient eu besoin d'entendre, de voir nos visages après ce qui s'est passé", a-t-il dit.
L'avenir de l'équipe de France ? Patrice Evra a appelé les joueurs à "relever la tête" et promis que le futur sélectionneur, Laurent Blanc, trouverait un groupe uni. "(Il) aura des joueurs unis et soudés pour redorer l'image de l'équipe de France. Après, il n'y a pas de miracle, il faut gagner des matches, des compétitions", a dit le défenseur.
Abidal : Il faut "retenir la solidarité" (La vidéo)
Le défenseur de l'équipe de France Eric Abidal a reconnu vendredi lors du journal de 20H sur TF1 que les Bleus avaient "certainement déçu les supporteurs français" en refusant de s'entraîner dimanche, mais qu'il fallait "retenir la solidarité" des joueurs envers Nicolas Anelka, exclu de l'équipe. A la question "Regrettez-vous d'avoir fait la grève de l'entraînement", Abidal a répondu lors d'un duplex depuis Barcelone : "Je ne sais pas vraiment s'il faut avoir du regret. On a certainement déçu tous les supporteurs français mais il faut retenir la solidarité". "L'image qu'on a dû renvoyer au public n'a pas été bonne. Mais quand on est à l'intérieur, on ne pense pas aux répercussions. On n'a pas donné le bon exemple, sur ce point-là, on peut être fautif. Mais il y avait énormément de pression, les journalistes ont écrit des choses qui certainement ont affecté le groupe. Plein de choses se sont accumulées".
La grève ? "On était vraiment mécontent. On a trouvé une solution qu'on pensait être bonne, il y a eu plusieurs hypothèses", a-t-il déclaré insistant surtout sur l'unanimité du groupe dans cette décision: "Personne n'a été forcé de rester dans le bus, tout le monde a été solidaire". "Contrairement à ce que tous les supporteurs peuvent penser, les 23 joueurs ont l'amour de la France et du maillot", a tenu à ajouter Abidal
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