Image d'archives © TF1/LCIEn deux mois, Nicolas Sarkozy a évoqué le sujet de l'absentéisme scolaire et de ses sanctions pas moins de quatre fois. Début mai, il a souhaité que la suspension des allocations familiales pour les familles concernées soit applicable dès la rentrée prochaine. C'est ce que prévoit la proposition de loi de l'UMP Eric Ciotti : tout d'abord, "un premier avertissement", puis la "suspension immédiate". Le versement sera rétabli lorsque "l'assiduité de l'enfant" aura pu être constatée pendant une période d'un mois. Et ce rétablissement sera "rétroactif" sauf si, depuis l'absence ayant donné lieu à la suspension, l'élève a été à nouveau absent "au moins quatre demi-journées". Cette proposition est examinée ce mercredi à l'Assemblée.
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Publié le 05/08/2010
Mesure "scandaleuse"
L'opposition devrait voter contre ce texte, dénoncé par les principaux syndicats d'enseignants et la première fédération de parents d'élèves, la FCPE. Cette dernière a d'ailleurs demandé mercredi "l'abandon" de la mesure visant à suspendre les allocations familiales pour cause d'absentéisme scolaire, estimant qu'elle est "scandaleuse". "Ce n'est pas en étranglant financièrement les familles qu'on les aidera à résoudre leurs difficultés! Par ailleurs, l'inefficacité de cette mesure est prouvée depuis longtemps", écrit la FCPE dans un communiqué. "C'est dans l'Ecole qu'il faut chercher des solutions à l'absentéisme scolaire. C'est en redonnant du sens à leur présence à l'Ecole que l'on convaincra les élèves de la nécessité pour eux d'y être présents de manière assidue", ajoute-t-elle. Pour le socialiste Yves Durand, le remède préconisé par Eric Ciotti "ne fera que stigmatiser davantage les familles en grande difficulté dont sont issus, dans leur grande majorité, les élèves absentéistes".
Selon une étude du ministère de l'Education nationale, 7% des élèves des collèges et lycées publics ont été, en 2007-2008, en situation d'absentéisme scolaire, soit plus de quatre demi-journées d'absence non justifiées par mois. Ce "décrochage" est plus élevé dans les lycées professionnels (15%) que dans les lycées (6%) et les collèges (3%). La possibilité de suspendre les allocations familiales est déjà inscrite dans la loi du 31 mars 2006 relative à l'égalité des chances, mais la décision est du seul ressort des présidents de conseils généraux. Or Eric Ciotti, qui préside celui des Alpes-Maritimes, note que "malheureusement, très peu de conseils généraux recourent effectivement" au dispositif.
Une réponse "graduée"
Voilà pourquoi l'élu niçois a prévu une réponse "graduée". Lorsque le chef d'établissement constate l'absentéisme de l'élève - au moins quatre demi-journées d'absence non justifiées en un mois - il le signale à l'inspecteur d'académie. Celui-ci adresse alors un avertissement à la famille et "l'oriente vers des dispositifs d'aide". Parallèlement, il saisit le président du conseil général en vue, le cas échéant, de la mise en place d'un contrat de "responsabilité parentale". Si, au cours du mois suivant, l'absentéisme de l'élève est à nouveau constaté, l'inspecteur d'académie a alors "l'obligation" de saisir le directeur de la CAF qui a compétence pour suspendre immédiatement le versement des allocations familiales. Mais le dispositif ne se contente pas d'alourdir les sanctions : il prévoit aussi de mieux accompagner les parents. "Il faut réhabiliter au coeur de l'Ecole et des familles les notions de responsabilité, de respect de la règle et de l'autorité", commente Eric Ciotti.
En commission, les députés ont apporté deux modifications : la première prévoit que l'avertissement adressé aux parents de l'enfant absentéiste pourra prendre la forme d'un courrier ou d'un entretien afin de permettre un échange entre les autorités et la famille. Le second, à l'initiative du Nouveau Centre, prévoit la remise d'un rapport sur l'évaluation des dispositifs de prévention, par le gouvernement, en décembre 2011.
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