Image d'archives © REUTERS"Cynique", "brutal", "politique aveugle"... Les représentants du monde éducatif non pas tardé à réagir, mardi, aux pistes envisagées par le ministère de l'Education nationale pour compenser le non-remplacement d'un professeur sur deux partants à la retraite. La fuite d'une note interne dans la presse lundi a suscité une telle levée de boucliers des syndicats et les condamnations de la gauche, que le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, à dû expliquer sa méthode. Dans une note envoyée début mai aux académies, Luc Chatel rappelle la contrainte fixée en 2007 par la révision générale des politiques publiques (RGPP) et cherche à quantifier "les marges de manoeuvre" locales sur la période 2011-2013. Le Parti socialiste évalue entre 15.000 et 17.000 le nombre de postes supprimés en 2011 mais le ministre a refusé de confirmer ces chiffres.
Comment économiser dans l'Education ? En ayant moins de profs...
Selon des documents diffusés aux rectorats, une douzaine de pistes sont mises à l'étude pour faire des économies. Parmi elles : plus d'élèves par classe, suppression des enseignants spécialisés dans la lutte contre l'échec scolaire...
Publié le 01/06/2010
Des retraités et des étudiants pour remplacer les profs absents
Face à la grogne des parents d'élèves, le ministre de l'Education nationale a annoncé mardi plusieurs mesures visant à faciliter le remplacement des profs absents.
Publié le 09/03/2010
Les académies sont chargées de réfléchir aux leviers à actionner pour contribuer à cet objectif. Parmi les pistes d'économie proposées, figurent l'augmentation de la taille des classes, la réduction de la scolarisation des enfants de deux ans, une meilleure organisation des remplacements ou la suppression de postes d'assistants étrangers en langue. "La question des moyens n'est pas la réponse aux problèmes de l'Education nationale aujourd'hui", a dit Luc Chatel mardi dans les couloirs de l'Assemblée nationale. "J'ai choisi une méthode qui consiste à ne pas décider de manière autoritaire depuis le ministère mais à travailler académie par académie, école par école à partir de besoins locaux", a-t-il poursuivi.
Luc Chatel souhaite adapter le nombre d'élèves à la situation de l'établissement, selon qu'il est en zone sensible ou dans un quartier huppé parisien. "Adapter nos moyens à la réalité des élèves de chaque école, c'est ce que nous demande la Cour des comptes", a-t-il souligné. Un récent rapport de l'institution explique que les enquêtes internationales ne montrent pas une meilleure efficacité lorsque le taux d'encadrement est plus important. La fermeture d'écoles rurales est également envisagée mais c'est le cas chaque année, en même temps que des ouvertures d'écoles selon les besoins, a encore dit Luc Chatel.
"Irresponsable et scandaleux"
Le Parti socialiste a dénoncé dans un communiqué un gouvernement "cynique et brutal". "Les documents communiqués aux inspecteurs d'académie par le ministère font craindre une dégradation sans précédent des conditions d'études de nos enfants et en particulier des plus fragiles d'entre eux", écrivent le premier secrétaire, Martine Aubry, et le secrétaire national à l'Education, Bruno Julliard. "Rarement la chasse aux économies aura fait aussi peu de cas de l'intérêt des élèves et de toute réflexion sur les finalités de l'école", disent-ils.
De leurs côtés, le syndicat enseignant Sgen-CFDT, estime que pour le gouvernement, "l'éducation n'est qu'un coût, la jeunesse n'est qu'une charge". "Voilà comment se prépare l'avenir du pays: c'est irresponsable et scandaleux", a-t-il dit dans un communiqué. La FCPE, fédérations de parents d'élèves, "appelle à une riposte commune".
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