La loi contre les violences conjugales définitivement adoptée

Par , le 29 juin 2010 à 16h03 , mis à jour le 29 juin 2010 à 16h12

Le parlement a voté à l'unanimité, mardi, un texte visant à renforcer la protection des personnes victimes de violences conjugales. Parmi les mesures phares, la création d'un délit de harcèlement psychologique et le port du bracelet électronique.

[Expiré] femme anonyme violences conjugales solitude femme battue témoignage © SXC.HU

En France, selon des chiffres officiels, 156 femmes sont décédées en 2008 sous les coups de leur conjoint, soit un décès tous les deux jours et demi. 20% des homicides commis en France seraient dus à des violences conjugales. L'Assemblée a voté mardi à l'unanimité la proposition PS-UMP sans apporter de modification à la version adoptée la semaine dernière par le Sénat afin de ne pas retarder l'adoption définitive du texte. La secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano a salué un "jour historique" et remercié les députés d'avoir "fait passer l'urgence de la violence faite aux femmes avant les luttes partisanes et même les luttes" entre Assemblée et Sénat. Les principales mesures adoptées sont les suivantes :

  • Dans la tête d'un homme violent

    TEMOIGNAGE - C'est l'un des rares témoignages d'homme violent. Frédéric Matwies, 44 ans, a frappé sa compagne pendant dix ans. Aujourd'hui guéri, il raconte le mari violent qu'il était.

    Publié le 25/11/2011 Dans la tête d'un homme violent
  • Quand Mr Tout-Le-Monde devient un monstre

    Pas de visages tuméfiés pour la nouvelle campagne contre les violences conjugales mais des hommes ordinaires aux mains extraordinaires, monstrueuses. Ou quand le bourreau est homme banal.

    Publié le 23/11/2011 Quand Mr Tout-Le-Monde devient un monstre
  • "Oui, la violence conjugale se soigne"

    INTERVIEW - Pourquoi une personne s'en prend à l'être aimé ? Comment arrêter cette violence ? Les réponses d'un psychiatre à l'occasion de la journée mondiale contre les violences faites aux femmes.

    Publié le 25/11/2011 "Oui, la violence conjugale se soigne"
  • Des bracelets électroniques pour les conjoints violents

    Pour lutter contre les violences conjugales, l'usage des bracelets électroniques va être expérimenté dans trois villes en 2012. Seront concernés les cas les plus graves, annonce Roselyne Bachelot, notamment les tentatives de meurtres et violences donnant lieu à des condamnations de 5 ans au moins.

    Publié le 24/11/2011 Des bracelets électroniques pour les conjoints violents
  • Pour les Français, la délinquance augmente

    Selon un sondage Ifop pour France Soir, 59% des Français ont le sentiment que la délinquance a augmenté ces derniers mois.

    Publié le 28/07/2010 Pour les Français, la délinquance augmente
  • Morano veut tester le bracelet électronique

    Dans une interview au Figaro, la secrétaire d'Etat à la famille affirme vouloir tester le port du bracelet électronique pour les conjoints violents.

    Publié le 07/08/2009 Morano veut tester le bracelet électronique
  • Victimes de violences conjugales, téléphonez au 3919

    Le gouvernement a annoncé mercredi le lancement de ce numéro de téléphone national unique.

    Publié le 14/03/2007 Victimes de violences conjugales, téléphonez au 3919
  • Pas de grâce pour les auteurs de violences conjugales

    Le président Jacques Chirac a encore resserré cette année la liste des condamnés qui bénéficieront des grâces collectives du 14 juillet. Pour la première fois, les auteurs de violences conjugales seront exclus des remises de peines.

    Publié le 12/07/2006 Pas de grâce pour les auteurs de violences conjugales
  • Une loi contre les violences conjugales

    L'Assemblée nationale a renforcé jeudi les moyens de lutte contre les violences conjugales, les mariages forcés, le tourisme sexuel, en votant à l'unanimité une proposition de loi sénatoriale. En voici les différents points.

    Publié le 15/12/2005 Une loi contre les violences conjugales
Plus d'infos

 
-Création d'un délit de violence psychologique au sein du couple. Sera "incriminé le fait de harceler son conjoint par des agissements répétés". La peine encourue pouvant aller jusqu'à 5 ans de prison et 75.000 euros d'amende, "sera modulée en fonction de l'incapacité totale de travail (ITT) subie". D'ores et déjà des magistrats s'inquiètent de la mise en œuvre délicate de ce texte : problème de définition et de preuve.
 
-Une ordonnance de protection pourra être délivrée en urgence par le juge aux affaires familiales lorsque les violences d'un conjoint "mettent en danger la personne qui en est victime, ainsi qu'un ou plusieurs enfants". L'ordonnance permettra d'organiser l'éviction de l'auteur des violences du domicile familial, ou, si la femme décide de quitter ce domicile, d'organiser son relogement pour la mettre hors de portée de son conjoint et de statuer provisoirement sur la garde des enfants. Seront concernés par cette ordonnance l'auteur de violences "exercées au sein du couple ou par un ancien conjoint, un ancien partenaire lié par un Pacs ou un ancien concubin". L'ordonnance pourra également s'adresser à une personne majeure menacée de mariage forcé. La durée de l'ordonnance est fixée à quatre mois mais peut être prolongée si une demande de divorce ou de séparation a été déposée. Nadine Morano a déclaré mardi que l'ordonnance de protection pourrait s'appliquer "au 1er octobre ».
 
-Expérimentation du bracelet électronique pendant 3 ans, en s'appuyant sur l'exemple espagnol, pour maintenir à distance le conjoint violent.
  
-Une journée nationale de sensibilisation aux violences au sein du couple est fixée au 25 novembre, à l'initiative du sénateur PS Roland Courteau.

Les députées, majoritaires mardi dans l'hémicycle alors qu'elles ne sont que 18% à l'Assemblée, ont reconnu "des avancées importantes". Nombre d'entre elles, surtout les députées de gauche, ont cependant regretté des dispositions "restrictives" apportées par les sénateurs. Les sénateurs, pour tenir compte des violences conjugales exercées aussi parfois à l'encontre des hommes, ont changé l'intitulé du texte: "proposition de loi relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants". La socialiste Danielle Bousquet, co-auteure de la proposition, a critiqué ce changement, soulignant qu'"ainsi, on ne respecte pas notre volonté de vouloir pénaliser une violence de genre". "Dans les couples, a-t-elle dit, ce sont 9 fois sur 10 les femmes qui sont victimes".
  

Par Alexandra Guillet le 29 juin 2010 à 16:03
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3 Commentaires

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  • david_ilan, le 30/06/2010 à 11h43

    Mais n'importe quoi!! les forces de l'ordre ont simplement besoin de constater l'infraction pour intervenir, ils n'ont pas besoin de plainte. C'est certain que les poursuites engagées par le Procureur seront plus importantes en cas de plainte, mais ce n'est pas une condition indispensable à la procédure!

  • croix70, le 30/06/2010 à 10h02

    Dans ces cas de figure, l'important, c'est que la victime, homme ou femme, porte plainte et la maintienne.....car , trop, souvent, la victime retire sa plainte et la police et justice ne peuvent plus rien faire....et ensuite c'est le drame.

  • pasledire09, le 29/06/2010 à 18h41

    Il est normal et juste qu'une loi s'applique a tous les sexes hommes ou femmes

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