La mémoire corse va rejoindre les manuels d'histoire

Par TF1 News (D'après agence), le 06 juin 2010 à 08h03 , mis à jour le 06 juin 2010 à 08h10

Première portion de la France à être libérée de l'occupation nazie dès 1943, la Corse n'avait pas, jusqu'à présent, l'honneur de figurer dans les manuels d'histoire. Un oubli qui devrait être bientôt réparé.

Pour le député UMP de Haute-Corse Sauveur Gandolfi-Scheit, c'est une longue bataille qui s'achève : celle de la libération de la Corse... ou plutôt, celle de la reconnaissance officielle dans les livres d'histoire de cette libération de l'île par ses propres habitants, dès septembre-octobre 1943. "La Corse a la fortune et l'honneur d'être le premier morceau libéré de la France", avait déclaré le 8 octobre 1943 à Ajaccio le général Charles de Gaulle, huit mois avant le débarquement allié de Normandie du 6 juin 1944. Pourtant, ce "premier morceau libéré" n'avait jusqu'à présent pas reçu le droit de figurer comme tel dans les manuels scolaires. Tout au plus certains ouvrages mentionnent-ils aujourd'hui en légende de cartes que la Corse fut libérée dès 1943.

L'oubli devrait être bientôt réparé : Sauveur Gandolfi-Scheit affirme en avoir reçu la promesse de la part de Luc Chatel. Dans une lettre datée du 18 mai envoyée à l'élu corse, le ministre s'engage à ce que "les équipes éditoriales mentionnent la libération de la Corse en octobre 1943 et puissent ainsi répondre à la légitime attente du monde combattant insulaire". Le rôle de la Corse dans le combat pour la liberté et la démocratie, dont l'ignorance provoque une amertume certaine chez nombre d'insulaires, sera relaté "dans les manuels de classe de troisième à partir de la rentrée 2012", a-t-il précisé.

La bataille de Corse et l'odyssée du Casabianca

"C'est extrêmement important pour nos enfants et petits enfants", souligne Sauveur Gandolfi-Scheit, ajoutant : "c'est bien ici qu'a démarré la libération de la France. Et sans l'aide directe des Alliés". Cette victoire, officiellement célébrée le 5 octobre, fut le fruit du soulèvement de la population insulaire, le 8 septembre 1943, après l'annonce de la capitulation italienne, puis d'âpres combats contre les troupes allemandes débarquées de Sardaigne pour rejoindre l'Italie du Nord. La résistance corse fut appuyée par des commandos français du 1er bataillon de choc débarqués du sous-marin Casabianca et par des troupes coloniales (tirailleurs marocains, spahis, goumiers) d'Afrique du Nord. 172 patriotes corses et 87 militaires furent tués, ainsi que 200 civils dans des bombardements, essentiellement à Bastia. Quelque 12.000 Corses s'enrôlèrent ensuite dans les Forces françaises libres, au sein desquelles des centaines d'entre eux combattaient déjà, pour poursuivre le combat de la libération de l'Europe jusqu'au 8 mai 1945.

Après son élection en 2007, Sauveur Gandolfi-Scheit avait entrepris de faire lever le voile de silence "pour rétablir ce fait historique". Le prédécesseur de Luc Chatel, Xavier Darcos, avait pris position en ce sens dès mars 2008 en répondant à une question orale du député à l'Assemblée nationale. Mais son engagement à ce que ce "fait exemplaire de résistance et de patriotisme" soit connu des jeunes générations resta lettre morte, au terme d'un chassé-croisé entre gouvernement et éditeurs.

Par TF1 News (D'après agence) le 06 juin 2010 à 08:03
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18 Commentaires

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  • nick666, le 07/06/2010 à 10h00

    Un bon premier pas.....Reste plus qu"a aborder les 400 ans d'esclavage et on pourra presque dire que nous ne cachons plus notre passé....

  • mammone, le 06/06/2010 à 16h32

    Comme c'est bien dit !

  • mammone, le 06/06/2010 à 16h29

    Avez-vous lu l'article ?

  • corse99, le 06/06/2010 à 15h48

    Ce n'est que justice pour cette Ile qui s'est libérée la premiére .Ce n'est que justice pour tous ces combattants morts ,comme Jean Nicoli ,arrété ,fusillé et décapité parcequ'il était le chef de la résistance en Corse.Ce n'est que justice pour tous ces morts dont les goumiers Marocains qui ont versé leur sang pour notre libération.Inscrire cette page d'histoire est la meilleure maniére de rappeler leur sacrifice.J'aimerai en tant que Corse que quelques noms de rue leur soit attribué.Ces combattants là sont Corses à jamais.Tous ces morts sont les héros de la Corse, et de la France.Justice est faite.Enfin.

  • corse99, le 06/06/2010 à 15h40

    Parceque c'est la Corse qui s'est libérée en premier et non l'auvergne, le poitou ou la bretagne.

  • louischom, le 06/06/2010 à 15h38

    La difficulté de "maintenir" les idiomes locaux réside essentiellement dans la caractère de plus en plus individualiste des français. Les langues locales étaient essentiellement maintenues lors de veillées entre voisins, lorsque les "anciens" racontaient "leurs histoire". Aujourd'hui, l'école est obligatoire et uniformise le langage, c'est un progrès de la communication entre français, des langues sont toutefois conservées, notamment en Languedoc l'occitan, dans le Centre, le Nord, l'Est et l'Ouest la langue d'oïl avec ses nombreuses variantes de l'angevin au chtimi ou au wallon, en Région PACA, le francoprovensal ou arpitan et dans le Sud Ouest, la catalan. Sans parles des dialectes locaux de l'Auvergne.

  • louischom, le 06/06/2010 à 15h14

    Justement, les historiens ont toujours interprété l'histoire en occultant les morceaux qui les dérangeaient dans leurs convictions politiques ou religieuses. Il fait en permanence des interventions isolées pour que des pans de NOTRE histoire soient énoncés sans jugement de valeur "pour ce qui s'est réellement passé à un moment donné". Pendant la guerre de 14-18, des hommes ont été jugés et condamnés à mort pour des actions dont, aujourd'hui, l'histoire reconnait le bien fondé, sinon la légitimité.

  • 8314roland, le 06/06/2010 à 15h11

    Pourquoi la Corse et pas l'Auvergne ? Pourquoi la Corse et pas le Poitou ? pourquoi pas la Bretagne ?

  • francis33, le 06/06/2010 à 12h07

    Nos langues régionnale n'auraient jamais dues disparraitre,ni leurs histoires qui ont formées le pays FRANCE le seul merci que nous devons faire c'est aux personnes qui ce battues pour celà

  • henri_bambelle, le 06/06/2010 à 11h51

    Les historiens savent reconnaître la vérité. Les hommes politiques ne sont là que pour la déformer ! N'accordons qu'un mérite mesuré à Monsieur Gandolfi : il a soulevé le problème, il ne lui appartient pas de le résoudre.

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