Simulateur de conduite pour policiers (extrait) © DRCentre-ville d'une agglomération moyenne. Une personne vient de se faire renverser. Les pompiers sont déjà sur place. Alertée, Audrey Martin, gardien de la paix est appelée à se rendre sur les lieux le plus vite possible pour faire les constatations. Gyrophare bleu allumé, sirène deux-tons hurlante et liaison radio qui crache bruyamment dans l'habitacle des informations sur l'évolution de la situation... Après avoir évité quelques piétons, un camion en pleine manœuvre et des portières de voitures sur la route, Audrey arrive sur place trois minutes plus tard. "Félicitations, vous êtes bien arrivée", lance le formateur. Il ne s'agissait que d'un exercice. Audrey n'a, en réalité, pas quitté sa salle de formation de la préfecture de police des Hauts-de-Seine. Les traditionnelles tables et chaises de cours, empilés le long des murs, ont cédé la place à un simulateur de conduite "spécial police" flambant neuf. Modèle unique en France.
Conduite en agglomération, sur route ou autoroute, de jour, de nuit, par temps de pluie... : le logiciel, mis au point par la compagnie d'assurance GMF, propose neuf scénarios de conduite très réalistes auxquels sont confrontés chaque jour les policiers.
"Ça reste un simulateur, commente Audrey, 27 ans et deux ans d'ancienneté dans la maison, en descendant de l'engin, mais c'est une bonne approche de ce que l'on peut vivre sur le terrain. Je n'ai jamais eu d'accident pour l'instant mais ce logiciel permet d'acquérir des réflexes, il faut avoir l'œil partout à la fois !".
250 accidents matériels par an
"Chaque année les policiers des Hauts-de-Seine réalisent plus de 36 000 interventions et on déplore en moyenne 250 accidents matériels, comme des chocs contre des trottoirs ou entre véhicules, explique Eric Draillard, Directeur Territorial de la sécurité de proximité du 92. "L'objectif de cette formation est de permettre au policier d'anticiper sur son environnement. Cette anticipation est essentielle, tant pour la sécurité des usagers et pour celle du policier qui, lorsqu'il prend un appel du 17 n'a qu'une seule idée en tête, celle de réussir son intervention avec professionnalisme et rapidité".
Pour coller toujours plus près des réalités du terrain, d'autres scénarios sont à l'étude : circulation très dense, intervention sur vol à main armée ou dans des cités sensibles... Depuis son installation en début d'année, près de 150 policiers du département sont passés par le simulateur. Un passage devenu obligatoire aussi bien pour les derniers arrivants que pour les policiers les plus aguerris. D'un coût de 12 000 euros, le simulateur a été intégralement financé par le Conseil général, qui propose aussi à tout son personnel des programmes afin de les sensibiliser à une conduite plus écologique...
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