Xynthia: démolitions, si vous le voulez bien...

Par A.C. (avec agences), le 03 juin 2010 à 08h25 , mis à jour le 03 juin 2010 à 22h55

Dossier : Xynthia, une tempête sur la France

Dans Le Parisien, le secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu annonce qu'aucune maison située dans les zones à risques en Vendée et en Charente-Maritime ne sera rasée "sous la contrainte"... dans l'immédiat.

Les sinistrés de Xynthia veulent sauver leurs maisons © TF1/LCI

Deux pas vers la démolition, trois pas en arrière. Le gouvernement amorce, semble-t-il, un recul sur les zones noires délimitées en Vendée et en Charente-Maritime tant dénoncées. Selon le secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu dans Le Parisien, "dans l'immédiat, aucune maison ne sera rasée sous la contrainte". Peu après la tempête Xynthia, qui a fait 53 morts et de gros dégâts dans la nuit du 27 au 28 février, des zones noires avaient été définies par les pouvoirs publics, qui recommandaient la destruction de plus de 1.500 logements.
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Mais peu à peu, le gouvernement a fait machine arrière. Et au final, le gouvernement a décidé de se donner du temps pour statuer sur le sort de quelque 300 de ces maisons, a précisé jeudi à l'AFP Benoist Apparu. Dès la mi-avril, le ministre de l'Environnement, Jean-Louis Borloo, avait expliqué qu'il y avait eu un "malentendu" concernant les zones noires. "Il ne saurait être question de démolition systématique et autoritaire", avait-il également écrit dans une lettre aux élus concernés de Vendée et Charente-maritime.

"Pas de maison rasée sous la contrainte"

Après une levée de bouclier des associations de riverains, les zones noires ont été rebaptisées zones de solidarité et il n'est aujourd'hui plus question de raser des logements sans l'accord des propriétaires ni une enquête approfondie, annonce Benoist Apparu dans Le Parisien. Le premier zonage établi "ne peut en aucun cas être considéré comme des zones de destruction massive", dit-il. "Une destruction doit être liée à une enquête publique. C'est en vue de cette enquête qu'un nouveau périmètre de sécurité ajusté à la baisse est en train d'être établi", explique le secrétaire d'Etat. Une enveloppe de 450 millions d'euros est prévue par l'Etat pour indemniser les propriétaires. A ce jour, dit Benoist Apparu, le rachat de 29 maisons en Charente-Maritime et 38 en Vendée a été finalisé.

Sur LCI, Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, a lui précisé que l'Etat n'avait "jamais dit" que toutes les maisons seraient détruites dans les zones noires. Selon lui, l'Etat a proposé à l'époque dans les zones où il y avait "un danger majeur pour les populations, une procédure exceptionnelle, c'est-à-dire une transaction à l'amiable où l'Etat rachète aux habitants les maisons concernées". "Nous avons toujours dit ça", a-t-il insisté reconnaissant toutefois qu'"on peut toujours mieux faire en matière de communication, d'explication" et qu'"à l'époque il y avait une tension, les familles étaient très atteintes".

"Rien de changé", selon des sinistrés

Les sinistrés, eux, ne voient rien d'autre "que ce qu'on savait déjà" dans les propos du secrétaire d'Etat, a estimé jeudi Marie Olivia Rocca, présidente de l'Association de défense des sinistrés de la tempête Xynthia à Aytré. "Monsieur Apparu ne dit que ce qu'on savait déjà, c'est-à-dire que pour qu'il y ait des procédures d'expropriation il faut qu'il y ait une déclaration d'utilité publique, point. Ca ne change absolument rien, c'est la loi, voilà", a-t-elle déclaré.

"Ce n'est que de la communication, juste redire noir sur blanc ce qu'on sait déjà et qui a déjà été dit", a encore commenté Mme Rocca. "C'est sans intérêt, sauf celui de faire un effet d'annonce qui brouille un peu les pistes pour ceux qui ne sont pas très au fait des choses. Le problème que ça me pose c'est que les gens qui ne sont pas forcément très au courant de la loi s'affolent et m'appellent pour me dire ‘on a gagné !'", a-t-elle ajouté.

Par A.C. (avec agences) le 03 juin 2010 à 08:25
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18 Commentaires

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  • cilousimon, le 04/06/2010 à 07h19

    Incroyable mais vrai, je cite les propos de ; -Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, a lui précisé que l'Etat n'avait "jamais dit" que toutes les maisons seraient détruites dans les zones noires. Selon lui, l'Etat a proposé à l'époque dans les zones où il y avait "un danger majeur pour les populations, une procédure exceptionnelle, c'est-à-dire une transaction à l'amiable où l'Etat rachète aux habitants les maisons concernées". "Nous avons toujours dit ça", a-t-il insisté Les politiques ne rougissent pas pour mentir. Concernée par la vie de mon petit village à Oléron, je suis allée écouter le préfêt de région, et je peux assurer que les zones noires étaient présentées comme des zones de destructions massives non négociables...

  • shao91, le 03/06/2010 à 16h19

    Moi qui pensait que les plages seraien tplus grandes, c'est rappé !

  • maryvang, le 03/06/2010 à 16h07

    Et surtout si on apprenait à réfléchiir avant de faire n'importe quoi: par exemple décider de raser des maisons qui n'ont subi aucun dommage tout en laissant des maisons qui ont été inondées. Ca sent vraiment trop le parti pris et ca a un arrière gout de magouille...

  • mcg35, le 03/06/2010 à 15h18

    Premièrement, entièrement d'accord avec @nanardmedoc (HELAS!!! Que sont devenus nos élus?). Dans un deuxième temps, j'espère que ces gens qui veulent, malgré tout, rester en zone à risques, seront appelés à prendre leurs responsabilités: En cas de nouveau sinistre, il n'y a pas de raison que toute la société leur vienne en aide; ils ont pris leur décision en toute connaissance de cause. Et pour assurer leur maison, une prime au prix fort; ils savent pertinemment que leur maison risque d'être à nouveau inondée.

  • henri_bambelle, le 03/06/2010 à 15h11

    Vous êtes clairvoyant dans un pays atteint de cécité.

  • franck575, le 03/06/2010 à 13h21

    Tout à fait d'accord avec vous, d'autant que maintenant les propriétaires de maison en zone déclarée à risque devront réfléchir soit partir en bénéficiant des prix du marché soit conservé une maison qui deviendra probablement invendable ou à un prix bien en-dessous du marché.

  • liberpater, le 03/06/2010 à 12h39

    Vilgilant pour ça... Et tout le reste !

  • lolo14290, le 03/06/2010 à 12h24

    Et oui comme d'habitude, tout est fait dans la précipitation et on réfléchit après. Alors évidemment quand on réfléchit, on revient souvent en arrière. Pas besoin d'être dans la politique pour ça mais dans leur cas, ça se voit.

  • misterpatrick, le 03/06/2010 à 12h12

    J'habite a la tranche et j'ai déjà commenté le pourquoi du comment , venez a la faute ou l'aiguillon et argumentez cela devant les sinistrés ,un accueil de choix vous sera reservé bienvenue !!

  • force05, le 03/06/2010 à 11h50

    Il y a du avoir réflexions sur la méthode "autoritaire" de tout détruire sur zone à risque. Ce n'est pas seulement que financier, mais je pense que les propriétaires prendront, de ce fait, une partie de leur responsabilité en cas d'un nouveau phénomène naturelle de ce genre. L'Etat pourra intervenir en disant " on vous avez prévenu ou averti mais vous.........

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