© AFPVingt-cinq ans durant, il aura fait tourner des milliers de têtes sous le nez de la Dame de fer. Vendredi, le mythique carrousel près de la Tour Eiffel devrait être démonté, visé par une procédure d'expulsion. "Cela devrait se passer à 6h30 du matin". Rien qu'à imaginer ses chevaux de bois partir un à un, Roger Alliot, propriétaire du carrousel est malade. "J'ai dû envoyer ma petite fille de 24 ans à la campagne... Ici, elle pétait les plombs".
Les chevaux de bois du carrousel de la Tour Eiffel ne tourneront plus
Visé par une procédure d'expulsion, le manège ancien installé depuis 1986 aux pieds de la Dame de fer a été démonté vendredi.
Publié le 30/07/2010
Le forain soupire, fulmine et raconte. Son manège, il était parti, dans les années 1970, l'acheter au fin fond de l'Espagne. C'est un vrai carrousel à l'ancienne avec ses chevaux de bois, qui montent et qui descendent, donnant l'impression de galoper. Un manège qui transforme les enfants en cavaliers de contes de fées, les grands en gamins de 8 ans. "C'est l'un des rares à posséder 36 chevaux", précise fièrement Roger Alliot.
"C'est une histoire d'argent"
En 1986, le carrousel s'installe près de la Tour Eiffel ; très exactement à 140 mètres du monument le plus visité au monde. A l'époque, le forain ne dispose que d'une autorisation ponctuelle et provisoire. Elle est prolongée jusqu'en 1987. Ensuite, rien. Le forain s'acquitte chaque année d'un droit de place. Le montant : 50.000 euros. "J'ai toujours réglé mes redevances, je n'ai jamais eu de problèmes ni avec la police, ni avec les parcs et jardins, ni avec la mairie", insiste Roger Alliot. Il affirme demander depuis 1986 à être régularisé. "On n'a jamais voulu légaliser mon emplacement", dit-il. Malgré tout, le manège demeure sans souci, jusqu'en 2001 quand Paris change de maire.
A l'AFP, la Ville rappelle avoir "souhaité mettre de l'ordre dans le secteur des petits marchands qui en fait sont de gros marchands", Roger Alliot ayant, selon elle, l'un des emplacements "les plus rémunérateurs de Paris", avec des chiffres en haute saison touristique atteignant "plus de 10.000 euros par jour". La justice ayant confirmé son expulsion par un arrêt de la Cour de cassation, "la Ville a lancé ensuite un appel à candidatures". Celle de Roger Alliot n'est pas retenue. La redevance du nouvel exploitant "est très supérieure aux 50.000 euros par an" versés par ce dernier, ajoute la mairie.
"C'est une histoire d'argent", accuse Roger Alliot. Et de dénoncer le fait qu'un autre forain très connu à Paris, qui "monte d'autorité" ses manèges comme ceux des Tuileries, "a tellement la puissance de l'argent qu'on le légalise ensuite". D'après lui, c'est ce même forain, qui "comme par hasard" devrait installer l'un de ses manèges à sa place. S'il ne compte pas se battre contre les CRS demain, Roger Alliot ne va pas se laisser faire. D'un ton mystérieux, il raconte ainsi qu'en guise de représailles, il dévoilera le nom d'une dame qui, en 2007 lui a proposé de régulariser sa situation en échange de 200.000 euros. Et après ? "Je ne sais pas ce que vont devenir mes 12 employés", dit celui qui possède encore "pour le moment" un stand de confiseries près du manège. Moi, je pourrais me mettre à la retraite mais, chez nous, on dit que la retraite, c'est la mort..."
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