Trilport,Seine-et-Marne: enfants gitans devant un chapiteau orné d'un drapeau français (31/07/2010) © Marie Lefebvre-BilliezIls sont français, "depuis le Moyen Age" aiment-ils à rappeler, et fiers de leur carte d'électeur. Ils ont hissé un drapeau tricolore au sommet d'un chapiteau. Installés sur un terrain au beau milieu des champs, au bout d'un mauvais chemin de terre, avec leurs deux cent quarante caravanes, ils attendent les policiers qui vont venir les expulser. "Gens du voyage", selon la terminologie administrative, ils sont gitans, nomades et font partie de cette communauté dont Luc Chatel affirmait mercredi qu'elle n'est nullement en danger d'être "stigmatisée", peu avant les annonces présidentielles sur les Roms.
Sarkozy veut un rapport sur la délinquance des jeunes
Ce rapport, annoncé sur fond de vive polémique autour du durcissement du discours sécuritaire du gouvernement, a été confié au secrétaire d'Etat à la Justice Jean-Marie Bockel. Il devra être remis au chef de l'Etat avant la fin octobre.
Publié le 04/08/2010
Déchéance de la nationalité: un historien contredit Morano et Chatel
La possibilité de déchéance de la nationalité a été étendue aux personnes condamnées pour actes de terrorisme par le gouvernement Juppé en 1996, et non par la gauche en 1998, a souligné mardi l'historien Patrick Weil, en réponse aux déclarations de Nadine Morano et Luc Chatel.
Publié le 03/08/2010
Déchéance de la nationalité : un "retour aux fondamentaux" pour Besson
Le ministre de l'Immigration présentera en septembre deux amendements, notamment pour permettre, en cas de condamnation supérieure à 5 ans de prison, de déchoir les personnes titulaires depuis moins de 10 ans de la nationalité française.
Publié le 03/08/2010
Une réunion sur les Roms à l'Elysée décriée à gauche
Nicolas Sarkozy préside mercredi une réunion consacrée aux Roms et aux gens du voyage, un rendez-vous qui a déclenché aussitôt l'indignation dans ces communautés et à gauche.
Publié le 27/07/2010
L'Holocauste oublié de Tony Gatlif
Génocide longtemps resté dans l'ombre de l'Holocauste des Juifs, le drame des Tsiganes durant la Seconde guerre mondiale sort de l'oubli avec "Liberté", de Tony Gatlif.
Publié le 24/02/2010
Les gens du voyage refusent d'être montrés du doigt
Avant une réunion mercredi à l'Elysée, quatre associations représentant les gens du voyage s'élèvent, avec une partie de la classe politique, contre "l'odieuse stigmatisation" dont ils s'estiment victimes, notamment à l'occasion des violences de Saint-Aignan.
Publié le 25/07/2010
Violences de Saint-Aignan: gardes à vue et informations judiciaires
Quatre gitans ont été placés en garde à vue mercredi pour les violences commises dans la vallée du Cher, a annoncé le parquet de Blois qui a ouvert deux informations judiciaires parallèles, sur les circonstances de la mort du jeune Luigi Duquenet et sur les risques encourus par les gendarmes qui tentaient de le stopper.
Publié le 21/07/2010
Sarkozy en "guerre" contre la criminalité
Nicolas Sarkozy a annoncé mercredi qu'il remplaçait le préfet de l'Isère par l'actuel préfet de la Meuse. Objectif : mener une "véritable guerre" contre la criminalité.
Publié le 21/07/2010
Lorsqu'ils sont arrivés dimanche dernier sur ce terrain entre Trilport et Fublaines, deux communes voisines de Seine-et-Marne, ils ont été accueillis par des coups de feu. Il était six heures du soir. Les caravanes venaient de faire halte et les enfants étaient au bord de la route. A ce moment, "un riverain qui était devant un portail a sorti un fusil, et a tiré en l'air", témoigne le pasteur Meyer, qui joue le rôle de porte-parole de cette communauté de Gitans évangéliques. "Il s'est mis à tirer, devant les femmes et les enfants ! La police nous a dit : on s'occupera de lui plus tard". Un incident qui arrache ce commentaire désabusé au pasteur : "Si c'était quelqu'un de chez nous qui avait tiré, ils se seraient occupés de nous tout de suite".
Une nuée d'enfants qui réclament des photos
Leur groupe compte cent vingt familles et participe en ce moment à une convention de Vie et lumière, la mission évangélique tsigane de France, dans le secteur de Marne-la-Vallée. A la fois nomades et fiers de leur foi, ils illustrent ce mot de l'apôtre Paul dans sa lettre aux Hébreux : "étrangers et voyageurs sur la terre". Pour l'heure, ils se sont installés sur des terres agricoles en jachère où ils ont tenté de négocier un stationnement d'une quinzaine de jours. Un campement illicite à la base, transformé en campement autorisé après discussion avec la mairie, qui est monnaie courante chez les Gitans - comme l'explique le président de l'association familiale des gens du voyage d'Ile-de-France, "si on demande au maire dès le départ, il n'y a jamais de terrain disponible". Le visiteur qui affronte les ornières et la poussière pour atteindre leur campement est accueilli par une nuée d'enfants : tous veulent être pris en photo. "Ils m'ont offert leurs bonbons, et leurs parents m'ont invitée à dîner", raconte Marie, venue rendre visite aux Gitans. "C'est un événement, pour eux, qu'un sédentaire s'intéresse à eux."
La dernière fois qu'un de ces sédentaires était venu partager leur repas, c'était aux Chapelles-Bourbon, quelques jours plus tôt et quelques kilomètres plus au sud. L'invité n'était autre que le maire, Yves Bréard. "J'étais partisan de jouer le jeu, de travailler en bonne intelligence", raconte l'élu de cette commune de 373 habitants. "Nous avons eu des prises de contact régulières. Ils m'ont invité une fois à dîner. J'ai assisté à deux prédications du pasteur Meyer". Bilan : "tout s'est bien passé". Il y a même eu un bouquet de fleurs pour l'épouse du pasteur. A Fublaines au contraire, c'est un concert de plaintes de la part des riverains dénonçant le bruit (bien que le campement soit au milieu des champs), les bouches d'incendie cassées (les nomades assurant qu'elles ont été endommagées par les riverains eux-mêmes pour empêcher tout accès à l'eau potable) ; quant aux Gitans, sous le coup d'une menace d'expulsion, et refroidis par leur premier contact à coups de fusil, ils envisagent avec soulagement la perspective de repartir devant ces marques d'hostilité.
"Si le préfet avait été sur place..."
Qu'est-il arrivé entre les Chapelles-Bourbon et Fublaines ? Yves Bréard ne croit pas à une influence directe de l'actualité. Il souligne plutôt le manque d'infrastructures, de moyens d'accueil, d'implication de la part de la préfecture. C'est la troisième fois que des Gitans viennent s'installer à Fublaines. Les questions liées à l'accueil des caravanes sont généralement confiées à un médiateur. Mais dans le cas des grands rassemblements religieux comme celui qui se tient en ce moment en Seine-et-Marne, tout manque. "Quand deux cent quarante caravanes débarquent quelque part, ce n'est pas au médiateur de se rendre sur place, c'est au préfet", estime l'élu. "Si le préfet avait été sur place, avec la police, il n'y aurait pas eu de coup de feu". Un commentaire qui rejoint celui des nomades qui dénoncent régulièrement le manque de structures pour les accueillir, bien qu'elles soient prévues par la loi.
Il y a pourtant bien une influence de l'actualité, mais elle est plus insidieuse, et peut-être plus perceptible chez les Gitans eux-mêmes, visiblement soucieux de se démarquer d'un nom trop souvent entendu dernièrement : "nous, on n'est pas des Roms", annoncent certains au visiteur - avant de se faire reprendre par le pasteur Meyer. Quand Nicolas Sarkozy affiche son intention de détruire les campements illégaux de gens du voyage, il affirme viser spécifiquement des communautés venues récemment de Roumanie ou de Bulgarie - des Roms. Une annonce censée répondre au déchaînement de violence qu'a vécu la commune de Saint-Aignan, dans le Loir-et-Cher, lorsqu'une gendarmerie a été attaquée et le centre-ville saccagé après la mort d'un conducteur à un barrage des gendarmes. Ce conducteur était un Rom. Mais un Rom issu d'une famille sédentarisée depuis deux générations. Et ces Roms sédentaires, vivant depuis longtemps sur le sol français, sont nombreux : rien à voir, dans leur cas, avec la Roumanie...
"Un jeu du chat et de la souris"
Comme l'a souligné Pierre Hérisson, sénateur UMP de Haute-Savoie et président de la commission nationale consultative des gens du voyage, dans le cas de Saint-Aignan, "ce n'est pas un problème lié aux gens du voyage". Qu'importe : les Roms venus de Roumanie, déjà victimes de ségrégations maintes fois dénoncées dans leur pays d'origine, en paieront les conséquences. Et à travers eux, toute une communauté de "gens du voyage", qu'ils soient Roms, Manouches ou Yéniches, qu'on les appelle Gitans ou Tsiganes - autant de nomades que le terme de "campements illégaux" met nécessairement dans l'embarras dans la mesure où ils n'obtiennent souvent qu'après coup l'autorisation de stationner, et chez lesquels la rhétorique présidentielle soulève méfiance et confusion.
Mais beaucoup aussi voient ces remous politiques d'assez loin. Leurs objectifs sont d'un autre ordre : trouver leur prochain lieu de campement ("on a repéré deux ou trois endroits possibles", note le pasteur Meyer, prévoyant déjà "un jeu du chat et de la souris" avec la police qui ne va pas manquer de les suivre), et préparer la grande convention évangélique de Chaumont, en Haute-Marne : ce sont alors, non pas deux-cents, mais huit mille caravanes qui se retrouveront, dans la deuxième partie d'août, pour ce grand rassemblement.
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