Après Xynthia, remous autour de zones noires baladeuses

Par TF1 News (D'après agence) , le 21 septembre 2010 à 07h17 , mis à jour le 21 septembre 2010 à 12h35

Dossier : Xynthia, une tempête sur la France

Un rapport révélé par Figaro modifie le tracé des zones décrétées inhabitables après le passage de la tempête et revoit à la baisse le nombre de maisons à exproprier. Certaines ont pourtant déjà été rachetées par l'Etat. Philippe de Villiers monte au créneau.

L'Aiguillon-sur-Mer, en Vendée, après la tempête le 1er mars 2010 (photo d'internaute)L'Aiguillon-sur-Mer, en Vendée, après la tempête le 1er mars 2010 (photo d'internaute) © TF1News/E.Journel

Le 28 février dernier, la tempête Xynthia causait la mort de 47 personnes sur la façade Atlantique, et des dégâts particulièrement importants sur certaines portions des côtes vendéennes, envahies par les eaux en raison de la conjonction de la météo et de fortes marées. Un traumatisme local qui avait vite débouché sur un débat national à propos de l'attribution des permis de construire dans des zones potentiellement inondables - et sur un voeu de fermeté de Nicolas Sarkozy, décidé à empêcher toute construction dans ces lieux à risque. Conséquence immédiate : la définition de zones décrétées inconstructibles et inhabitables - et l'annonce d'un programme d'expropriation de nombreuses maisons dans des quartiers déjà durement frappés par les inondations, d'où des accusations de "double peine" lancées par des habitants en quête d'aide de la part des autorités, et qui devaient se retrouver du bout du compte privés de leur maison.

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Plus d'infos

Près de sept mois après le drame, les premières expropriations ont été lancées. Mais alors que les habitants s'étaient plus ou moins résignés, voici que les experts mandatés par l'Etat changent le tracé de ces trop fameuses zones décrétées inhabitables. Ils ont ainsi revu à la baisse le nombre de maisons à démolir, rapporte le Figaro.

Des maisons épargnées, d'autres soudain menacées

Selon le quotidien, dans les deux villages de l'Aiguillon-sur-mer et La Faute-sur-mer, les experts "recommandent de soumettre 761 habitations à une procédure d'expropriation. Initialement, 945 maisons devaient être concernées". A La Faute-sur-mer cependant, "onze maisons qui n'étaient à l'origine pas menacées de destruction sont désormais incluses dans la zone noire". Dans cette dernière commune, "472 habitations sont désormais susceptibles d'être visées par une procédure d'expropriation" contre plus de 600 initialement. A l'Aiguillon-sur-mer, "ce sont 289 maisons qui sont concernées, elles étaient 337 avant l'été".

"Ce revirement risque de susciter un nouvel épisode de confusion, alors que l'Etat a racheté plusieurs dizaines de maisons ciblées par la première cartographie et que de nombreuses promesses de vente ont été signées", commente le Figaro. "De source proche du dossier, on confie ainsi qu'une vingtaine d'habitations échappant finalement au zonage auraient d'ores et déjà fait l'objet d'une promesse de vente", ajoute le journal.

Lundi soir, le président du conseil général de Vendée, Philippe de Villiers, avait jugé "inacceptable" ce rapport des experts non encore rendu public. "J'ai lu attentivement ce rapport et je souhaite vous faire part sans tarder de mon appréciation: ses conclusions sont inacceptables", a écrit Philippe de Villiers dans un courrier adressé au Premier ministre François Fillon et au ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo. Le sénateur de Vendée Bruno Retailleau (non inscrit) a jugé mardi que le nouveau rapport des experts de l'Etat sur les zones d'expropriation de maisons situées en zone inondables, devait subir des ajustements "pour ne pas créer la confusion".

Par TF1 News (D'après agence) le 21 septembre 2010 à 07:17
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4 Commentaires

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  • henri_bambelle, le 21/09/2010 à 11h38

    Un préfet n'est pas personnellement responsable de ses erreurs : il engage toujours la responsabilité de l'état, donc des citoyens.

  • jghttc, le 21/09/2010 à 10h42

    Visiblement le périmètre de ces fameuses zones n'est pas défini en fonction des zones habitables ou innondables, mais en fonction de considérations politiques ou financières. C'est assez révélateur de la mentalité de l'autorité étatique en France ...Par ailleurs je soucris entièrement à l'intervention de Pilepoil 21 : D'une part c'est au maire et au préfet de faire appliquer et respecter les réglementations en matière d'urbanisme ( zones constructibles ou non), d'autre part, il n'y aucune raison que l'état, et donc le contribuable, se substitue à la responsabilité de ces derniers et subviene, financièrement, à leurs défaillances dans ce domaine ...

  • 566456, le 21/09/2010 à 09h27

    Et c'est reparti pour un tour, comme quoi en France il suffit de "geuler" pour obtenir satisfaction. Cela n'aide pas du tout la démocratie.

  • pilepoil21, le 21/09/2010 à 09h10

    Il est toujours dramatique de voir son habitation dévastée. Cependant, il me semble avoir lu que même les résidences secondaires pouvaient être "achetées" par l'Etat, donc par le contribuable. C'est pousser un peu loin la solidarité nationale. J'aimerais rappeler que des lois sur les normes de construction en zones inondables existent depuis belle-lurette. Ainsi, vers 1960, dans certains quartiers de Guingamp, on ne pouvait pas construire en rez-de jardin. Si les maires des communes vendéennes n'ont pas fait respecter ces normes, ils devraient être inculpés et éventuellement condamnés à l'inéligibilité. Et au moins une part des frais devrait être à la charge de ces communes. Les électeurs réfléchiront mieux aux prochaines élections. Enfin les gens ne sont pas ignares et beaucoup connaissaient certainement les risques encourus. Alors dans ce cas on souscrit des assurances complémentaires. Bref, solidarité d'accord, mais dans des limites raisonnables...

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