Camp de Roms. Image d'archive © TF1Le Parti socialiste, les Verts, l'extrême gauche, l'ensemble des syndicats et plus de 130 organisations défileront côte à côte, ce samedi à Paris, pour défendre la devise républicaine "Liberté, Egalité, Fraternité" à l'occasion de son 140e anniversaire. Un mois après le discours sur la sécurité prononcé par le chef de l'Etat à Grenoble fin juillet, ses détracteurs ne désarment pas et entendent mener "la manifestation la plus large et la plus digne" contre une "politique ouvertement raciste", selon la Ligue des droits de l'homme. "Nicolas Sarkozy a franchi une ligne rouge, il fait désormais le lien entre insécurité et immigration, ce qui jusque-là était le discours de l'extrême droite", a déclaré à Reuters Jean-Pierre Dubois, le président de la LDH. "C'est la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale qu'un chef de l'Etat propose de retirer la nationalité de façon aussi large", affirme-t-il.
"Les Roms ne sont pas responsables de l'insécurité"
Dénonçant une politique "ouvertement raciste" envers les Roms et "un problème fabriqué par le gouvernement", des dizaines d'ONG appellent à manifester ce samedi un peu partout en France et devant les ambassades françaises de plusieurs pays européens.
Publié le 03/09/2010
Roms: l'Europe réclame encore des comptes à la France
Après les expulsions conduites par la France, le Parlement européen a décidé de débattre de la situation des Roms la semaine prochaine. Le président du Parlement, Jerzy Buzek, met en garde contre les discriminations : "Tous les citoyens européens ont les mêmes droits au sein de l'UE".
Publié le 03/09/2010
UE : "L'intégration des Roms, c'est partout en Europe"
La France a expliqué mardi devant la Commission européenne sa politique controversée d'expulsions de Roms dans leurs pays d'origine, alors que Bruxelles insiste sur le respect des règles et sur la nécessaire intégration de cette communauté.
Publié le 01/09/2010
Le président de la République a annoncé fin juillet que toute personne d'origine étrangère qui porterait atteinte à la vie d'un policier, d'un gendarme ou de tout autre représentant de l'autorité publique serait déchue de sa nationalité. Des mesures en ce sens, concernant les Français naturalisés depuis moins de dix ans, seront intégrées dans le projet de loi sur la sécurité intérieure examinée par le Sénat dès mardi. Le gouvernement a également accéléré la politique de démantèlement des campements illégaux de Roms et insisté sur les reconduites à la frontière des membres de cette minorité. Ces mesures ont entraîné des réactions au sein de la majorité et du gouvernement.
Une "politique xénophobe et raciste qui couvre de honte notre pays"
A Paris, "les Roms et les personnes discriminées" défileront symboliquement en tête du cortège qui partira de République pour rejoindre l'Hôtel de ville. Plusieurs artistes, dont Régine ou Jane Birkin, se rassembleront près du ministère de l'Immigration pour interpréter symboliquement la chanson "Les p'tits papiers". Le Parti socialiste, qui s'était contenté d'un simple communiqué après le discours de Grenoble pour dénoncer "la dérive antirépublicaine du gouvernement", a annoncé lundi qu'il rejoindrait les rangs du cortège. La première secrétaire du PS, Martine Aubry, est sortie de son silence fin août aux universités d'été du PS à La Rochelle, parlant d'"été de la honte". Dénonçant une "politique xénophobe et raciste qui couvre de honte notre pays", le Parti de Gauche estime pour sa part que "l'actuelle surenchère sécuritaire et anti-immigrés met en cause la République elle-même".
Le discours de Nicolas Sarkozy et les reconduites à la frontières de Roms ont également eu un écho à l'étranger. Paris a été épinglé par le Comité de l'Onu pour l'élimination de la discrimination raciale (Cerd) qui a jugé sa politique à l'égard des étrangers discriminatoire. La France a aussi été rappelée à l'ordre par le Conseil de l'Europe fin août pour sa "stigmatisation" des Roms et la Commission européenne suit le dossier de près. Des manifestations seront ainsi organisées samedi devant les ambassades de plusieurs capitales européennes comme Rome, Madrid, Londres, Lisbonne, Budapest, Bucarest ou Nicosie pour "protester contre les politiques xénophobes de la France" à l'appel du réseau européen contre le racisme (Enar).
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