De 30 à 60% de grévistes dans l'Education

le 07 septembre 2010 à 06h18 , mis à jour le 07 septembre 2010 à 14h09

Dossier : Quel avenir pour les retraites ?

Selon le ministère, 29,38% des profs sont en grève mardi dans les écoles, collèges et lycées. Mais pour les syndicats, ce serait plutôt 60%.

Au refus de la réforme des retraites telle que l'envisage le gouvernement s'ajoute, pour les enseignants, le problème des suppressions de postes: seize mille postes en moins en cette année 2010, après 33.400 entre 2007 et 2009 et alors que 16.000 nouvelles suppressions sont prévues pour la rentrée 2011. Voilà pourquoi les profs ont décidé de faire grève lundi et mardi.
Plus d'infos

Mardi, la mobilisation était la suivante, selon les estimations du ministère: Ensemble des enseignants des 1er et 2nd degrés: 29,38%. Enseignants du premier degré: 33,65%, enseignants des collèges: 29,16%, enseignants des lycées professionnels: 27,02%, enseignants des lycées d'enseignement général et technologique: 20,68%, ensemble des enseignants du 2nd degré: 25,76%. Les syndicats de la FSU chiffrent les grévistes à 60% dans le primaire et 55% dans le secondaire, soit davantage que le 24 juin, et même plus du double en collèges et lycées.

Salaire moyen: 1800 euros

Lundi matin, le mouvement a réuni de 5,62% (selon l'estimation du ministère de l'Education) à 30% (selon le Snes) de grévistes dans les collèges et lycées. Traditionnellement, les chiffres diffèrent entre syndicats et ministère, les syndicats reprochant au ministère de bâtir son estimation en ne prenant en compte que les professeurs supposés faire cours le matin, alors qu'en collèges et lycées certains peuvent débuter plus tard.

Les personnels de l'Education, majoritairement fonctionnaires, sont concernés par plusieurs mesures du projet de loi de réforme des retraites. D'abord par la hausse prévue de la cotisation retraite des fonctionnaires (passage de 7,65% à 10,55% en dix ans). En juin, le SNUipp-FSU avait calculé que cette augmentation correspondrait pour un professeur des écoles, au bout de 10 ans, à une ponction de 65 euros par mois sur des salaires qui sont en moyenne de 1800 euros. Ensuite par la suppression du dispositif de départ anticipé sans condition d'âge pour les mères de trois enfants ayant 15 ans de service. Cette disposition est particulièrement mal vécue "dans une profession féminisée à 85%", selon Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp. Aujourd'hui, 15% des personnes qui prennent leur retraite sont des femmes ayant trois enfants, selon lui.

Les raisons de la grogne

Enfin, le relèvement de 65 à 67 ans de l'âge requis pour toucher une pension à taux plein est aussi fortement critiqué. "Alors que l'on entre tard dans le métier (26 ou 27 ans), cela risque de rendre les conditions de travail extrêmement difficiles, avec des écarts culturels importants entre le professeur et des générations qui changent de plus en plus", dénonce Frédérique Rolet, cosecrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat des collèges et lycées. Nombre d'enseignants relèvent que la qualité de l'enseignement en pâtira.

Mais réforme des retraites et suppressions de postes ne sont pas les seuls problèmes - même s'ils justifient déjà la mobilisation à laquelle le Snes-FSU appelle dès ce lundi dans les collèges et lycées, pour protester contre une rentrée "exceptionnelle" accumulant "toutes les difficultés". Le syndicat déplore aussi la situation cette année des professeurs stagiaires "lâchés sans formation" dans les établissements, la mise en oeuvre de la classe de seconde "dans une opacité préjudiciable", ou encore la "dévalorisation [des] métiers". Mais du côté du gouvernement, on répond par un haussement d'épaule : "Citez-moi une rentrée où les syndicats ne parlent pas de difficultés!", ironisait Luc Chatel mardi dernier. Quant à François Fillon, il a tout simplement jugé jeudi que les "conditions de préparation" de la rentrée scolaire étaient "optimales".

le 07 septembre 2010 à 06:18
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

29 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • yesyoucan, le 08/09/2010 à 10h02

    La bonne blague, moi je suis fils de prof et chef d'entreprise et il n'y a pas photo sur ce qui est le plus pénible. Par ailleurs je donne des cours de formation professionnelle à des chomeurs qui ne sont pas moins agités que des jeunes et s'il est vrai que le travail d'enseignant est fatigant, ces complaintes permanentes ne se comprennent que part une forme d'infantilisme de gens qui ne se sont jamais confrontés à la vraie vie après les études.

  • miss_rijsel, le 07/09/2010 à 20h11

    Robert51 : qui ça "il"? Moi? Si oui, écrivez elle svp. Restez borné, et sachez qu'il est plus difficile de se juger soi-même que de juger autrui. Ca je pense que vous l'avez très bien compris. Pour votre gouverne, mes parents viennent tous 2 du monde paysan. Donc ils ont goûté à la pénibilité d'un travail manuel, et à celle d'un travail plus intellectuel.

  • robert51, le 07/09/2010 à 18h51

    Miss_rijsel : il va nous faire pleurer ....MDR !!

  • vladkr, le 07/09/2010 à 18h28

    Quel est le but d'une grève le week-end ?

  • jacquot2000, le 07/09/2010 à 18h09

    Pareil à mon boulot, tout les enfants de mes collegues sont à l'ecole.

  • hdsxm, le 07/09/2010 à 17h44

    Cela veut dire qu'il y a 70 à 40 % de gens sensés à l'éducation nationale.

  • crt89, le 07/09/2010 à 15h56

    Alors moi l'école maternelle de mon fils fait toutes les grèves je dis bien toutes et bien quelle fut ma surprise quand on m'a dit que non personne ne fait grève aujourd'hui. d'ailleurs j'ai eu du mal à y croire j'ai demandé une 2ème fois.

  • harisona, le 07/09/2010 à 14h57

    Voila une situation bien décrite . Effectivement contrairement à ce que beaucoup pensent , il y a pas mal de travail à faire à la maison pour les enseignants . Quand au manque de respect et autres incivilités qui mènent certains enseignants à la dépression , la faute en est très souvent aux parents qui ne savent plus tenir leurs progéniture . Certains pensent que c'est le rôle des enseignants d'éduquer , de servir de confident et d'assistantes sociales , non leur devoir est d'apprendre à nos enfants le mieux possible et dans de bonnes conditions , ce qui n'est plus le cas vu le manque de discipline qui règne depuis quelques années dans nos établissements .Nos enseignants passent une partie de leur temps à recadrer certains élèves trop démotivés et qui sont la parce que c'est une obligation . Il faut dire que dès qu'un enseignant fait une remarque ou punit un élève les parents montent au créneau contre le professeur alors qu'il faudrait soutenir ce dernier . Il y a bien des choses à revoir dans notre système d'éducation nationale si l'on veut avoir le moins possible d'élèves en échec scolaire .

  • aciery, le 07/09/2010 à 14h47

    1337sysop1337 l'astreinte est toujours rémunérée !

  • languedebois, le 07/09/2010 à 13h08

    Aucun gréviste dans notre groupe scolaire de Lyon !!!

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience