Excès de vitesse : la faille qui peut faire sauter les PV

Par S.M , le 20 septembre 2010 à 17h26 , mis à jour le 21 septembre 2010 à 20h55

Un avocat parisien affirme qu'un couac administratif peut faire sauter des PV pour excès de vitesse émanant de radars automatiques.

TF1/LCI : Nouveau radar mobile transférant ses données par Wi-fiNouveau radar mobile transférant ses données par Wi-fi © TF1/LCI

Dans son édition de lundi, le Parisien évoque ces cas d'automobilistes flashés par un radar mobile et finalement relaxés pour un "couac administratif" sur le PV d'excès de vitesse. La faille s'explique en deux lettres : PK pour "point kilométrique". Le PK c'est l'endroit où l'automobiliste se trouvait lorsqu'il a été flashé. Il doit être rempli par les policiers. Dans l'histoire reprise par le quotidien, le point kilométrique était correctement rempli mais "son avocat a réussi à démontrer qu'il manquait une information capitale : l'endroit exact où se situent les agents verbalisateurs".

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"D'après les notices de ces appareils, les utilisateurs de radars mobiles (les radars fixes ne sont pas concernés) doivent se situer à une distance précise du véhicule flashé. En fonction des endroits utilisés, elle varie de 300 à 600 m entre la voiture et le radar", explique l'avocat à l'origine de cette victoire juridique, Me Jean-Baptiste Iosca. Or sur les formulaires des procès-verbaux, il n'y a pas de case pour mentionner la position des agents. La plupart du temps, cette information ne figure donc pas. Il est dès lors impossible de vérifier si la mesure a été effectuée dans de bonnes conditions.

Un vice de procédure 

"Je l'ai plaidé un nombre incalculable de fois et j'ai toujours eu la relaxe car le doute doit bénéficié à l'accusé. C'est indiscutable . J'ai fait relaxer un excès à 200 km/h au lieu de 110 en trois minutes !", confirme Jean-Baptiste Iosca à TF1 News.  Selon lui, 100.000 PV pour excès de vitesse pourraient sauter dans l'année sur ce motif. "Ce n'est plus plaider, c'est un vice de procédure qui annule complètement la contravention. C'est devenu complètement automatique".

Si la faille est d'une telle ampleur, pourquoi l'erreur n'est-elle pas réparée plus vite ? D'après Jean-Baptiste Iosca, "le gouvernement a passé un contrat avec l'imprimerie nationale et ils ont de 3 à 7 ans de contrats imprimés". De plus, son argumentaire juridique se base sur un arrêt de la cour d'appel de Paris, rendu le 6 novembre 2009. "C'est très récent dans le temps juridique", explique-t-il à TF1 News. Dans l'arrêt de la Cour d'appel, il est indiqué qu'en l'absence de notification sur la position des agents, la cour ne peut pas s'assurer que les radars ont été utilisés dans de bonnes conditions.

L'argument ne tient pas en cassation

Ce flou profite donc, pour le moment, à certains conducteurs, sauf en cas de renvoi devant la Cour de cassation, tempèrent toutefois plusieurs confrères de Me Iosca, contactés par TF1 News.  "Dans un arrêt de 2007, la Cour de cassation précise qu'il est nullement obligatoire de mentionner les deux points", explique ainsi Rémy Josseaume, président de la commission juridique de l'association 40 millions d'automobilistes. Pour lui : l'argument évoqué plus haut "ne tient pas".

Michel Benezra, autre avocat spécialisé dans la défense des automobilistes, temporise également : "Une Cour d'appel ne rend pas des arrêts de principe constituant le droit en France... une autre Cour d'appel pourra par exemple statuer dans un autre sens sans aucun problème, explique-t-il à TF1 News. Si l'arrêt de la Cour d'appel auquel fait référence Me Iosca est dit définitif, il s'imposera aux juridictions dépendant de cette cour. En revanche, si l'arrêt de la cour d'appel a été frappé d'un pourvoi en cassation par le procureur général, l'argumentation dispose d'une très faible chance de passer devant la cour de cassation car la jurisprudence de celle-ci a depuis quelques années clairement évolué dans le sens de la protection routière et non de la protection des droits des automobilistes". La façon la plus sûre de ne pas avoir à payer d'amende ou de perdre des points reste donc, comme toujours, de respecter les limitations de vitesse.

Par S.M le 20 septembre 2010 à 17:26
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47 Commentaires

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  • radfou57, le 23/09/2010 à 18h05

    Dans cet article il est fait référence à un radar mobile. Le radar mobile est installé dans un véhicule et est destiné à prendre des photos d'excès de vitesse en roulant, d'où le terme « mobile ». Actuellement il n'existe plus à ma connaissance de radar avec cette configuration, Multanova ou Cerva. Les radars automatiques sont de deux sortes: les radars à poste fixe non déplaçable (cabines) et les radars à poste fixe déplaçable (embarqués dans des véhicules, et pour les Mesta 210c avec la possibilité de l'installer sur un trépied). L'avocat évoque une distance précise entre le radar et le véhicule variant de 300m à 600m. Si mes souvenirs sont bons, ces radars sont installés le long de la chaussée, et leur angle avec la trajectoire des véhicules est de 25°. Donc l'endroit où est « flashé » le véhicule se trouve, en fonction de l'éloignement de celui-ci avec le radar, entre 5m et 40m. Je ne crois pas que le constructeur ait sorti une telle notice avec cette notion de distance pour les radars automatiques, car les photos seraient inexploitables. A moins que ce soit un cinémomètre laser, où effectivement la Sagem avait indiqué une distance entre 300m pour les PL, et 600m pour les VL dans sa notice publicitaire. Mais c'était une distance de contrôle garantie, alors que par beau temps l'Eurolaser prend sans problème jusqu'à 850m. Sur les procès verbaux doit figurer le PK de l'infraction et je ne vois pas en quoi il doit être obligatoire de signaler la distance entre le point de contrôle et le point de l'infraction. Utiliser de tels arguments me paraît d'un goût plus que douteux. Si les juges étaient mieux formés sur les pratiques des cinémomètres, je pense qu'il n'y aurait plus de doute et de telle victoire pour les avocats. J'approuve l'arrêt de la cour de cassation annulant de telle décision, car elle est basée sur une logique implacable. Pour conclure, la photo utilisée pour illustrer l'article n'est pas la bonne, s'il s'agit d'un Eurolaser. Les distances citées ne s'appliquent pas à un radar automatique. De quoi s'agit-il vraiment? N'y a t-il pas confusion des genres?

  • anne342, le 22/09/2010 à 08h10

    Complètement d'accord pour respecter les limitations de vitesse mais l'injustice vient du fait que le français moyen paie sagement ses contraventions, celui qui a les moyens peut les contester et celui que la "société assiste financièrement" ne les paie pas. Alors on ne peut pas avoir le nez rivé toujours sur le compteur ce qui fait qu'on est un peu amer lorsqu'on est verbalisé pour un tout petit dépassement alors que l'on a bien conscience qu'il faut être prudent. Ceci dit il faut des limites et des règles mais tous les automobilistes devraient être traités à la même enseigne quelques soeint leurs moyens financiers, problème sans doute difficile à régler mais surement pas impossible. Merci de publier

  • beldecadix, le 21/09/2010 à 18h06

    Il y a une faute d'orthographe, un VICE de procédure.

  • nyto_gp, le 21/09/2010 à 16h10

    Très bonne initiative, les radars étaient sensés aller dans le sens de la sécurité routière, mais au lieu de ça les policiers s'amusent à nous piéger même dans des zones non accidentogènes pour atteindre leurs "objectifs" ils ne sont pas à nos côtés mais contre nous!!!!!!!!!!!

  • guiq, le 21/09/2010 à 16h09

    Je serais extrêmement étonné de voir l'avocat plaider ce vice de procédure. En effet, la Cour d'Appel de PARIS, dans sa décision, invalidait les procès-verbaux lorsqu'ils ne faisaient pas mention de la position des forces de l'ordre en cas de contrôle par radar laser. Les radars automatiques fonctionnent selon le système DOPPLER. Lorsque l'automobiliste rentre dans le champ du radar, celui-ci peut prendre la vitesse de l'automobiliste. IL n'est pas question de distance. D'autant plus que le vice de procédure indiqué par l'avocat n'est sanctionné actuellement que la Cour d'Appel de PARIS, les autres juridictions ont renversées leur jurisprudence conformément à l'arrêt de la Cour de cassation de 1994. L'argument est loin d'être neuf et est plus que débattu dans les tribunaux.

  • karakal75, le 21/09/2010 à 15h54

    @Verlapinorix: on le sait que les compteurs sont optimistes, le code de la route ne dit pas de ne pas rouler à plus de 50km/h au compteur, mais juste 50km/h. Et les abattements des radars sont aussi liés à la dispersion de leur précision, donc même si on est en général gagnant, si c'est un radar effectivement imprécis, l'abattement est normal.

  • karakal75, le 21/09/2010 à 15h48

    Et comment pouvez vous savoir si le radar était effectivement bien placé et si la mesure était fiable !?

  • yannickatl, le 21/09/2010 à 14h09

    J'ai aussi passe du temps dans ces tribunaux pour exces de vitesse que j'ai voulu contester (en Francais classique). Resultat: du temps de perdu. Oui vous pouvez contester aux USA mais votre chance de gagner est minime. Par contre, vous pouvez meme risque une augmentation de la prune.

  • william68, le 21/09/2010 à 13h27

    Même s'il s'agit d'une formule systématiquement reprise par les journalistes, un meurtrier présumé ça n'existe pas (en France) . Notre procédure pénale est construite autour de la présomption d'innocence, non de la présomption de culpabilité, or en parlant de "meurtrier présumé" c'est bien de la seconde conception dont il s'agit!

  • depondy, le 21/09/2010 à 13h17

    ... çà, c'est pas faux !!!...

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