Au refus de la réforme des retraites telle que l'envisage le gouvernement s'ajoute, pour les enseignants, le problème des suppressions de postes: seize mille postes en moins en cette année 2010, après 33.400 entre 2007 et 2009 et alors que 16.000 nouvelles suppressions sont prévues pour la rentrée 2011. Voilà pourquoi les profs ont décidé de faire grève lundi et mardi. Lundi matin, le mouvement réunissait de 5,62% (selon l'estimation provisoire du ministère de l'Education) à 30% (selon le Snes) de grévistes dans les collèges et lycées. Des manifestations sont prévues en début d'après-midi dans la plupart des académies, notamment à 14h00 à Paris, place de la Sorbonne.
Grèves : les perturbations ce mercredi matin
La SNCF annonce un retour à la normale progressif mercredi matin alors qu'à la RATP, tout doit rouler normalement.
Publié le 03/09/2010
Retraites : dernières manoeuvres avant la confrontation
Jean-Claude Mailly espère deux millions de manifestants dans les rues et prône une réforme fiscale pour financer les retraites. Claude Guéant affirme que le fond de la réforme ne bougera pas, même si "de nouvelles propositions" seront faites la semaine prochaine.
Publié le 05/09/2010
Comment économiser dans l'Education ? En ayant moins de profs...
Selon des documents diffusés aux rectorats, une douzaine de pistes sont mises à l'étude pour faire des économies. Parmi elles : plus d'élèves par classe, suppression des enseignants spécialisés dans la lutte contre l'échec scolaire...
Publié le 01/06/2010
Des retraités et des étudiants pour remplacer les profs absents
Face à la grogne des parents d'élèves, le ministre de l'Education nationale a annoncé mardi plusieurs mesures visant à faciliter le remplacement des profs absents.
Publié le 09/03/2010
Retraites : sept Français sur dix soutiennent la mobilisation
70% des Français estiment justifiée la journée de grève et de manifestations contre la réforme des retraites prévue mardi, selon un sondage Ifop pour Ouest France dimanche.
Publié le 04/09/2010
Traditionnellement, les chiffres diffèrent, le Snes reprochant au ministère de bâtir son estimation en ne prenant en compte que les professeurs supposés faire cours le matin, alors qu'en collèges et lycées certains peuvent débuter plus tard. Lundi, le Snes souligne aussi que son comptage ne prend pas en compte les lycées professionnels, où il n'y avait pas d'appel à manifester. Même si elles divergent, les estimations révèlent néanmoins que la grève est faiblement suivie, moins que les six journées organisées durant l'année scolaire 2009/2010 dans le secondaire. Le Snes-FSU était le seul des grands syndicats de l'Education nationale à appeler à la grève lundi, les autres refusant de prendre ce risque avant la journée interprofessionnelle de mardi sur les retraites et alors que nombre de professeurs découvrent leurs classes en cette rentrée. Mardi, en revanche, la quasi-totalité des syndicats du monde éducatif appelle à la grève, de la maternelle à l'université. La fédération de parents d'élèves Peep s'est "insurgée" contre les grèves organisées "dès la rentrée", demandant au gouvernement d'assurer la continuité du service public. S'il existe depuis 2008 un "service minimum d'accueil" (SMA) en primaire (écoles maternelles et élémentaires), ce n'est pas le cas dans le secondaire.
Les personnels de l'Education, majoritairement fonctionnaires, sont concernés par plusieurs mesures du projet de loi de réforme des retraites. D'abord par la hausse prévue de la cotisation retraite des fonctionnaires (passage de 7,65% à 10,55% en dix ans). En juin, le SNUipp-FSU avait calculé que cette augmentation correspondrait pour un professeur des écoles, au bout de 10 ans, à une ponction de 65 euros par mois sur des salaires qui sont en moyenne de 1800 euros. Ensuite par la suppression du dispositif de départ anticipé sans condition d'âge pour les mères de trois enfants ayant 15 ans de service. Cette disposition est particulièrement mal vécue "dans une profession féminisée à 85%", selon Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp. Aujourd'hui, 15% des personnes qui prennent leur retraite sont des femmes ayant trois enfants, selon lui.
Les raisons de la grogne
Enfin, le relèvement de 65 à 67 ans de l'âge requis pour toucher une pension à taux plein est aussi fortement critiqué. "Alors que l'on entre tard dans le métier (26 ou 27 ans), cela risque de rendre les conditions de travail extrêmement difficiles, avec des écarts culturels importants entre le professeur et des générations qui changent de plus en plus", dénonce Frédérique Rolet, cosecrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat des collèges et lycées. Nombre d'enseignants relèvent que la qualité de l'enseignement en pâtira.
Mais réforme des retraites et suppressions de postes ne sont pas les seuls problèmes - même s'ils justifient déjà la mobilisation à laquelle le Snes-FSU appelle dès ce lundi dans les collèges et lycées, pour protester contre une rentrée "exceptionnelle" accumulant "toutes les difficultés". Le syndicat déplore aussi la situation cette année des professeurs stagiaires "lâchés sans formation" dans les établissements, la mise en oeuvre de la classe de seconde "dans une opacité préjudiciable", ou encore la "dévalorisation [des] métiers". Mais du côté du gouvernement, on répond par un haussement d'épaule : "Citez-moi une rentrée où les syndicats ne parlent pas de difficultés!", ironisait Luc Chatel mardi dernier. Quant à François Fillon, il a tout simplement jugé jeudi que les "conditions de préparation" de la rentrée scolaire étaient "optimales".
| Des parents d'elèves occupent une maternelle |
Environ 120 parents d'élèves et élus occupent une école maternelle de Boussy-Saint-Antoine (Essonne) depuis dimanche soir, pour demander une ouverture de classe, a-t-on appris dimanche auprès du maire (PS) de cette commune, Romain Colas. "Nous attendons de l'éducation nationale qu'elle applique les critères qu'elle a elle-même définis: l'école maternelle Nérac, située en zone urbaine sensible, compte cinq classes. Le seuil d'ouverture d'une sixième classe est 156 élèves. L'effectif est de 158 élèves", a expliqué par téléphone à l'AFP Romain Colas. "En outre, la mise en location en cours de grands logements dans le périmètre dépendant de cette école va très rapidement engendrer l'inscription de nouveaux élèves. Le risque est grand de voir des enfants de trois à six ans se retrouver dans les prochaines semaines à 34 ou 35 par classe", a encore souligne le maire. "La salle pouvant accueillir la classe supplémentaire est prête. Nous attendons juste un enseignant", a-t-il encore déclaré. |
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