© TF1/LCIEn pleine rentrée scolaire, les 130.000 élèves parisiens demi-pensionnaires vont-ils être l'enjeu d'un bras de fer politique entre la mairie de Paris et les arrondissements de droite ? Le maire PS Bertrand Delanoë a annoncé avoir saisi "en urgence" le tribunal administratif pour faire appliquer "immédiatement" la nouvelle grille harmonisant les tarifs de cantine scolaire dans cinq arrondissements (VIe, VIIIe, XVe, XVIe et XVIIe) qui refusent d'entériner la décision du Conseil de Paris.
Cantines : un maire de Charente revoit son système de contrôle des impayés
Suite au tollé provoqué auprès des parents d'élèves, le maire Ruffec, en Charente, a décidé de modifier un système d'écran numérique installé dans ses cantines scolaires et qui permettait d'identifier les familles en retard de paiement.
Publié le 29/11/2011
Guerre des cantines : Delanoë remporte son bras de fer
Le Tribunal administratif (Paris a donné raison vendredi au maire PS Bertrand Delanoë, contre cinq maires UMP d'arrondissements qui refusaient depuis septembre d'appliquer la nouvelle grille des tarifs de cantine scolaire.
Publié le 17/12/2010
Un euromillionnaire offre la cantine à toute l'école
Pour la deuxième année consécutive, à Saint-Michel, en Charente, un gagnant, resté anonyme, de l'euromillions a réglé la facture de la cantine pour les 230 élèves de sa commune.
Publié le 03/09/2010
Avec cette saisine, l'affaire prend un relief particulier. Et pour cause, le budget "cantine" pour l'ensemble de la capitale n'est pas anodin puisqu'il avoisine les 70 millions d'euros. Et la moitié de cette somme provient de la participation des familles. Une manne financière donc, mais aussi un enjeu qui, concernant directement les Parisiens, se transforme dès lors en arme électorale de poids. Ce qui pousse Bertrand Delanoë à sortir l'artillerie lourde contre les maires des arrondissements "réfractaires" qui, en s'opposant à la "mesure de justice sociale" adoptée par le Conseil de Paris le 11 mai dernier, ne font qu'adopter une "posture idéologique, bassement politicienne." Ce que réfutent évidemment les arrondissements concernés.
Deux échelons supplémentaires
Quelle est cette mesure qui agite alors les esprits ? En substance, elle porte sur l'application d'une même grille de huit échelons de prix établis en fonction du revenu des familles pour l'ensemble de Paris. Rien de révolutionnaire puisqu'auparavant, chaque mairie d'arrondissement appliquait sa propre grille tarifaire, également indexée sur les revenus, par le biais de sa caisse des écoles. Mais pour la Ville de Paris, cet ancien système "mettait à mal l'égalité d'accès des familles à ce service public." En clair, chaque mairie ayant la mainmise sur ses propres tarifs, il existait une disparité patente entre les arrondissements contraire à l'égalité de traitement entre Parisiens. D'où la création de deux échelons supplémentaires qui augmentent les prix des repas pour les plus aisés.
Mais du côté de la mairie du XVIIe, où l'on assure être "pragmatique" et surtout pas dans une "opposition idéologique", on craint surtout une perte de prérogatives pour la caisse des écoles de l'arrondissement et, in fine, une pénalisation des administrés. "La nouvelle grille que Delanoë veut imposer va se traduire par une hausse des frais de cantine pour la majorité des foyers", assure-t-on. "Par rapport à notre grille, la hausse induite pour un foyer qui paie le tarif le plus élevé atteindra les 20 euros par mois", précise-t-on.
30% des familles paieront plus
A la Mairie de Paris, pourtant, on est sûr de ses calculs. "Sur l'ensemble de la ville de Paris, tous arrondissements confondus, 65% des familles paieront moins pour les repas de leurs enfants". Mais, reconnait-on, "c'est une moyenne faite sur la base de 20 arrondissements. Il est évident que dans les arrondissements les plus riches, cette baisse sera moins évidente." Et d'ajouter que 30% des Parisiens, "les plus aisés", devront payer plus. En clair, la mairie de Paris entend bien opérer un système de redistribution à l'échelle de ses cantines. Et ne s'en cache pas.
Il n'en faut pas plus à la droite pour accuser Delanoë de masquer d'autres desseins. Dans un communiqué, les maires des cinq arrondissements frondeurs poussent plus loin leur attaque et s'en prennent frontalement à la gestion des mairies de gauche. Cette mesure ne serait en fait "qu'un tour de passe-passe financier" qui "relève d'une démagogie électoraliste discriminatoire vis-à-vis des familles de l'ouest parisien". Selon eux, "le véritable objectif de cette opération ne vise qu'à renflouer les caisses des écoles gérées par les mairies d'arrondissement socialistes".
Justice sociale
En somme, les mairies de droite soupçonnent Delanoë de vouloir s'accaparer les fonds destinés aux arrondissements pour les reverser à discrétion. "Faux", assure-t-on à l'Hôtel de ville. "On ne remet pas en question l'autonomie financière des différentes caisses des école qui conserveront leurs attributions et leurs fonds", explique-t-on. "Il s'agit simplement de solidarité et d'équité. Le système actuel est tel que certaines familles peu fortunées peuvent dans certains cas payer plus que certaines bien plus aisées, ", assure-t-on. "Cette mesure va vers plus de justice sociale." Et c'est bien cela qui dérange les mairies de droite. Il suffit de regarder les arrondissements qui ne veulent pas appliquer la nouvelle grille..." La décision du tribunal administratif est attendue "dans les prochains jours", assure la mairie de Paris.
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