© AFP/Philippe DesmazesLa gargouille s'appelle Ahmed. Un hommage à Ahmed Benzizine nom d'un chef de chantier qui travaille à la restauration de la cathédrale Saint-Jean depuis près de trente ans. Sous la statue, sculptée dans la tradition médiévale, une inscription : "Dieu est grand", en français et en arabe. C'est ce qui a aussitôt suscité l'ire des Jeunesses identitaires lyonnaises. Elles dénoncent sur leur site internet le fait qu'"à Lyon, les musulmans se paient le luxe de s'approprier nos églises, en toute tranquillité et avec la complicité des autorités catholiques".
Les jeunes identitaires "ne sont pas plus chrétiens que les autres", estime Pierre Durieux, chargé de communication à l'archevêché de Lyon, qui ne trouve rien à redire à ce "symbole d'oecuménisme"."Il n'y a eu aucune interdiction, ni aucune autorisation de l'Eglise", explique-t-il. "Dans l'histoire, les gargouilles ont toujours été des figures profanes laissant parfois la place à la satire ou l'ironie. En outre, elles ne sont pas dans l'église, mais à l'extérieur".
"Amitié islamo-chrétienne"
L'initiative a aussi immédiatement séduit les responsables du chantier national. L'architecte en chef des monuments historiques de Lyon, Didier Repellin, en charge de la restauration de la primatiale a "fortement appuyé ce beau geste". Pour lui, "c'est une marque d'admiration et de reconnaissance de la part de ses collègues de travail. Tout le monde apprécie Ahmed. C'est une belle personnalité, pleine de discrétion et d'humilité".
De son côté, Ahmad Benzizine se défend. "Je suis Français, musulman pratiquant, et je travaille depuis toujours sur des monuments historiques", a expliqué Ahmed, 59 ans, à l'AFP, qui assure avoir "un grand respect pour les lieux sacrés". "Je peux travailler sur des mosquées, des synagogues".
Pour Kamel Kabtane, recteur de la grande Mosquée de Lyon, "c'est un clin d'oeil, un de plus, à l'amitié islamo-chrétienne à Lyon". "Lyon est la première grande ville de province a avoir entrepris, dans les années 80 la construction d'une mosquée digne de ce nom", rappelle le recteur pour qui "il se passe ici des choses qu'on ne voit nulle part ailleurs". Déjà "en 1875, lors de la consécration de Notre-Dame de Fourvière, l'émir Abd-el-Kader était présent".
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