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"On ne nous a même pas appris à apprendre !"
<b> Témoignage -</b> Elle fait partie des quelque 15.000 enseignants-stagiaires qui ont fait leur première rentrée cette année, sans aucune formation : Maryline, 22 ans, est devenue prof d'anglais au collège. Alors que Luc Chatel a promis aux syndicats un premier bilan en novembre, elle raconte à TF1 News ses tribulations et son malaise.
Publié le 02/11/2010
D'un côté, le nombre d'enseignants diminue ; de l'autre, le nombre d'élèves augmente. Ce qui a poussé les inspecteurs de l'Education nationale à commenter, avec un art de la litote acide, dans un rapport destiné à Luc Chatel, que les choix budgétaires de cette rentrée préparaient "assez peu l'avenir", notamment dans les collèges. Des chiffres publiés ce vendredi viennent en effet confirmer ce que les syndicats enseignants pointent depuis longtemps : selon des prévisions du ministère de l'Education nationale, contenus dans une étude de la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (Depp), le nombre d'élèves scolarisés dans les écoles publiques et privées, actuellement de douze millions environ, "devrait augmenter de 14.000" en cette rentrée et de "1500 à la rentrée 2011", du fait essentiellement de l'accroissement démographique.
La Depp note une hausse des effectifs en particulier en maternelle, en raison notamment du nombre élevé de naissances entre 2005 et 2009, en particulier lors du pic historique de 2006. Ainsi 8800 élèves de plus sont attendus en maternelle en 2010 et 13.900 en 2011. En revanche, en école élémentaire, les effectifs devraient progresser dans une moindre mesure en 2010 (+6700) et baisser en 2011 (-11.600). L'étude souligne en outre que "la tendance à la baisse de la scolarisation à 2 ans (...) va continuer", avec un taux de scolarisation de ces enfants estimé à 15,2% en 2009 (10 points de moins depuis 2005). Ce taux "pourrait être voisin de 13,7% en 2010 et de 12,7% en 2011".
Ce qui coince dans les écoles
Côté collèges et lycées, le nombre d'élèves "devrait augmenter de 39.200 en 2010, puis de 61.900 en 2011", selon la Depp, qui précise que "cette hausse concerne surtout le collège et le lycée professionnel" et s'explique "pour des raisons démographiques et scolaires". En collèges, 16.100 et 35.300 élèves supplémentaires étaient attendus respectivement en 2010 et 2011, selon les estimations, en raison des générations nombreuses des enfants nés en 1999 et 2000. Et après quatre années de baisse, la rentrée 2010 devait connaître une augmentation des effectifs scolarisés en lycées professionnels (+24.300). 14.000 de plus sont attendus en 2011. Enfin les effectifs de lycée général et technologique sont en baisse de 1300 élèves en 2010, mais devraient progresser en 2011.
Des chiffres à mettre en parallèle du cri d'alarme lancé au cours de l'été par un rapport de l'Inspection générale de l'administration de l'Education nationale et de la Recherche. D'abord, "la baisse des moyens de remplacement laisse sceptique" alors que "la situation est déjà difficile" et que le ministre "insiste sur la nécessaire amélioration du remplacement" cette année, écrivaient les inspecteurs. Ensuite, la réforme du lycée a contribué à ce que "l'offre de formation" ne soit "pas revue à la baisse", alors que ce serait un des moyens de "diminuer le coût du système éducatif". En conséquence, "la pression budgétaire oblige à faire des économies sur les autres leviers" que sont "le nombre d'élèves par classe" et "la gestion des personnels, dans et hors les classes". Or le rapport assure que cette gestion est "sous tension" dans le secondaire - où dès l'an dernier "certaines académies ont dégradé le taux d'encadrement des collèges" - et dans l'administration des académies.
"Encore temps de revenir sur les suppressions de postes"
En collèges et lycées, où "le recrutement de professeurs titulaires est à peine suffisant pour couvrir les postes à pourvoir", des "tensions" sont "prévisibles dans la continuité des difficultés" de 2009/2010: "titulaires remplaçants insuffisants dans certaines disciplines", "davantage de postes partagés entre plusieurs établissements", plus de vacataires, etc. Dans les départements, "la tension dans les services administratifs" est "très sous estimée par l'administration centrale", alors que les académies deviennent "l'échelon de gestion majeur du système", "pour le meilleur et pour le pire".
Ce rapport "dément l'optimisme ministériel" et est "la marque que la politique du rabot à l'aveugle préoccupe jusqu'à l'encadrement supérieur du ministère", a réagi l'Unsa-Education : "à l'évidence, les mesures successives de dépeçage comptable d'un mammouth dégraissé depuis longtemps et qu'on ampute jusqu'à l'os trouvent leurs limites". "Il est encore temps de revenir sur les suppressions de postes prévues en 2011", a lancé dans un autre communiqué le SNUipp-FSU.
Toutefois, pour le ministère de l'Education, la situation est loin d'être celle décrite par les syndicats. Ainsi, pour le directeur général de l'esnseignement scolaire Jean-Michel Blanquer, interrogé par TF1, le problème se résoud grâce à une simple analyse statistique : "Cette hausse va se traduire par une augmentation de 0,16 élèves par classe. Une situation que l'Education devrait pouvoir gérer avec les moyens qu'elle a", assure-t-il.
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