Expulsé avec ses enfants handicapés, juste avant la trêve hivernale

Par TF1 News, le 30 octobre 2010 à 10h10 , mis à jour le 30 octobre 2010 à 23h26

Reconnu prioritaire pour l'attribution d'un logement en vertu de la loi Dalo, Mondher Ben Jannet a été expulsé de son appartement parisien avec sa femme et quatre enfants dont deux handicapés.

Les voisins n'en reviennent pas. "C'est choquant, avec des enfants, ils vont aller où ?", interroge Eduardo, qui vit sur le même palier que la famille expulsée. La voisine du 2e, une septuagénaire, pour qui les enfants faisaient parfois des courses, lâche : "Des gens honnêtes, vraiment, c'est incroyable". Le 20 octobre dernier, quand Mondher Ben Jannet a monté les escaliers proprets d'un immeuble ancien, dans le Xe arrondissement de Paris, avec sa femme et son plus jeune fils, il n'a pas reconnu son étage.

Plus d'infos

"Ils avaient posé une porte blindée. On s'est regardés, on s'est dit : ça y est, c'est la fin. Toutes nos affaires étaient à l'intérieur, nos papiers, le dossier médical du petit, ma femme avait préparé le dîner", raconte ce Tunisien arrivé en 1970 en France et fraîchement naturalisé. Derrière cette porte close, dont on a lui a facturé la pose et l'intervention d'huissier pour exactement 556,97 euros, il y a 32 m2, où la famille loge depuis 1993 et s'y est agrandie. "C'est petit mais tout de même, c'est un chez soi. Enfin, c'était", soupire Mondher Ben Jannet.

Versions contradictoires

La propriétaire leur avait donné congé en avril 2008 parce qu'elle voulait vendre, mais eux ne voulaient pas partir : avec la hausse des loyers dans le privé, ils comptaient sur l'avancée de leur dossier HLM ou Dalo pour être relogés. Selon la préfecture de police, qui a exécuté l'expulsion, la propriétaire a désormais décidé d'y loger sa fille devenue étudiante. Aussi, avec sa femme et quatre enfants dont deux handicapés à 80%, Mondher Ben Jannet s'est retrouvé à l'hôtel, sans recours.

Dans la panique du premier soir, Mohamed, 17 ans, atteint du syndrome Pierre Robin, a fui. Il est allé dormir gare Saint-Lazare, tout seul avant que la brigade des mineurs ne le trouve et le ramène à ses parents. Son petit frère Yassine, 6 ans, atteint par un lymphome de Burkitt, a été placé chez un copain. Les aînés de 19 et 22 ans se sont débrouillés, les parents ont somnolé dans les escaliers. Alerté par un membre de la famille qui connaissait l'association, le Dal est intervenu auprès de la mairie le lendemain et a obtenu des services sociaux un hôtel pour héberger la famille : 1015 euros par semaine pour deux chambres. Le loyer mensuel de l'appartement était de 600 euros.

A la mairie du Xe, l'édile socialiste Rémi Féraud s'est "engagé à tout faire pour que la famille soit relogée dans un vrai logement dans les meilleurs délais". "Eu égard à la situation des enfants, un hébergement a été trouvé et un processus de relogement est en cours", indique la préfecture de police, "durant lequel les parents devront effectuer les démarches nécessaires". Une mention nécessaire pour la préfecture, qui affirme que les parents ne sont pas "complètement de bonne foi" et n'ont pas "accompli avec diligence toutes les démarches nécessaires au relogement". Ils auraient cessé de payer le loyer en novembre 2009 pour une dette cumulée de 8000 euros. Et selon la préfecture, au moment de l'expulsion, "ni la famille ni les enfants ne vivaient dans les lieux ces derniers mois".

Par TF1 News le 30 octobre 2010 à 10:10
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

30 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • 11b223, le 31/10/2010 à 22h04

    Bin voyons, alors monsieur tout le monde doit loger gratuitement toute la misère du monde!!!!!!

  • 11b223, le 31/10/2010 à 22h03

    Alea53: louer ne doit pas comporter de risques de cette sorte!!!!!!!!!!! Vos propos laissent à penser qu'il est normal de ne pas payer lorsqu'on ne peut pas!!!!!!!!!!!! Si on ne peut pas, on ne devient pas locataire!!!!!!!!!!!!!! C'est comme si on ne peut pas acheter, on n'achète pas, au lieu de s'endetter avec des crédits!

  • syberya, le 31/10/2010 à 20h16

    Je vous souhaite, de vous donner les moyens que jamais chose pareille ne vous arrive, car vos propos me laissent à penser, que vous seriez bien démunie si un " accident de parcours " vous mettait dans leur situation. Entre nous..et à la lecture de votre piètre commentaire, je me surprends à vous souhaiter, que pareille mésaventure vous arrive...

  • zora63, le 31/10/2010 à 13h50

    C'est leur problème, quand on ne paie pas ça se passe comme ça, manquerait plus que les proprios doivent se laisser faire...Stop au laxisme !

  • sk8ergiirl, le 31/10/2010 à 11h50

    Ils avaient quand-même 2ans et demi pour trouver un autre logement, !

  • clementine1218, le 31/10/2010 à 02h18

    Selon la préfecture non seulement ils n'ont pas fait les démarches pour être reloger mais en plus ne vivaient plus dedans depuis dès mois . Le propriétaire qui met en location c'est pour avoir un loyer pas pour être assistante sociale. Les enfants de 19 et 22 ans faisaient quoi pour aider leurs parents !

  • mcg35, le 31/10/2010 à 01h04

    La propriétaire a acheté son logement, paie ses impôts (fonciers), a des locataires qui ne paient pas leur loyer depuis un an, veut récupérer son appartement pour loger sa fille ... et ne le peut pas!!! Cela n'encourage pas à proposer son logement à la location. Rien d'étonnant à ce que des quantités de maisons et d'appartements restent vides.

  • pagan29200, le 31/10/2010 à 00h22

    Sans le DAL, on revivait un épisode de Zola ! Triste société.

  • trunk69100, le 30/10/2010 à 20h59

    C'est pas forcement les plus pauvre qui ne paye pas leur loyer, même ceux qui ont de l'argent et qui sont locataires ne payent pas. Jusqu'au jour où il se décide a acheter ^^.

  • syberya, le 30/10/2010 à 20h58

    Et d'une: Les impôts locaux sont à la charge du locataire, les fonciers à la charge du propriétaire. Et de deux: vous blablattez pour ne rien dire :o( dans ce genre de " drame " il ne s'agit pas de prendre position, mais de trouver une solution...Et quoiqu'il en soit que vous importe que ces personnes paient ou ne paient pas leur loyer, que je sache ça ne vous prive pas ? , demandez-vous plutôt pourquoi ils en sont là...Et dites vous que personne n'est à l'abri d'un accident de parcours...

Lire tous les commentaires

      logAudience