Comme un garçon. Les filles mineures sont de plus en plus en cause pour des faits de délinquance, révèle mardi une étude de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). "Nous constatons qu'il y a de moins en moins d'écart avec les garçons pour ce qui est de régler leurs comptes", relève notamment le criminologue Christophe Soullez, l'un des responsables de cet organisme chargé de la publication des statistiques officielles de la délinquance et l'Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ).
La délinquance en hausse à Paris
La délinquance à Paris a augmenté de 1,2% sur les huit premiers mois de 2010, par rapport à 2009, avec une flambée de 29% des vols violents sans arme à feu, et de 9% des atteintes aux personnes, selon une note de la Préfecture de police.
Publié le 19/09/2010
Le couvre-feu pour les mineurs fait son chemin mais est-il efficace ?
Un amendement autorisant les préfets à mettre en place un couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans a été voté mercredi en commission. Mais sur le terrain, cette mesure est-elle applicable ?
Publié le 28/01/2010
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"La frontière entre les genres est moins imperméable"
Contacté par l'AFP, le sociologue Sebastian Roché rappelle que "le gros des violences physiques et à main armée reste le fait des garçons". De fait, seulement un mineur sur dix mis en cause dans un vol avec violence est une fille, selon l'ONDRP. Mais "il ne serait pas illogique que la délinquance des filles progresse", poursuit-il. "La frontière entre les genres est moins imperméable, l'égalisation des conditions et des styles de vie adolescents pouvant aider les filles à faire 'comme les garçons' car s'identifiant à leurs modèles de rôle", poursuit Sebastian Roché.
Selon l'ONDRP, ces chiffres sont significatifs du "rythme élevé d'augmentation" des mineures mises en cause dans la délinquance: en 2004, elles étaient mises en cause dans 4.200 atteintes aux personnes -- le point noir de la délinquance en France. En 2009, le chiffre est passé à 7.500, soit une augmentation de 83,7%. "Pour un oui pour un non, un contentieux, des jalousies, des vengeances, il y a un recours à la violence, c'est un phénomène nouveau et récent", fait-il valoir.
Prudence
Selon l'ONDRP, entre 2004 et 2009, les filles "mineures sont majoritairement impliquées pour des atteintes aux biens", mais il y a une hausse de 80% de leur nombre s'agissant des violences et menaces. Le nombre de filles mises en cause pour des violences physiques non crapuleuses, comme les coups et blessures volontaires, a doublé.
"Des situations banales dégénèrent vite chez elles", relève Christophe Soullez, selon qui "ce n'est pas nécessairement un problème de bandes". En atteste la récente mise en examen à Orléans, pour "complicité" d'une adolescente de 13 ans dans une affaire de violences et de séquestration d'une de ses camarades dans un foyer d'où elles s'étaient enfuies. Sebastian Roché appelle toutefois à la prudence en se demandant si la hausse s'explique par "une plus grande attention donnée par la police à une délinquance qui attire l'attention politique, à une tendance de fond, ou à une combinaison des deux".
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