© DRC'est un couple enlacé. Nus, ils s'embrassent, se caressent. La femme tient dans sa main le pénis de l'homme. C'est une photo en noir et blanc de Larry Clark, l'artiste américain dont l'exposition qui s'ouvre vendredi au Musée d'Art Moderne de Paris a été interdite aux moins de 18 ans par le Maire de Paris. C'est une photo qui fait la Une de Libération de ce jeudi avec ce titre : "Larry Clark censuré. Interdit aux moins de 18 ans".
Expo Larry clark : un "geste de liberté très fort" de la mairie de Paris
Christophe Girard, adjoint au maire de Paris à la culture, a déclaré jeudi sur LCI qu'interdire l'exposition de photos aux moins de 18 ans, permettait de ne pas censurer l'oeuvre de Larry Clark et de tout exposer.
Publié le 07/10/2010
"La mairie de Paris prive les mineurs de l'exposition du photographe et cinéaste américain, chroniqueur du monde adolescent, de crainte de plaintes d'associations réactionnaires. Une décision choquante, condamnée par l'artiste", écrit le quotidien en bas de page.
Il y a trois ans, l'oeuvre de Larry Clark avait en effet déjà été exposée sans problème à Paris, à la Maison européenne de la photographie (MEP). On peut voir dans la rétrospective présentée au MAM une série où des ados s'injectent de la drogue, font l'amour, sont nus. Dans un cliché en noir et blanc, une femme enceinte prise de profil s'enfonce une seringue dans le bras. Selon Fabrice Hergott, directeur du MAM, les photographies ayant valu à cette rétrospective d'être interdite aux mineurs "représentent seulement 10% de l'exposition". Une telle interdiction est "très rare" et "c'est la première fois qu'elle est appliquée" depuis "la nouvelle loi votée en 2007", a précisé M. Hergott, rappelant que ce texte rend susceptible de poursuite toute présentation à un public mineur de photographies pouvant avoir un caractère pornographique.
Interrogé par l'AFP sur les risques encourus par Libération pour la publication d'une telle photo en Une, Gérard Lefort, responsable des pages Culture du journal, a indiqué que la rédaction avait au préalable pris l'avis de son avocat."On lui a soumis la Une et il nous a donné son feu vert", a dit celui, qui signe l'article accompagnant cette Une.
| Et les politiques, ils en pensent quoi ? |
- Ségolène Royal, présidente PS de la région Poitou-Charentes, sur LCI : "Quand on voit le déferlement, hélas, de pornographie à la télévision et sur internet, je pense qu'un avertissement aux parents aurait suffi". |
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