Des manifestations de lycéens dégénèrent, 290 "casseurs" interpellés

le 18 octobre 2010 à 13h00 , mis à jour le 18 octobre 2010 à 21h39

Les lycéens restaient très mobilisés lundi. Des casseurs se sont invités au milieu des cortèges, provoquant échauffourées et dégâts, notamment en Ile-de-France et à Lyon. Etat des lieux ville par ville.

Les lycéens, nombreux dans les cortèges samedi, maintenaient la mobilisation en ce début de semaine. Entre 261 lycées (soit 6% des 4.302 lycées de France), selon le ministère de l'Education, et 950 établissements, selon l'Union nationale lycéenne (UNL, premier syndicat) étaient "mobilisés" lundi dans la matinée, dont "600 bloqués". Vendredi, le ministère avait comptabilisé 306 lycées "perturbés" à des degrés divers, tandis que l'UNL avait fait état de 900 établissements mobilisés dont 550 bloqués.
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Des blocages ternis par quelques violentes échauffourées. Quelque 290 "casseurs" ont été interpellés lundi en marge des manifestations lycéennes en France contre la réforme des retraites, contre 264 vendredi soir, et cinq policiers ont été blessés, a annoncé à l'AFP le ministère de l'Intérieur. 

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Nanterre
La tentative de blocage d'un lycée de Nanterre a dégénéré lundi en affrontements entre des jeunes extérieurs à l'établissement et les forces de l'ordre, qui ont fini par sécuriser les lieux vers midi. Les lycéens de l'établissement Joliot-Curie ont été débordés par 200 à 250 jeunes extérieurs au lycée, a annoncé la préfecture. Un face-à-face a ensuite eu lieu sur une grande avenue de la ville entre ces jeunes, pour la plupart dissimulés sous des cagoules ou des capuches, et des gendarmes mobiles. Des gaz lacrymogènes et des flashballs ont été utilisés a dit la préfecture dans un communiqué. Quatre véhicules ont été incendiés, plusieurs autres dégradés et des abribus ont été détruits, selon la préfecture. Un lycéen de 17 ans qui se rendait en cours a été violement projeté à terre. Il souffre d'un léger traumatisme crânien et a reçu deux points de suture. Aux urgences de la Clinique de la Défense, deux jeunes filles étaient auscultées pour des traces de flashballs sur les jambes.  Les cours avaient repris normalement en fin de matinée. Dans un communiqué, les responsables de la Fidl (deuxième organisation lycéenne) ont lancé "un appel au calme aux forces de l'ordre".
Le préfet Patrick Strzoda a évoqué "des scènes de guérilla urbaine initiées par 250 casseurs, et non des lycéens, qui ont agressé violemment les forces de l'ordre", sans blesser personne.

Paris
Quelque 150 lycéens de deux lycées parisiens du IVe arrondissement bloquaient la circulation lundi en début d'après-midi devant l'Hôtel de Ville, rue de Rivoli, selon un journaliste de l'AFP. Rassemblés à l'appel de l'UNL, ces lycéens ont organisé un sit-in à l'improviste sur la rue de Rivoli, une artère importante de la capitale, après l'avoir fait dans la matinée devant le lycée Charlemagne, dans le IVe arrondissement. "Ce n'était pas vraiment prévu", a confié une source policière sur place. Un périmètre de déviation du trafic a été mis en place.
Par ailleurs environ 300 à 400 lycéens du Val-de-Marne (Romainville, Champigny-sur-Marne) se sont rassemblés vers 14h30 place de l'Etoile (VIIIe arrondissement) à l'appel du Mouvement des Jeunes communistes. Les jeunes ont descendu les Champs-Elysées, tenté de couper la circulation, notamment devant le restaurant le Fouquet's et le magasin Vuitton, avant d'être encerclés par des gendarmes sur un trottoir, sans incident. Les gendarmes les ont raccompagnés au métro Georges V. Parmi les manifestants figurait un conseiller municipal communiste de Villejuif, Guillaume Bulcourt, portant l'écharpe tricolore, qui négociait l'évacuation des jeunes avec les gendarmes.
Une vingtaine (sur une centaine au total) de lycées de la capitale étaient mobilisés, dont Charlemagne, Jean-Lurçat, Voltaire, Rabelais, Sophie-Germain, François-Villon, Fénelon, Camille-Sée, selon le syndicat, qui précise que des "AG (assemblées générales) ont lieu ou sont prévues dans beaucoup de lycées".

Le reste de l'Ile-de-France
A Evry, préfecture de l'Essonne, des dégradations ont été commises par des "casseurs" après une manifestation lycéenne, selon une source policière. L'accès au centre commercial Evry 2 a été fermé deux heures.
Quatre policiers ont également été légèrement blessés en Seine-et-Marne, notamment à Lagny-sur-Marne, et des cocktails Molotov ont été lancés en direction des forces de l'ordre devant un lycée de Combs-la-Ville, dans le même département, lors d'un rassemblement de lycéens. 2.800 lycéens manifestants ont été recensés en Seine-et-Marne.
Des violences se sont déroulées dans le centre-ville de Saint-Denis, en marge des manifestations de lycéens, a constaté un journaliste de l'AFP. En fin de matinée, plusieurs magasins d'une petite galerie du centre de Saint-Denis ont été saccagés, les vitrines brisées et les rideaux métalliques forcés.
A Bobigny, c'est la station d'interconnexion bus-métro-tramway qui a été bloquée par des lycéens, interrompant totalement le trafic de la ligne de tramway T1 pendant près de deux heures, selon plusieurs usagers. A 14h, la police avait totalement débloqué la station.
Plus de la moitié des lycées de Seine-Saint-Denis, 36 sur 64, étaient bloqués, ainsi que 4 collèges, selon la préfecture, le rectorat parlant pour sa part d'un "mouvement en extension par rapport à la semaine dernière" dans ce département. 22 interpellations ont eu lieu chez les lycéens selon la préfecture de Seine-Saint-Denis, pour qui "l'ambiance était plutôt tendue sur l'ensemble du département".
A Colombes dans les Hauts-de-Seine, le lycée Guy de Maupassant est bloqué. Des "bandes de jeunes ont saccagé des magasins au centre commercial d'Evry 2", d'après un parent d'élève. Le centre commercial n'a pas confirmé l'information.
Au lycée Doisneau, situé face au quartier des Tarterêts à Corbeil-Essonnes, tous les accès étaient cadenassés et les professeurs étaient empêchés d'entrer, selon le témoignage d'un lycéen.
Des interpellations ont également eu lieu dans le Val-de-Marne.

Hazebrouck
Le directeur d'un lycée professionnel d'Hazebrouck, dans le Nord, a été agressé lundi alors qu'il tentait de s'interposer face à des jeunes gens qui s'étaient introduits dans son établissement, selon des sources policières. Il a reçu un coup de poing ou une gifle et a eu deux doigt cassés dans la bousculade face à une dizaine de personnes, alors qu'une quarantaine de jeunes gens s'étaient introduits dans l'établissement. Un jeune de 18 ans, soupçonné d'avoir agressé le proviseur, a été placé en garde à vue puis libéré avec un rappel à la loi. Un mineur de 16 ans soupçonné d'avoir commis des dégradations sera quant à lui convoqué devant un juge des enfants.

Lyon
Quelque 2.000 lycéens ont manifesté lundi dans les rues de Lyon, plusieurs d'entre eux ayant commis des dégradations, brisé des vitrines, renversé des voitures dont cinq ont été incendiées. Au total, la police a procédé à 28 interpellations au cours de la journée, a indiqué la préfecture du Rhône dans un communiqué.
"Dans la presqu'île, ce sont près d'un millier de lycéens avec parmi eux des groupes de 30 à 40 casseurs, très mobiles" qui ont renversé des voitures, a déclaré à l'AFP le préfet délégué à la Sécurité, Olivier Magnaval, évoquant des "incidents plus graves" que le vendredi 15 octobre.
Les incidents les plus marquants se sont produits en fin de matinée dans le centre-ville, rue de la République, où un groupe de casseurs a notamment brisé une vitrine du grand magasin Le Printemps et en a endommagé plusieurs autres. Des abribus ont été aussi saccagés et des poubelles renversées sur le parcours des manifestants qui ont jeté des pierres et brisé des pare-brises. Deux policiers ont été légèrement blessés. "Le mode opératoire est caractéristique, ce sont des groupes de 30 à 40 jeunes extrêmement mobiles qui passent d'une rue à l'autre", a souligné Olivier Magnaval, ajoutant: "On est dans un phénomène de violences de type urbain par des casseurs, qui peuvent être aussi lycéens, mais sont connus des services de police".
Enfin, deux jeunes majeurs, interpellés jeudi à Lyon après des dégradations en marge des manifestations lycéennes, ont été condamnés lundi à deux et trois mois de prison avec sursis, selon un avocat présent à l'audience.

Bayonne
La situation n'avait pas évolué lundi matin à Bayonne où plusieurs grands lycées restaient bloqués ou partiellement bloqués par les élèves, selon des responsables de la coordination lycéenne. C'est le cas notamment des lycées Louis de Foix, Paul Bert et Cassin à Bayonne et le lycée Cantau à Anglet. Un rassemblement lycéen était annoncé en fin de matinée devant le lycée Cantau. 

Bordeaux
Le prestigieux lycée Montaigne était bloqué lundi matin par des lycéens qui ont été rejoints par des étudiants. seuls les 1.200 élèves de classes préparatoires étaient autorisés à entrer, a constaté une journaliste de l'AFP. Un important dispositif policier a été déployé autour de cet établissement. D'autres établissements du centre-ville ont également été perturbés, comme le lycée Camille-Jullian, les élèves se rendant de lycée en lycée pour tenter de rallier un maximum de personnes à leur cause. 

Sur la rive droite de la Garonne, plusieurs établissements ont également connu des perturbations lundi matin avant que les élèves ne décident de rejoindre la rive gauche pour manifester, provoquant des ralentissements au niveau de la circulation. Les 800 lycéens ont ensuite défilé dans le centre-ville aux cris de "Sarko, t'es foutu, la jeunesse est dans la rue" et "Sarko, ta réforme, elle est pourrie". 

Clermont-Ferrand
Une trentaine de jeunes ont commis des dégradations en marge d'une manifestation lycéenne, a indiqué la police. Des pare-brises, des rétroviseurs ainsi que des cabines téléphoniques ont été cassés dans le centre-ville. La ville était jusqu'ici relativement épargnée par les affrontements entre jeunes et forces de l'ordre.

Lille et Roubaix
La police a procédé à plus de 50 interpellations en marge de manifestations de lycéens qui ont dégénéré en violences, selon la préfecture. Alors que 200 jeunes manifestaient à proximité du lycée Baggio de Lille, certains ont brûlé des voitures, dégradé du mobilier urbain et jeté des  projectiles sur les forces de l'ordre, selon la préfecture. Idem à Roubaix.

Marseille
Entre 300 et 400 lycéens ont manifesté à Marseille, depuis le Vieux-Port jusqu'à l'inspection académique, en passant par la Canebière, au milieu des détritus amoncelés sur les trottoirs en raison de la grève des éboueurs. Aucun incident avec les forces de l'ordre n'a été signalé.

Mulhouse 
La police a dû faire usage de gaz lacrymogènes lundi pour disperser une manifestation d'environ 400 lycéens qui protestaient contre la réforme des retraites, a constaté un correspondant de l'AFP. Le cortège, dont les rangs ont grossi au fur et à mesure qu'il passait devant les différents lycées de la ville, a bloqué par endroits la circulation des trams. Deux voitures ont été dégradées, dont l'une légèrement, ainsi qu'un scooter. 
Par ailleurs, une autre manifestation d'environ 200 lycéens a également été dispersée par la police avec des gaz lacrymogènes à Montbéliard (Doubs). Trois personnes ont été interpellées, selon la police.
Quatre jeunes ont été interpellés suite à des dégradations en marge de manifestations à Thionville et à Forbach, où les lycéens étaient environ 500 à chaque fois.
En revanche, aucun incident particulier n'a été signalé dans les deux plus grandes villes de Lorraine: 1.000 à 1.500 lycéens ont défilé dans les rues de Metz et 400 à Nancy.

Nantes
Une voiture a été brûlée devant un lycée et plusieurs dizaines d'autres ont été endommagées sur le parcours d'une centaine de lycéens.

Nîmes
A Nîmes, ce sont 1.200 jeunes qui ont arpenté le pavé, en groupes divers, selon la préfecture tandis qu'une manifestation de lycéens avait également lieu à Montpellier.

Pau
Les principaux lycées restaient bloqués lundi matin, selon des sources concordantes. C'était notamment le cas du lycées Saint-John-Perse et du lycée Saint Cricq où les élèves avaient établi un barrage filtrant, laissant passer les prépas.Les lycéens, qui ont manifesté dans la matinée dans les rues du centre-ville, devaient se retrouver pour une Assemblé générale à 14h.

Perpignan
Un jeune garçon soupçonné d'avoir caillassé lundi avec d'autres jeunes des véhicules de pompiers à proximité d'un collège de Perpignan a été interpellé, selon une source policière. Une cinquantaine de jeunes gens avaient incendié des conteneurs derrière un collège de Perpignan, situé en ZEP. Lorsque les pompiers sont arrivés sur les lieux, quelques-uns d'entre eux leur ont jeté des pierres.

Rouen
Un millier de lycéens, selon les organisateurs, 500 à 600 selon la police, ont manifesté dans l'après-midi dans le centre de Rouen, jetant des pierres et retournant au moins deux véhicules, selon un correspondant de l'AFP. Les policiers, qui surveillaient la manifestation, n'ont procédé à aucune interpellation.
Lundi matin, 13 lycéens avaient été interpellés à Franqueville-Saint-Pierre, près de Rouen, à la suite de dégradations, selon les gendarmes. Un abribus avait été cassé, deux voitures retournées et des pierres lancées contre des véhicules de gendarmerie.

Toulouse
La situation était également tendue aux abords de certains lycées toulousains lundi matin. Dès 7h30, des dizaines de policiers avaient pris position devant  le lycée Bellevue, dans le sud de Toulouse, en pointe la semaine passée des blocages lycéens, d'après l'AFP. Selon Bernard Dedeban, responsable départemental de la FSU, ils ont assuré l'accès à l'établissement dans une "ambiance tendue" face à de nombreux manifestants.
Un garçon de 16 ans interpellé lors d'une manifestation et qui s'était échappé pendant son transfert jusqu'au palais de justice a été mis en examen et écroué lundi.

A noter que le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire a condamné lundi à des peines de prison ferme trois hommes impliqués dans des heurts avec la police après la manifestation contre la réforme des retraites dans la cité portuaire samedi.

Sur les réseaux sociaux, des élèves faisaient état de blocages de plusieurs  établissements, comme Michelet à Nantes, Estienne-d'Orves à Nice ou Chevrollier  à Angers, Alain-Fournier à Bourges.

Enfin, les étudiants élargissent eux aussi le mouvement. L'université de Caen a voté lundi l'extension du blocage à tout le campus 1 et l'AG des étudiants de Rennes 2 a décidé le blocage jusqu'à vendredi. Une assemblée générale d'étudiants de l'université de Pau et des Pays de l'Adour (UPPA) a également voté lundi pour le blocage. Tous les syndicats nationaux de salariés étaient réunis en début de soirée avec les syndicats étudiant et lycéens (Unef, UNL et Fidl) au siège de la CGT à Montreuil.

le 18 octobre 2010 à 13:00
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97 Commentaires

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  • kilian0611, le 19/10/2010 à 16h03

    Non non vous vous trompez moins de 5% dans la rue c'est pas tout le monde

  • missterre2010, le 19/10/2010 à 09h39

    Donnons leur ce qu'ils veulent, la retraite à 55 ans!!!!!! Avec 15 euros par mois, ils "couleront" des jours heureux !!!!!!

  • hc46, le 19/10/2010 à 09h04

    @bretsinkler:Pourquoi trimer.Moi j'aime mon boulot comme 85% des français

  • hc46, le 19/10/2010 à 09h00

    Le gens ont le droit de faire la grève mais pas de bloquer le pays par des actions de commando.La liberté individuelle s'arrête la ou commence la liberté collective

  • yveslelion, le 19/10/2010 à 03h05

    Parce que vous gagnez autant que votre patron ?...

  • freud1954, le 19/10/2010 à 01h38

    Encore eùt-il fallu que cà commence bien !!

  • freud1954, le 19/10/2010 à 01h37

    C'est gentil de ne penser qu'à soi , surtout à 40ans! quelle immatiurité ! et dans 15ans vous pleurerez en commencant à calculer ce que vous percevrez pour le restant de vos jours ?

  • toutarefaire31, le 18/10/2010 à 22h26

    Je pense que les gens ont compris...

  • mam01, le 18/10/2010 à 22h17

    Ca ne va pas bien se terminer....

  • necronomicon66, le 18/10/2010 à 20h56

    Franchement j'ai 40 ans et la retraite je n'y penses pas encore mdr...

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