Elle n'avait pas vu d'élèves de collège depuis des années. En fait depuis le temps où elle était elle-même collégienne. Alors, quand elle se retrouve devant une classe de 5e avec tous ces yeux qui la dévisagent, la jeune femme a soudainement très chaud, son visage s'empourpre. "Mon dieu, je ne fais pas du tout crédible là ..." C'était le 6 septembre. Maryline*, enseignante-stagiaire de 22 ans, fait sa rentrée dans un collège de banlieue parisienne. La voilà prof d'anglais, jetée dans le grand bain de l'Education sans savoir nager. L'absence de formation est l'une des conséquences de la réforme du recrutement des professeurs voulue par le gouvernement.
Education : ce que veut l'UMP
Le parti présidentiel organisait mardi après-midi une convention sur l'éducation. Il veut "revoir" les "obligations de service" des enseignants via "un nouveau statut" pour intégrer dans leurs missions "l'accompagnement".
Publié le 08/11/2011
Rythmes scolaires : faut-il raccourcir les vacances d'été ?
C'est l'une des mesures préconisées par le comité de pilotage sur les rythmes scolaires, qui rend ce lundi son rapport à Luc Chatel. Autre cible du comité : la semaine de quatre jours dans le primaire, qui serait appelée à disparaître.
Publié le 04/07/2011
Le 27 septembre, ce sera grève dans les écoles
Le principe de la grève était déjà arrêté ; la date est maintenant fixée : Ferc-CGT, FSU, Sgen-CFDT et Unsa Education appellent les personnels de l'Education nationale à cesser le travail le 27 septembre pour protester contre les suppressions de postes.
Publié le 10/06/2011
Chatel veut noter les profs "comme dans le privé"
Le ministre de l'Education a l'intention de chambouler la notation des enseignants, malgré les critiques. Le Figaro évoque "une véritable révolution", qui privilégierait "la promotion au mérite".
Publié le 10/06/2011
Formation des profs : le gouvernement corrige le tir
Face au malaise criant chez les jeunes enseignants, qui peuvent désormais devoir assurer des cours sans jamais avoir été mis en face d'une classe lors de leur formation, le gouvernement prévoit pour la rentrée prochaine des masters en alternance.
Publié le 24/05/2011
Ils renvoient leurs Palmes pour protester contre la politique éducative
Profs, directeur d'école... 47 personnes décorées de cette distinction ont renvoyé leurs Palmes académiques pour dénoncer la politique menée par le gouvernement. Une décision "pas très digne", a réagi le ministre.
Publié le 16/02/2011
Education : une grève moyennement suivie
La première grève de l'année dans l'Éducation nationale a été moyennement suivie jeudi en France, malgré l'inquiétude des professeurs et parents d'élèves face aux 16.000 suppressions de postes.
Publié le 10/02/2011
Journée de grève dans l'Éducation
Des syndicats de l'Éducation nationale appellent à une journée de grève jeudi pour protester contre la politique éducative et budgétaire du gouvernement.
Publié le 10/02/2011
Les proviseurs vont avoir une prime au mérite
Les proviseurs de lycées et les principaux de collèges les plus performants auront bientôt droit à une prime pouvant aller jusqu'à 6.000 euros tous les trois ans, a confirmé mardi le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel.
Publié le 25/01/2011
"Vous humiliez tous les personnels de l'Education nationale"
Une journée d'actions est prévue samedi partout en France contre les 16.000 suppressions de postes prévus à la rentrée dans l'Education, entre autres griefs. Michel Ascher, proviseur retraité en sera, il nous dit pourquoi.
Publié le 22/01/2011
Prof stagiaire : "Formé nou plusse !"
<b> Témoignage - </b> Pas d'expérience, trop d'heures de cours, classes difficiles... Plus de 150 professeurs, stagiaires et titulaires, ont manifesté mercredi à Paris pour demander un surcroît de formation pour les jeunes enseignants qui en sont réduits à "gérer l'urgence".
Publié le 01/12/2010
Comment économiser dans l'Education ? En ayant moins de profs...
Selon des documents diffusés aux rectorats, une douzaine de pistes sont mises à l'étude pour faire des économies. Parmi elles : plus d'élèves par classe, suppression des enseignants spécialisés dans la lutte contre l'échec scolaire...
Publié le 01/06/2010
La colère des profs de l'académie de Créteil
Au lendemain d'une nouvelle agression dans un lycée du Val-de-Marne, la troisième depuis un mois et demi, ils sont appelés à faire grève et à manifester pour réclamer plus de moyens.
Publié le 16/02/2010
Les profs dans la rue : "enseigner, ça s'apprend"
Ce mardi a été décrété journée de mobilisation contre la réforme de la formation des enseignants.
Publié le 15/12/2009
Moi, Julien prof' dans un collège de banlieue
<b> Témoignage - </b> A l'appel de la FSU et du Snes, les professeurs du secondaire se sont mobilisés mercredi pour protester contre leurs conditions de travail.
Publié le 23/05/2007
Pour les profs débutants, l'entrée dans le grand bain est difficile
Les syndicats reprochent à la nouvelle réforme d'envoyer des professeurs stagiaires à temps plein dans les classes, dès leur première année d'exercice.
Publié le 30/08/2010
Education : plus d'élèves, moins de profs...
Les effectifs d'élèves ont augmenté de plus de 53.000 élèves dans le primaire et le secondaire à la rentrée. Ce sera le cas encore en 2011. Certains s'inquiètent du sureffectif que cela peut induire dans les classes, déjà surchargées.
Publié le 11/09/2010
Rentrée des profs : l'angoisse ?
Pour les 850 000 professeurs, la rentrée cette année est sociale et plutôt tendue. Le principal syndicat de professeurs a lancé un appel à la grève dès lundi. TF1 leur donne la parole.
Publié le 05/09/2010
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"Cela peut sembler idiot mais personne ne nous a jamais expliqué que dire, quoi faire le jour de la rentrée. Il n'y pas eu de simulation avec d'autres stagiaires qui auraient joué les élèves... ", déplore Maryline. Un silence et elle ajoute, amère : "En fait, on ne nous a même pas appris à apprendre !" Quand on écoute la jeune prof, jointe durant son congé de la Toussaint -"des vacances passées à préparer des cours et dormir"-, on hésite constamment entre le rire et la pitié. Les situations décrites friseraient le burlesque s'il n'était pas ici question d'Education, de l'avenir des jeunes et de la santé de leurs profs.
"J'avais l'impression d'être une actrice"
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L'enseignement n'est pas une vocation pour Maryline, "malheureusement". A la fin de ses études d'anglais, elle fait ce choix pour ne pas "crever la dalle" comme interprète. On lui demande comment elle imaginait le métier. Elle, du tac au tac : "Mais je n'ai pas eu le temps de me projeter !" Et de décrire l'année de préparation au Capes, le nez plongé dans ses bouquins ; le jour du concours ; l'attente des résultats -bingo-, l'attente pour connaître l'académie d'affectation -Versailles-, l'attente du nom du collège. Elle écope de trois niveaux, alors que la réforme en prévoyait deux par prof-stagiaire. Râpé. Maryline a une classe de 6e, trois de 5e et une de 4e. Total des cours : 16 heures face aux élèves, au lieu de 6 heures pour les débutants de l'an dernier.
"Les premiers cours ne sont pas les plus difficiles, explique la jeune femme. On fait connaissance, on présente le programme, on essaye de faire semblant de savoir où l'on va..." En baissant la voix, elle confie "honteuse" avoir eu l'impression "d'être une actrice". Elle réussit à "faire illusion" une semaine, en meublant son cours de deux-trois mots in english ici et là . "Cette première semaine terminée, je me suis dit qu'il allait bien falloir s'y mettre vraiment".
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"Le gouvernement nous bazarde"
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S'y mettre ? Acheter les manuels, préparer les cours. "J'ai dispatché tous les bouquins sur le canapé de mon studio me demandant "par où je commence". J'en avais aucune idée, je n'avais jamais préparé de cours !" Ce vendredi 10 septembre au soir, Maryline a une sacrée envie de pleurer. D'ailleurs, c'est ce qu'elle fait en appelant sa mère. "Attendez, je précise que je ne suis pas du genre à faire ma Cosette, reprend-elle. Je suis quelqu'un de dynamique et j'ai fait hypokhâgne, alors le boulot et les emplois du temps surchargés, je suis habituée". La jeune femme fustige le gouvernement et sa réforme : "on est bazardé comme ça après avoir passé un concours difficile. On ne nous donne pas les bons outils, on souffre d'être autant méprisé après s'être investi autant...". "Je n'ai pas beaucoup d'expérience, poursuit Maryline mais pour moi, gérer une classe ça veut juste dire que vos cours sont béton et que donc vous arrivez à intéresser vos élèves. Mais là , même mes propres cours ne m'intéressent pas, alors les élèves, vous pensez !"
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Dans son malheur, la jeune femme a la chance d'avoir une tutrice. Ce système de tutorat remplace la formation pédagogique à l'IUFM. Elle est prof d'anglais, comme elle, et dans le même établissement. Ce n'est pas toujours le cas. "Un jour, plusieurs semaines après la rentrée, elle est venue assister à l'un de mes cours, raconte Maryline. Après une heure de cours, elle avait noté 4 pages recto-verso de critiques !"
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Mais aujourd'hui, ça va mieux, non ? "Non !, se lamente Maryline. Je ne pensais pas qu'on devenait prof sans formation". Depuis la rentrée, la jeune femme a été arrêtée en moyenne une fois par semaine. Grosse migraineuse depuis longtemps, elle fait plus de crises qu'avant. Elle s'est également mise aux somnifères. Etrangement après le tableau dépeint, elle ne songe pas une seconde à démissionner. Motivation première : les élèves, "ils sont quand même vachement attachants même si parfois difficiles". Elle raconte avec un plaisir évident cet élève venu la voir le deuxième cours. "Il m'a dit qu'il n'aimait pas l'anglais avant moi !" Et cet autre ado de 12 ans qui lui avait fait un dessin. "Ça fait du bien", soupire-t-elle. Elle rigole : "Cela dit, c'était au début quand je faisais encore illusion ! Depuis, je n'ai pas eu de témoignages positifs !"
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* Parce qu'elle ne veut pas mettre en péril ses chances d'être titularisée en juin prochain, la jeune prof a souhaité rester anonyme
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Education : ce que veut l'UMP
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