"Je suis heureuse d'ouvrir ces Etats généraux, avec espoir et confiance", a lancé jeudi matin Rama Yade dans les locaux de l'Insep, dans le Bois de Vincennes, en pronostiquant : "Il ne s'agit pas d'un aboutissement, mais d'un commencement". L'idée avait été lancée par Nicolas Sarkozy au lendemain de la débâcle des Bleus en Afrique du Sud : des Etats généraux du football français, avec une remise à plat et une refonte de la gouvernance dans un milieu traversé par de profondes fractures - comme, par exemple, entre le football amateur et le football professionnel. Chose promise, chose due : voici les Etats généraux annoncés.
Mais le soufflé est retombé depuis que le chef de l'Etat réclamait des "réponses structurelles à des questions qui se posent depuis bien longtemps". Et les bonnes résolutions du mois de juin ont laissé la place à un certain scepticisme. Le terme même "d'Etats généraux" apparaît aujourd'hui comme un cadeau empoisonné, le président par intérim de la FFF Fernand Duchaussoy préférant employer les mots "séminaire" et "étape" avant une refonte des statuts lors de l'Assemblée Générale du 18 décembre. "On l'appelle comme on veut. Quand on dit Etats généraux, on a l'impression qu'il va y avoir la révolution derrière, mais on n'est plus dans cette logique", a-t-il expliqué mardi.
"Un épisode fâcheux"
L'équipe de France a basculé dans une nouvelle ère après l'arrivée aux commandes de Laurent Blanc et renoué avec le succès, rendant moins urgente la refondation totale des instances réclamée par le monde professionnel. Michel Platini se montre donc circonspect. "La Fédération marchait bien et puis, d'un coup, pour un épisode fâcheux et des résultats médiocres, il faudrait tout changer, revoir le mode de fonctionnement de la FFF", a écrit le président de l'UEFA dans le Livre Blanc publié par L'Equipe samedi. "Je ne vois pas davantage le rapport entre des joueurs qui ne descendent pas d'un bus et le football amateur et je ne sais pas s'il faut faire des Etats généraux pour ça. Je ne me sens pas concerné par tout ça."
Des trois ateliers programmés au cours des deux journées organisées à l'Insep ("modernisation des structures du football", "compétitivité économique, financement et solidarité du football français", "rôle social et citoyen du football"), c'est donc celui sur la gouvernance et les "structures" qui sera particulièrement suivi et qui doit déboucher sur une réforme de la FFF. L'idée avancée par le président de la Ligue de football professionnel Frédéric Thiriez (création d'un directoire et d'un conseil de surveillance, une élection plus "démocratique" et plus directe d'un président jugé sur la base d'un programme) a fait son chemin et devrait être au coeur des débats. "On va s'orienter vers un exécutif plus resserré et responsable, on est tous d'accord sur ce type de fonctionnement", a indiqué Fernand Duchaussoy. Il faudra aussi trouver un compromis au sujet d'une nouvelle répartition des forces dans les instances fédérales, les pros espérant passer de 25 à près de 40% des sièges.
Reste à trouver un accord avec le monde amateur. Au-delà des Etats généraux, c'est bien la réunion des présidents de ligues et de districts, le 12 novembre, qui sera décisive, celle-ci devant faire une synthèse et la soumettre ("au moins les grandes lignes" selon Fernand Duchaussoy) à l'AG du 18 décembre.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




