Trêve hivernale : quatre mois de répit pour les plus fragiles

Par TF1 News, le 30 octobre 2010 à 12h23 , mis à jour le 30 octobre 2010 à 23h19

Depuis samedi soir, les expulsions locatives sont temporairement interdites. Une trêve trop courte pour les locataires démunis, alors que la crise du logement s'aggrave, et que la tendance générale est à la hausse des expulsions.

La trêve hivernale des expulsions a débuté samedi soir. Officiellement, elle court du 1er novembre au 15 mars ; mais les expulsions n'ont pas lieu les jours chômés (comme le dimanche) et fériés, ni entre 21 heures et 6 heures du matin: au lieu de débuter lundi 1er au matin, elle commence donc plus tôt cette année. Quatre mois et demi de répit pour des milliers de personnes, dans un contexte de crise du logement et d'une application difficile du droit au logement opposable.

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Si les expulsions sont "toujours un drame humain", souligne le secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu, le gouvernement refuse tout moratoire ou plafonnement des loyers. "Ce serait envoyer un mauvais signal aux propriétaires et on arriverait à l'effet inverse de celui escompté, surtout dans un marché tendu" comme l'Ile-de-France. Il préfère mettre en avant les mesures de prévention déployées comme le numéro vert SOS impayés (11.287 appels depuis sa mise en service fin février) ou la "mise en place dans tous les départements" des commissions de prévention des expulsions et l'effort pour "réorienter la construction de logements" là où il en a besoin. "C'est financé, maintenant, il faut les produire et ça prend 3 à 5 ans", plaide-t-il. Ancien ministre socialiste du Logement (1989-91, puis 1997-2001), Louis Besson croit, lui, "qu'un jour il faudra que le droit au logement soit aussi constitutionnel que la propriété". Il n'est pour le moment qu'un "objectif à valeur constitutionnelle et ce depuis 1995.

Une augmentation continue des contentieux locatifs

En attendant, "comme chaque année, il y a une accélération nette des expulsions juste avant la trêve, on voit ça dans nos permanences d'accueil", déplore Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation Abbé-Pierre. Les chiffres 2009 du ministère de la Justice traduisent une augmentation continue des contentieux locatifs, une tendance de fond de la dernière décennie. 139.598 contentieux ont été déposés devant les tribunaux (+3,9% par rapport à 2008), 106.938 décisions d'expulsion prononcées (+1,5%). "Ce n'est pas une surprise compte tenu de la cherté du logement" qui pousse des locataires à l'impayé de loyer, estime Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du Dal. En revanche, si le nombre de demandes d'intervention de la police a augmenté, les réponses positives sont en baisse (23.885, -7%), de même que les interventions effectives (10.597, -6,5%), selon les données de l'Intérieur.

La Fondation Abbé-Pierre veut y voir une évolution "positive" bien que de "faibles résultats" de la circulaire du Premier ministre François Fillon de février 2008: elle demandait aux préfets de ne pas procéder à des expulsions sans examen personnalisé du cas ni recherche d'une solution alternative. "En 2009, on n'a pas d'explosion, si elle doit avoir lieu, ce sera en 2010, après la fin des mesures palliatives à la crise de 2008", pronostique sombrement Patrick Doutreligne. La permanence téléphonique de la Fondation Abbé-Pierre (0810 001 505) montre "une très forte montée des gens qui ont passé la première bascule, le chômage, et d'autres qui ont passé la seconde, la fin des droits d'assurance chômage".

Pour Jean-Baptiste Eyraud, le comble est de trouver "parmi les gens expulsés beaucoup de familles reconnues prioritaires Dalo que l'Etat auraient dû reloger". Pour ceux qui seront passés entre les mailles, "la trêve va leur permettre de souffler", ajoute-t-il. L'heure est à la débrouille pour les autres, comme les 33 jeunes précaires du collectif Jeudi Noir évacués le 23 octobre de l'hôtel particulier inoccupé depuis 1966 qu'ils squattaient depuis un an, Place de Vosges à Paris.

Par TF1 News le 30 octobre 2010 à 12:23
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7 Commentaires

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  • anne342, le 04/11/2010 à 07h54

    Il me semble qu'il existe une allocation appelée APL pour les gens qui ont des difficultés - est-elle systématiquement versée au bailleur ??? Merci de publier

  • angesurterre, le 02/11/2010 à 03h34

    Tout à fait d'accord avec steff69a. Il y a des gens qui ont investi leur vie pour pouvoir avoir un bien immobilier, et celui-ci se retrouve squatté et dégradé par des gens qui prétendent être pauvre mais qui possèdent les dernières WII, Playstations, et smartphones... Lamentable!

  • linsurprenable, le 31/10/2010 à 20h15

    A Mr Le Propriétaire steff69a, savez-vous que je suis SDF et que j'ai développé des prototypes de télécommunication mais également industriels ou bancaires que vous ne construirez jamais et dont vous vous servez tous les jours parce que vous pouvez payer les services ou les produits manufacturés ou bancaires. Le riche c'est souvent celui qui peut se permettre de consommer. Le pauvre parfois cherche et construit parce qu'il croit peut-être en un autre Dieu que le fric!

  • alain-paris, le 31/10/2010 à 00h43

    Bienveneu à bord du Titanic. Chacun pour soi et Dieu (ou Allah, Yave, Boudha....) pour tous

  • elealouest, le 30/10/2010 à 20h58

    Bien dit, ericonsonne, ceux qui ont toujours plus sont souvent ceux qui se plaignent le plus, triste...

  • ericonsonne, le 30/10/2010 à 19h58

    Vous êtes peut être en bonne santé. Vous avez peut être toujours votre travail. Vous avez peut être toujours votre famille pour vous épauler. Vous êtes peut être (ect...)... d'autres n'ont plus rien. La rue n'est certainement pas une solution.

  • steff69a, le 30/10/2010 à 13h59

    Cette trêve n'est pas très normale, il y a des propriétaires qui attendent leurs loyers... le social toujours les même qui paient

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