"C'est eux qui nous cherchent". Un des collégiens de Seine-Saint-Denis renvoyés la semaine dernière de l'Etablissement de réinsertion scolaire (ERS) de Craon (Mayenne) pour des violences, a affirmé mardi sur Europe 1 avoir été provoqué par des élèves locaux. "Ils nous faisaient des doigts d'honneur. Dès qu'on allait en récréation, ils nous disaient 'Sale racaille'. Nous on est des gens de la Bretagne, vous venez dans notre collège. Retournez dans le 9-3. Ici on n'est pas dans le 9-3, sinon on vous corrige'", a raconté cet adolescent de 14 ans, qui vit à Pierrefitte-sur-Seine.
"C'est nous qu'on les a corrigés. On leur a mis juste des petites claques, juste pour leur montrer comment on est. Et après ils sont revenus nous provoquer. C'est inadmissible", a poursuivi l'élève qui juge "pas juste" la décision de renvoi, prise au lendemain de l'ouverture de l'ERS. "Je voulais juste rester là-bas. Je voulais gagner mon avenir, je voulais travailler, rattraper toutes les erreurs que j'ai faites. C'était ma dernière chance, je leur en veux", a conclu l'adolescent.
"Il est normal qu'il y ait un temps d'adaptation"
Le 9 novembre, des élèves avaient été molestés par des pensionnaires de cette structure ouverte la veille au sein même du collège Volney, et qu'ils n'étaient pas censés croiser. Cinq des 14 jeunes accueillis dans cet ERS, originaires de Seine-Saint-Denis, avaient été renvoyés dans leur département immédiatement après ces débordements. L'autre ERS accueillant des jeunes de Seine-Saint-Denis en dehors du département, celui de Portbail (Manche) a également connu des incidents et ses huit pensionnaires ont été renvoyés dans leur département. Les ERS sont des internats regroupant pendant un an quelques élèves âgés de 13 à 16 ans ayant fait l'objet de multiples exclusions.
Face à ces deux incidents, le gouvernement a promis lundi de renforcer les moyens "là où c'est nécessaire". Le ministre de l'Education Luc Chatel, qui a demandé un point quotidien à ses services, a ajouté que "les difficultés" des derniers jours ne remettaient cependant pas en cause le projet "ambitieux et nécessaire" que constituent les ERS. "Il est normal qu'un projet tellement ambitieux ne soit pas facile à installer (...), il est normal qu'il y ait un temps d'adaptation", a affirmé de son côté l'inspecteur d'académie du 93, Pascal Auverlot. Mardi, les parents des élèves du collège Volney de Craon ont prolongé l'opération "collège vide".
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