Les chômeurs, mais aussi des salariés dans la spirale de la pauvreté

le 09 novembre 2010 à 07h01 , mis à jour le 09 novembre 2010 à 08h50

Selon le rapport annuel du Secours catholique, le nombre de "situations de pauvreté" parmi les ménages rencontrés a progressé de 2,1% en 2009.

Chômeurs, étrangers sans ressources, mais aussi salariés: près d'1,5 million de personnes ont eu recours à l'aide du Secours  catholique en 2009, un nombre en recrudescence dans le sillage de la crise  économique. Le rapport annuel de l'association publié mardi relève cette année un point commun à toutes ces personnes: l'extrême faiblesse de leurs ressources, insuffisantes pour faire face aux dépenses courantes, encore plus aux dépenses imprévues. "Toutes ces personnes en difficultés ne sont pas de mauvaises gestionnaires", souligne Pierre Levené, secrétaire général du Secours catholique: c'est "l'insuffisance de leurs ressources, absolument criante", qui est en cause. "On est proche du scandale de laisser autant de gens avec si peu", dénonce-t-il.

Plus d'infos

En 2009, pour la deuxième année consécutive, le nombre de personnes accueillies par les 63.000 bénévoles du Secours catholique a progressé, pour atteindre 1,48 million, soit 80.000 personnes de plus qu'en 2008. Le nombre de "situations de pauvreté" parmi les ménages rencontrés a  progressé de 2,1%, à 637.200, en particulier dans les rangs des familles avec enfants, des moins de 40 ans et des personnes "inclues" dans la société, Français ou étrangers en règle.
 
Dans le rouge à la fin du mois
 
Cette progression s'explique par une augmentation du nombre d'étrangers, avec ou sans papiers, mais aussi, pour les Français actifs, par les effets de la  crise économique: chômage et baisse du pouvoir d'achat. Le nombre d'actifs employés ou en recherche d'emploi (62% du public, +2,5  points) "représente l'essentiel de la hausse", note le rapport. "Le travail pauvre ne recule pas malgré la mise en place du revenu de solidarité active (RSA) en 2009", précise-t-il. Chez les demandeurs d'emploi, l'ONG rencontre "un plus grand nombre de  personnes pour qui aucune perspective d'amélioration de l'emploi ne se dessine  alors que la mise en place du RSA devait rendre l'emploi plus attractif".  Parallèlement, "même si les prix se sont stabilisés en 2009, l'augmentation  des revenus n'a pas compensé les hausses de prix intervenues précédemment".
 
En décortiquant les budgets de 1.163 ménages vivant non pas dans la grande exclusion mais dans une "pauvreté ordinaire", le Secours catholique évalue le revenu mensuel médian à 759 euros hors aides au logement. Les dépenses incompressibles -loyers, énergie, eau, mutuelles et assurances, impôts, transports, scolarité- représentent 515 euros, soit 68% du budget, les  dépenses de la vie courante (alimentation et habillement) 265 euros. A la fin du mois les comptes sont déjà dans le rouge (-21 euros). Il reste encore à financer, souvent par le crédit, les dépenses imprévues (pannes, problème de santé) et les dépenses "souples" (entretien du logement, du véhicule, loisirs), que l'on peut retarder. Le solde plonge alors à -141 euros.
 
"Beaucoup de ces ménages sont dans des situations de surendettement. Ensuite c'est l'accumulation et un cercle vicieux duquel ils ne peuvent jamais sortir complètement", explique Pierre Levené. Une situation particulièrement complexe en milieu rural, "où l'absence de transports publics complique encore la tâche des actifs", souligne-t-il. A partir de ce constat le Secours catholique dresse une liste de propositions: "créer un environnement plus porteur" pour les actifs avec davantage de places en crèche et de transports en milieu rural, mais aussi relever les minima sociaux et revaloriser les aides publiques au logement, favoriser les contrats à temps plein et la formation.

le 09 novembre 2010 à 07:01
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

68 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • frozengod, le 18/11/2010 à 16h54

    J'espere que tous les gens qui critquent les aides, la cmu , les alloc, les chomeurs les rmistes...seront un jour dans le besoin, juste pour leur montrer comme la vie est facile sans toutes ses aides...

  • frozengod, le 18/11/2010 à 16h53

    La vie est dure? mais est ce une fatalité? est elle dure pour tout le monde???

  • magicube222, le 11/11/2010 à 23h24

    @bret001. J'aimerais vous poser un cas d'école. J'ai 49 ans et je viens d'être déclaré inapte ( à mon corps défendant) à mon poste de travail par le médecin du travail. La SS m'accorde très généreusement une pension d'invalidité de 339?/mois pour vivre (cat 1) . J'ai le droit d'aller travailler mais avec les restrictions suivantes : Pas de travail en atelier, pas de manutention ni port de charges, pas de travail posté, je ne dois pas travailler seul, et le tout sur un mi-temps maximum. Alors vous tous les donneurs de leçons et les conseilleurs du genre corinne 06 si vous avez une adresse, je suis preneur!

  • stephncy, le 10/11/2010 à 14h22

    Pour moicontribuable : belle analyse, tellement vraie!

  • davidlondres0, le 10/11/2010 à 13h34

    Loyers excessifs .... tout est relatif, et en terme de rix d'achat. J'ai 2 appartements que je loue. Avec la crise (qui m'a amene a diminuer le loyer) le loyer represente en gros 60% de mes remboursements d'emprunt. En plus de ca, j'ai bien entendu des charges (agence, foncier, et le fait qu'ils peuvent se retrouver vides). Alors non: excessif, certainement pas. Car meme si je capitalise, j'en rajoute quand meme pas mal tous les mois (en gros: une moitie de loyer pour chaque).

  • davidlondres0, le 10/11/2010 à 13h16

    Immobilier plus cher ... mais le reste? l'alimentaire est bcp moins cher en proportion (au debut du siecle, une famille consacrait la majorite du revenu a s'alimenter...) Et meme en allant pas si loin: combien de temps faillait t'il travailler pour 1h de telephone? Et puis, compare au debut du siecle, ou meme il y a 30 ans: le panel des depenses (loisirs etc..) s'est aussi agrandi (mais la satisfaction qui va avec aussi!)

  • davidlondres0, le 10/11/2010 à 12h59

    A l'epoque du sac a de bonbons a 1f, le smic ne'tait pas a 1000 euros par mois. Tout est relatif. Les loyers etaient aussi moins chers, mais c'est en proportion du revenu qu'il faut penser. Sans compter que d'autres depenses sont moindres: le prix relatif d'un vehicule par exemple.

  • sisi4314, le 10/11/2010 à 09h31

    Tout à fait d'accord -nous avons perdu le sens commun depuis longtemps -

  • moicontribuable, le 10/11/2010 à 09h29

    Rapellez vous que ceux qui ont le bouclier fiscal, eux paient au moins 50% d'impos sur le fruit de leur travail. le jour ou vous contribuerez de meme on vous en reparlera. A moins que vous ne fassiez rien pour un jour payer des impos et que vous preferez tout attendre des autres et ensuite accuser les autres de vos malheurs.

  • moicontribuable, le 10/11/2010 à 09h26

    Loyers: hausses des impos sur le patrimoine repercute. Energie: taxe pour payer l'acces social a l'energie. Mutuelles: hausses des impos pour financer la CMU et la Secu. Impos: hausse en vue de financer les services sociaux. Transport: hausse pour financer la carte de transport gratuite aux personnes beneficiant des aides sociales. Scolarite: Hausse pour payer la scolarite de tous ceux qui ne paient pas d'impos ny de droit d'incription. En conclusion, tout ce que l'on paie sert a une petite partie de la population qui se dit ensuite malheureuse et crache sur ceux qui paient les impos qui les financent.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience