Nouvelles violences dans un établissement de réinsertion scolaire

Par , le 15 novembre 2010 à 17h55 , mis à jour le 15 novembre 2010 à 18h02

Après Craon, en Mayenne, c'est à Portbail, dans la Manche, que 8 élèves d'un établissement de réinsertion scolaire (ERS) ont été renvoyés suite à des violences. Luc Chatel promet que les moyens et l'encadrement vont être adaptés.

eleve ecole lycée cour © INTERNE

L'expérience n'aura duré que 10 jours. Arrivés mardi dernier à Portbail, dans la Manche, les huit élèves  de 13 à 15 ans inaugurant l'établissement de réinsertion scolaire (ERS) ont tous été renvoyés chez eux, en Seine-Saint-Denis. Au bout de deux jours, deux avaient été renvoyés après avoir notamment cassé les vitres du véhicule d'un éducateur. Samedi, les six autres étaient également renvoyés après une altercation accompagnée d'insultes à l'encontre d'un garçon de café de la station balnéaire qui avait refusé de leur vendre des cigarettes.

Les jeunes, qui étaient hébergés dans un établissement autonome face à la mer appartenant à l'académie de Seine-Saint-Denis, ont été ramenés à Bobigny, selon guy Cholot, le maire de la ville, qui continue à soutenir "le projet sur le fond", à condition qu'il bénéficie "d'un encadrement beaucoup plus soutenu". "Les jeunes en réinsertion étaient encadrés par d'autres jeunes issus du service civique sans formation particulière", a regretté Guy Cholot. "On a vraiment fait tout ce qu'il fallait. On s'intéresse à ces jeunes désocialisés, on a mis des associations à disposition. C'est maintenant à l'académie de Seine-Saint-Denis de donner les moyens", a-t-il ajouté, refusant  un projet qui viendrait troubler la tranquillité de ses concitoyens. Portbail, située à une quarantaine de km de Cherbourg, compte 1.800 habitants  l'hiver et entre 8.000 et 12.000 pendant la saison estivale.
  
Déjà la semaine dernière, à Craon, en Mayenne, des enseignants ont fait valoir leur droit de retrait après que des collégiens ont été molestés par cinq élèves arrivés la  veille dans un ERS installé dans l'enceinte de l'établissement. Ces derniers, en raison de l'incident, ont été renvoyés chez eux, également en Seine-Saint-Denis. Ils seront reçus, avec leurs parents, cette semaine à l'inspection d'académie "pour envisager la suite de leur trajectoire scolaire". Les neuf autres collégiens faisant partie de l'ERS de Craon ont repris la classe lundi après-midi. Du côté du collège, les cours ont également repris, mais entre 50 et 75% des élèves sont restés chez eux après les violences, selon l'inspection académique et les syndicats. Ces derniers demandent un renfort des moyens et estiment n'avoir toujours pas été entendus.
 
"Ne pas tirer un trait sur ce projet ambitieux"
 
Suite à ces deux ratés successifs, le ministre de l'Education nationale a réagi lundi en convoquant dès lundi matin les responsables des ERS au ministère. "Les moyens et l'encadrement des établissements de réinsertion scolaire (ERS) seront adaptés, si nécessaire, aux problèmes rencontrés dans ces établissements", a affirmé Luc Chatel, fraîchement reconduit dans ses fonctions. "Il faut que les choses s'organisent (...) Nous l'avons fait à Craon, la semaine dernière, en Mayenne", a-t-il déclaré. Le ministre a demandé "à avoir un point tous les jours sur les retours de ce qui se passe dans les établissements de réinsertion scolaire". "Nous nous adapterons à la réalité, mais je crois qu'il ne faut surtout pas tirer un trait sur ce projet qui est ambitieux (...) Ne jetons pas ce formidable projet par rapport aux difficultés qu'on connaît depuis quelques jours", a encore dit le ministre.

"Il est normal qu'un projet tellement ambitieux ne soit pas facile à  installer, (...) il est normal qu'il y ait un temps d'adaptation", a pour sa part estimé l'inspecteur d'Académie de Seine-Saint-Denis Daniel Auverlot. "Même si ce ne sont pas des anges, ils ont droit à ce qu'on les aide, (...)  droit autant que les autres à l'accès à la qualification même si ça demande plus  d'efforts", a ajouté l'inspecteur, jugeant que l'éloignement de leur milieu était "une condition de réussite".  "On savait que fatalement, certains ne s'adapteraient pas", a noté M. Auverlot.

Par Alexandra Guillet le 15 novembre 2010 à 17:55
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40 Commentaires

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  • dens13-26, le 17/11/2010 à 09h11

    D'accord l'éducation nationale n'est pas une crèche, les élèves difficiles devraient être dirigés vers une structure differente.

  • resyl77, le 16/11/2010 à 18h03

    Un bataillon disciplinaire, voila ce qu'il leur faut ! là ca ne plaisante pas !

  • smirou64, le 16/11/2010 à 17h38

    Tout a fait d'accord avec vous, ils ont méme pas peur de leur parent comment vous les vous qu'il obéissent ou qu'il réspéctent autrui.

  • mengoualdy26, le 16/11/2010 à 11h38

    Faut les payer aussi, surveillant dans un lycée, 20 ans de boulot, 1250? par mois.....

  • mengoualdy26, le 16/11/2010 à 10h59

    Et cela ne fait que commercer, je suis partis de l'éducation national parce que c'est foutu..!!!!

  • auero, le 16/11/2010 à 10h53

    Faites ce que voulez pour les jeunes de banlieues ça ne changera rien tant qu'il n'y aura pas des encadrants à poigne et non de jeunes educateurs ou assistants sociaux un peu febriles

  • kosotto1, le 16/11/2010 à 10h53

    Ségolène Royal voulait le faire, Mr Morin l' a envoyée promener

  • cathyrurale, le 16/11/2010 à 09h50

    Comme quoi, cela montre bien que la violence de ces jeunes ne vient pas de leur environnement puisque même en les envoyant en centre de vacances, ils cassent tout. Allez, envoyer les à l'armée, chez les durs, les vrais, et ont verra si ils font encore les malins.

  • albert75014, le 16/11/2010 à 09h17

    Tant que les gamins de nos politiciens seront parqués dans les belles écoles parisiennes, on aura le droit à cet angélisme pathétique. Qu'on se le dise, la plupart des hauts fonctionnaires de France sont totalement englués dans la guimauve de leurs beaux quartiers.

  • diktatur, le 16/11/2010 à 09h10

    Sans nouvelles mesures pour durcir la discipline dans les établissements,bientôt ce seront les jeunes qui feront la loi!

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