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Emploi enseignant : après la grogne du public, celle du privé
Fermetures d'écoles, appauvrissement de l'offre de formation : après le secteur public, l'enseignement catholique, pourtant peu enclin à la contestation, dénonce une situation jugée "intenable" pour ses 2 millions d'élèves, provoquée par 1.500 suppressions de postes à la rentrée.
Publié le 19/04/2011
Voilà donc le budget 2011 définitivement validé : le Conseil constitutionnel a rejeté les recours du PS contre les deux grands textes budgétaires récemment adoptés par le Parlement, ce dont le gouvernement s'est félicité, soulignant que cela permettait l'entrée en vigueur d'un budget d'économies "responsable". Si les Sages ont, comme ils le font désormais régulièrement, censuré des "cavaliers", des mesures introduites dans ces textes mais qui n'y avaient pas leur place (six articles ont été censurés, comme par exemple celui relatif à la transmission d'informations entre services ministériels, ou cet autre concernant les commissions interbancaires pour le paiement par carte), le Conseil constitutionnel a écarté tous les griefs soulevés par les parlementaires socialistes, sur la question du "rabot" des niches fiscales, le prélèvement sur le potentiel financier des offices d'HLM, l'AME ou encore le financement de l'école privée. Sur ce sujet, les députés PS contestaient le transfert de 4 millions d'euros au profit de l'enseignement privé dans le volet dépenses. Or, a-t-il été jugé, "il n'appartient pas au Conseil constitutionnel (...) d'apprécier le montant des autorisations d'engagement et des crédits de paiement votés".
La question est pourtant épineuse alors que le budget 2011 de l'Education s'annonce plus serré que jamais. Cette rallonge budgétaire pour l'enseignement privé, prise à l'enseignement public, avait notamment été dénoncée par l'Unsa-Education. "Ces quatre millions sont retirés de crédits réservés à la rémunération des personnels administratifs et au fonctionnement des services de l'enseignement public", protestait l'Unsa-Education. "La rigueur ne s'applique qu'au service public d'éducation qui voit ses moyens réduit de presque 14.000 postes", sur 16.000 supprimés au total à la rentrée prochaine.
La carte des coupes claires
Les académies de Lille, Nancy-Metz et La Martinique sont parmi les académies qui seront les plus frappées. Dans l'enseignement public, seront supprimés 8967 postes d'enseignants en primaire, dont 5600 au titre d'une "résorption" d'un actuel "surnombre" d'enseignants (le ministère ayant mal anticipé le nombre de départs à la retraite), 4800 postes d'enseignants en collèges et lycées et 600 postes au sein des personnels administratifs. L'académies de Lille verra disparaître à elle seule 336 postes sur 20.938 emplois ; celle de Nancy-Metz, 298 sur 12.243. Le ministère de l'Education nationale se justifie en avançant qu'une baisse des effectifs écoliers est attendue dans ces deux académies. Côté collèges et lycées, les suppressions de postes affecteront, en proportion, surtout la Martinique (-3,9% par rapport à 2010) et l'académie de Nancy-Metz (-3,4 %), deux endroits où des baisses démographiques sont attendues, mais aussi, dans une moindre mesure, celles de Lille (-1,8 %) et de Créteil (- 1,5 %), alors que là sont attendues des hausses du nombre d'élèves.
Un collectif représentant 25 organisations de l'éducation, dont les principaux syndicats enseignants, lycéens et étudiants, a s'ores et déjà appelé à une "journée de mobilisation" (manifestations, rassemblements, débats) dans toute la France le samedi 22 janvier pour protester contre ces suppressions de postes de la rentrée 2011. Il dénonce la volonté forcenée d'économiser sur l'éducation, alors que "les effectifs d'élèves vont continuer d'augmenter" et que "la part du PIB français destinée aux enseignements primaires et secondaires a diminué dans la période récente en passant de 4,5% en 1995 à 3,9% en 2006". Le collectif invite à "refuser les fermetures de classes (...), les suppressions de places en maternelle, la baisse des dotations des collèges et lycées, les réductions de postes et d'options, les hausses d'effectifs dans les classes", entre autres.
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