Contrôle de sécurité avant l'embarquement dans un aéroport © TF1/LCIC'est un reportage dont le moins que l'on puisse dire est qu'il fait sensation. Diffusé jeudi soir dans l'émission Envoyé spécial sur France 2, il vise à dénoncer la "sécurité au rabais" des aéroports français. Pour les besoins de leur enquête, des journalistes ont déjoué les systèmes de surveillance des aéroports de Marseille et Roissy en voyageant en cabine avec un pistolet placé dans des bagages à main. L'objectif : tester les failles des sociétés privées qui assurent la sécurité, notamment les fouilles aux portiques de sécurité.
Des journalistes prennent l'avion avec un pistolet
<b> Interview -</b> Afin d'illustrer les failles de la sécurité dans les aéroports français, deux reporters ont voyagé avec un pistolet. Un spécialiste de la sûreté aérienne nous explique comment cela a pu être possible.
Publié le 05/01/2011
L'expérience fait largement réagir au sein des personnels concernés. Ils sont nombreux : la sûreté aéroportuaire emploie 10.500 agents. Premier à monter au créneau : le syndicat des entreprises de sûreté aéroportuaire (SESA). Dénonçant "la recherche du sensationnel" après la diffusion du reportage, il a rappelé dans un communiqué qu'il avait accepté et facilité la venue d'une équipe de France 2 à l'aéroport de Roissy après avoir été sollicité par des journalistes de l'émission Envoyé spécial en octobre 2010. Face à la polémique, le syndicat a aussi tenu à revenir sur quelques règles de son métier. "Préalablement à l'embauche chaque agent de sûreté doit être titulaire d'une carte professionnelle délivrée par la préfecture après enquête", "l'agent doit disposer d'un double agrément délivré conjointement par le ministère de l'Intérieur et le ministère de la Justice", les "centres de formation sont agréés par l'Aviation civile", est-il précisé.
"Nous n'avons pas les moyens pour faire notre travail"
"Contrairement à une idée reçue, la profession est loin d'être précaire puisqu'elle emploie 93% de ses personnels en CDI", selon le SESA. "Notre profession n'est malheureusement pas reconnue et n'a pas toujours les considérations qu'elle est en droit d'attendre, comme le montre le titre même du reportage 'la sécurité au rabais' et l'angle retenu qui est la recherche du sensationnel, bien loin de l'objectif annoncé par le reporter", déplore le communiqué.
Les syndicats représentant les agents de sécurité de l'aéroport Marseille Provence ont, pour leur part, défendu la qualité de leur travail et réclamé des moyens supplémentaires. "Cette émission nous fait passer pour du personnel qui ne prend pas au sérieux sa mission, alors que c'est faux. Le problème est que nous n'avons pas les moyens pour faire notre travail dans des conditions normales", a déclaré l'intersyndicale CGT-CFTC-FO-CFDT dans un communiqué. "Les autorités doivent nous donner les moyens de travailler et surtout embaucher du personnel. Beaucoup d'autres armes et explosifs ont été découverts sur notre aéroport. La sûreté ne pourra jamais être à 100%", ont ajouté les syndicats. A Marseille, les quelque 300 agents de la société Astriam avaient fait grève en décembre en dénonçant des effectifs insuffisants pour fouiller bagages et passagers au niveau des portiques de sécurité.
Pour la Fédération CGT-Services, le reportage "met en évidence la propension de l'Etat à confier à des entreprises privées nombre de fonctions régaliennes", mais il "montre fort peu que les premières victimes de cette situation sont les salariés de ces entreprises qui subissent des conditions de travail très dures pour des rémunérations peu attractives". La fédération FO-transports fait un constat similaire : le transfert de la sécurité aéroportuaire "dans le champ concurrentiel, dans un contexte de croissance exponentielle, a eu pour effet la recherche constante du moindre coût au détriment de la qualité de la prestation fournie", selon le syndicat. Il déplore que "les employeurs et les donneurs d'ordre considèrent le coût de la main d'oeuvre comme variable d'ajustement". Pour FO, "l'amélioration de la sûreté de l'embarquement ne pourra se faire sans revalorisations salariales fortes, sans l'amélioration des conditions de travail et sans reconnaissance du statut des agents de sûreté".
Retour MYTF1
Des journalistes prennent l'avion avec un pistolet
Chargement en cours...




