Capture écran du site "Evaluator", qui a mis en ligne cahier d'évaluation des élèves de CM2 © TF1/LCIDepuis qu'elles ont été lancées en 2009, jamais les évaluations des écoliers de CM2 n'ont réussi à conquérir leur légitimité auprès des parents d'élèves. Elles restent fortement critiquées en raison du calendrier (qui n'en font ni un diagnostic pour l'ensemble de l'année à venir, ni un bilan), du mode de notation binaire et du risque de mettre en concurrence les écoles. Alors que cette semaine donne le coup d'envoi d'une nouvelle série sur laquelle devront plancher nos chères têtes blondes, des opposants ont décidé de perturber le cours de ce premier "examen" de leur jeune vie d'élèves.
Ecole : les tests d'évaluation qui ne passent pas
Les élèves de CM2 commencent lundi des évaluations en français et mathématiques pour situer leurs acquis. Des tests contestés pour la troisième année consécutive par les syndicats enseignants et les parents d'élèves de la FCPE.
Publié le 16/01/2011
Premier outil utilisé pour la fronde : internet. Le cahier d'évaluation comprenant les 100 questions de français et de mathématiques auxquelles doivent répondre les élèves a été rendu disponible au téléchargement sur le site "Evaluator". Avec ce commentaire à l'humour grinçant : "Notre pays est très mal classé dans les évaluations internationales. Nos enfants ne travaillent pas assez. Il faut les aider. Nous publions les évaluations nationales CM2 pour qu'ils puissent apprendre à tricher et à gagner. Et à remonter le niveau de la France dans le classement international des nations. Bachotez ! Stressez vos enfants ! Valorisez la performance et la compétition !" Le même cahier d'évaluation est aussi téléchargeable, plus difficilement, sur le site du syndicat d'enseignants SNUipp-FSU de la Meuse.
"Un climat délétère de non-légitimité"
Deuxième outil : la distribution de tracts. Ayant appris que les fameuses évaluations étaient en ligne, des parents d'élèves de l'école parisienne de Lancry ont décidé dimanche de les envoyer par mail aux autres parents ayant une adresse internet... et d'en distribuer lundi matin des versions papier devant l'école. "Nous avons même distribué six exemplaires corrigés par nos soins", a affirmé une membre de l'association de parents FCPE locale, Cécile Espérou-Kenig, expliquant qu'il s'agissait ainsi de contester les évaluations et de "mettre tous les élèves sur un même pied d'égalité".
Le secrétaire général du SNUipp-FSU, Sébastien Sihr, qui s'était vu remettre une version papier des évaluations vendredi au ministère de l'Education nationale, a confirmé que les documents mis en ligne correspondaient bien aux évaluations qui doivent être soumises aux élèves. "Les évaluations sont arrivées dans les écoles la semaine dernière et il a suffi qu'un enseignant ait décidé de les transmettre à d'autres personnes pour qu'elles soient mises en ligne", a-t-il souligné. "Cela montre que le malaise persiste", a-t-il commenté sur le fond. "Si on arrive à cette situation, c'est qu'il y a toujours un climat délétère de non-légitimité des évaluations auprès de certains enseignants. Pour recréer un peu de confiance, il faut que le ministère reprenne les discussions" pour faire évoluer le dispositif, a-t-il commenté.
S'il y en a un, en tout cas, qui n'a pas apprécié la plaisanterie, c'est Luc Chatel. "Il s'agit à mon sens d'un comportement inadmissible et irresponsable. Nous avons depuis deux ans des tentatives de sabotage du dispositif d'évaluation. Ces tentatives sont le fruit d'une infime minorité. Elles n'en demeurent pas moins indignes de l'Ecole de la République", s'est indigné lundi le ministre de l'Education nationale. Selon lui, "cette initiative est contraire à l'éthique et à la déontologie que partage l'immense majorité de nos enseignants. Appeler les élèves à tricher, je pense que c'est l'opposé des valeurs de l'Ecole de la République". L'affaire aura donc des suites : "J'ai saisi la direction des affaires juridiques (du ministère) et je me réserve le droit d'engager les poursuites qui s'imposent", a-t-il assuré.
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