Garde à vue : débat houleux en perspective à l'Assemblée

Par , le 18 janvier 2011 à 06h00 , mis à jour le 18 janvier 2011 à 11h05

La réforme de la garde à vue arrive ce mardi devant les députés. Objectifs affichés : réduire leur nombre et renforcer la présence de l'avocat. Mais les débats s'annoncent tendus.

L'avocat présent durant la garde à vue : une réforme déjà contestée © TF1/LCI

Des avocats qui veulent plus de prérogatives contre des policiers qui souhaitent préserver leurs pouvoirs d'enquête. Après des mois d'âpres batailles dans et hors les tribunaux, les passes d'armes sur la réforme de la garde à vue vont se transporter à compter de ce mardi au sein du Palais Bourbon. Les députés vont avoir jusqu'au 26 janvier pour débattre du projet de loi rédigé à la suite de plusieurs décisions émanant de la Cour européenne des droits de l'Homme, du Conseil constitutionnel et de la Cour de cassation. L'objectif affiché est double : ramener le nombre de garde à vue de 800 000 à 500 000, et renforcer la présence de l'avocat lors de cet acte d'enquête vertement critiqué depuis plusieurs mois. Une date butoir a déjà été fixée pour la mise en oeuvre du nouveau système : le 1er juillet 2011.

  • La présence de l'avocat pendant toute la garde à vue votée

    L'examen à l'Assemblée, jeudi après-midi, du projet de loi sur la garde à vue a donné lieu à de très vifs échanges entre des députés UMP. L'article clé, la présence de l'avocat pendant toute la garde à vue a, lui, été adopté... ainsi que des dérogations.

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  • Garde à vue : la présence de l'avocat au coeur des débats ce jeudi

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  • La garde à vue est "non conforme" pour la cour de cassation

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  • Pour le parquet général, la garde à vue est non conforme au droit européen

    Le parquet général recommande à la cour de cassation de déclarer les dispositions régissant la présence de l'avocat en garde à vue non conformes aux règles européennes, y compris pour les régimes dérogatoires.

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  • Garde à vue : "on nous roule dans la farine"

    <b>Interview - </b> Pour maître Fabrice Orlandi, président de l'assocation "Jamais sans mon avocat", le projet de réforme de Michèle Alliot-Marie n'est qu'une demie victoire car il pose encore beaucoup d'incertitudes notamment sur l'accès au dossier et sur les conditions des auditions dites "libres".

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  • L'avocat présent durant la garde à vue : une réforme déjà contestée

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  • Garde à vue: l'avocat sera autorisé, sauf dans certains cas

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Plus d'infos

 
"Je veux un avocat qui soit à sa vraie place, qui ait accès au dossier et qui ait le temps d'arriver", a assuré à l'afp Philippe Gosselin, rapporteur UMP du projet de loi  préparé initialement par l'ex-garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie. Mais plus que la présence de l'avocat lors des auditions de garde à vue, le débat risque de se focaliser sur deux modifications importantes apportées par surprise mi-décembre par la commission des Lois : la suppression de "l'audition libre" et le transfert du contrôle de la garde à vue au juge des libertés et de la détention (JLD) ou au président du tribunal de grande Instance, en lieu et place du procureur de la République.

"Ca va bien bouger"

L'audition libre ou audition sans avocat était la principale parade mise en place pour faire chuter le nombre de garde à vue. Les avocats n'en veulent pas. Le garde Des Sceaux, Michel Mercier, a affiché son intention de la faire rétablir au cours des prochains débats.  Quant à l'idée d'un contrôle de la garde à vue par un JLD, elle a fortement irrité les syndicats de policiers qui prédisent un "fiasco sécuritaire" avec des remises en liberté systématiques. Des divergences qui font dire au député Jean-Jacques Urvoas, secrétaire national du PS à la sécurité, que "Ca va bien bouger".

Si les avocats voient d'un bon œil ces amendements adoptés en commission, ils prédisent eux-aussi un débat difficile. "Je m'attends aux avancées minimales", confie Alain Mikowski,du conseil national du barreau qui représente les 50 000 avocats français.

Les principaux points du projet de réforme de la garde à vue

-Présence de l'avocat :Il aura deux heures pour se présenter sur les lieux de la garde à vue. Il pourra présenter des observations écrites et poser des questions à la fin de chaque audition ou de chaque confrontation (contre jusqu'à présent une demi-heure de visite autorisée au début). Il pourra consulter les procès-verbaux (PV) d'audition et de confrontation. En contre partie, la victime aura elle aussi droit à un avocat, lors des confrontations, si le gardé à vue dispose d'un avocat.
 
-Le procureur peut reporter l'arrivée de l'avocat et faire débuter l'audition avant le délai de deux heures, ou reporter l'arrivée de douze heures "lorsque qu'il y a des raisons impérieuses tenant aux circonstances  particulières de l'enquête" ou "pour permettre le bon déroulement d'investigations urgentes" ou pour "prévenir une atteinte imminente aux personnes". Dans le cas d'un crime ou délit puni d'une peine égale ou supérieure à cinq ans, la présence de l'avocat peut être différée jusqu'à la 24e heure par décision du JLD. Ces reports sont aussi possibles pour les régimes dérogatoires (terrorisme, criminalité organisée, stupéfiants).
 
-Le contrôle de la garde à vue change de main :  la garde à vue "s'exécute sous le contrôle du juge des libertés et de la  détention" (JLD) ou "à défaut" du président du Tribunal de grande instance (TGI) ou de son délégué, et non plus du procureur de la République
  
-Droits du gardé à vue renforcés : il devra décliner ses nom, prénom, date et lieu de naissance, domicile ou résidence, mais pour le reste il lui sera notifier son droit au silence. Il aura la possibilité de contacter un proche et son employeur. Il pourra garder ses objets intimes (sous-vêtements, lunettes...) en contrepartie de la signature d'une décharge.

-Ivresse : une personne en état d'ivresse peut être placée sous la responsabilité  d'un tiers de confiance lorsqu'il n'est pas nécessaire de procéder à son  audition.

-Seul l'officier de police judiciaire peut placer en garde à vue et instauration d'une compétence nationale pour ces derniers.

Par Alexandra Guillet le 18 janvier 2011 à 06:00
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19 Commentaires

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  • pascalcaen, le 18/01/2011 à 16h02

    Droits de l'homme tout court.

  • sky_92, le 18/01/2011 à 13h52

    Barrny: un gardien de la paix ne peux pas etre OPJ, cher barrny, pour la simple et bonne raison que la qualification donne acces directement au grade de Brigadier de Police... De plus, ceux que vous appelez "gardien de la paix", en sous entendant qu'ils sont un sous produit policier, sont souvent bien plus compétent que certains Officiers.. pascalcaen: un maire n'est pas OPJ, mais possède CERTAINES prérogatives de l'OPJ; Un maire peut il vous mettre en garde à vue ?? renseignez vous donc avant de parler...

  • gifil44, le 18/01/2011 à 12h03

    Et vous croyez que l'on met en GAV les gens pour le plaisir. Vu le nombre de paperasse qu'il faut pour une GAV j'en doute. La garde à vue et là pour les nécessités de l'enquête. Certe le passage en cellule, peut laisser un mauvais souvenir à la personne. Je pense qu'avant de remettre en cause la GAV il faudrait que toute les cellules de France et de Navarre soient rénovées et équipées de camera de surveillance. Celà coutera bien moins cher qu'un avocat commis d'office qui sera présent pendant toute la GAV. Il faut également se mettre à la place de l'enquêteur. Exemple : j'entends Monsieur X pour une chose très simple comme l'alcoolémie. Je ne le place pas en garde à vue. J'immobilise son véhicule en prenant seulement la carte grise, je lui enlève son permis de conduire puis je le relache après lui avoir notifié sa convocation devant le tribunal. A l'issue, toujours alcoolisé il reprend sa voiture, tue une famille qui n'a rien demandé à personne. Bilan des morts qui y sont pour rien, la famille des victimes qui dépose plainte contre l'enquêteur et le conducteur. La famille du conducteur qui dépose également plainte contre l'enuqêteur pour avoir laissé l'individu libre de ses mouvements alors qu'il était alcoolisé. Pour rappel des policiers nantais sont poursuivis pour non assistance à personne en danger pour avoir laissé une personne émechée sur la VP et retrouvée morte noyée quelques jours plus tard.

  • alain-paris, le 18/01/2011 à 11h55

    Et si vous regardiez le bon coté des choses pour vos amis policiers : Plus de contestation du genre aveux extorqués ni de vice de procédure. Plus d'heures interminables à essayer de faire avouer un suspect. Dossier qui sera étayé par des preuves indiscutables (ADN, téléphones, CB....)

  • alain-paris, le 18/01/2011 à 11h52

    Pour mémoire, même MAM (ministre de la justice alors) et Fillon (qu'on peut difficilement qualifier de gauchistes ou de partisans des délinquants) se sont émus des abus et des dérives des GAV

  • alain-paris, le 18/01/2011 à 11h51

    Les bien pensants nous ont suffisamment bassinés avec la rengaine "la loi, c'est la loi, faut la respecter...." pour qu'on leur retourne l'argument. la nouvelle loi sera la loi et il faudra la respecter

  • bebert59560, le 18/01/2011 à 11h44

    La garde à vue est parfaitemment définie de nos jours .En revanche, sous la pression des avocats qui vont y trouver leur compte on va encore nous sortir un texte ""usine à gaz"" qui ne profitera qu'aux clients de ces mêmes avocats avides d'honoraires et non pas aux victimes.Enfin s'il y a abus et il y en a je vous l'accorde, il n'y avait pas besoin de pondre un nouveau texte pour y mettre fin!.

  • levioloniste06, le 18/01/2011 à 11h38

    Les gardés à vue maltraité, les aveux sous contrainte n'est que fantasme..Cela n'a jamais existé...C'est le fait d'être enfermé qui choc tout le monde...

  • pascalcaen, le 18/01/2011 à 11h36

    Un maire est également officier de police judiciaire, de droit.

  • pascalcaen, le 18/01/2011 à 11h35

    C'est-à-dire? Quels droits en plus?

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