Pour ou contre la légalisation de l'euthanasie ?

Par , le 24 janvier 2011 à 20h37 , mis à jour le 12 août 2011 à 17h17

Dossier : Euthanasie: le débat

Interview - Pour le député UMP Jean-Marc Mesne, légaliser l'euthanasie est inutile et dangereux. En revanche, pour le sénateur PC Guy Fischer, auteur d'une proposition de loi sur la question, il est temps de mettre fin à l'hypocrisie.

CONTRE Jean-Marc NESME, député UMP, a créé une  "Entente parlementaire visant à refuser l'euthanasie et à développer un accès aux soins palliatifs", au lendemain de l'adoption du texte par la commission du Sénat. En une semaine, elle a recueilli 130 signatures UMP. M. Nesme en espère 300 d'ici mardi soir
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     "Je suis contre pour deux raisons. La première est que cette loi légalisant l'euthanasie serait complètement inutile depuis l'adoption à l'unanimité en 2005 de la très bonne loi Leonetti sur le développement des soins palliatifs, loi qui pourrait se résumer ainsi : respecter la vie et humaniser la mort. La deuxième raison de mon opposition à l'euthanasie est qu'une telle loi serait très dangereuse. Il suffit de prendre les exemples belge et hollandais pour s'en convaincre. Le comité des droits de l'homme de l'ONU a condamné les lois sur l'euthanasie de ces deux pays en raison des dérives constatées dans leur application. Des dérives de toute nature, allant des conflits familiaux, d'héritage aux problèmes sanitaires car il faut savoir que voter une loi pour l'euthanasie c'est aussi légaliser le suicide assisté. Or, beaucoup de gens ont par exemple des dépressions très profondes avec des envies suicidaires très fortes. Si on devait euthanasier tous ces grands dépressifs on aboutirait à des situations dramatiques alors que ces cas se soignent.

La grande vertu de la loi de 2005 est de tuer les causes de la demande de mort, alors que l'euthanasie tue le malade. C'est tout à fait différent. Je pense que le dispositif annoncé en 2005, quand il sera totalement mis en place, sera suffisant. Actuellement un tiers de l'objectif de 3000 lits supplémentaires a été atteint. Pour accélérer leur mise en place, le gouvernement a voté l'année dernière le doublement des crédits. Le gouvernement a également inscrit un module de formation aux soins palliatifs dans les universités. Une société s'honore quand elle respecte la personne humaine et notamment la plus vulnérable, ce à quoi ne répond pas une loi légalisant l'euthanasie.

Quand on parle avec le corps médical, la très grande majorité des médecins disent que ce qui est vécu par les patients en fin de vie, c'est surtout le risque de solitude. En soins palliatifs, le patient doit être entouré par les médecins et par son entourage. La morphine, elle, permet d'atténuer que les douleurs physiques. Quand un médecin en donne en fin de vie, c'est pour le soulager pas pour le tuer, même si cela entraîne parfois sa mort. On le sait. Mais ce n'est pas la même démarche. Enfin, c'est sûr qu'euthanasier quelqu'un coûte moins cher que de le garder en soins palliatifs, mais si on légalise l'euthanasie, on prend le risque que cela devienne une variable d'ajustement des dépenses de la sécurité sociale. Ce qui n'est pas admissible.  Alors, une question se pose : veut-on une société totalement utilitariste ou légifère-t-on dans l'intérêt général?"

 
POUR Guy Fischer, PC, auteur d'une des trois propositions de loi sur l'euthanasie qui ont été fusionnées en un seul texte par la commission des affaires sociales du Sénat 

              "Je suis depuis de longues années pour la légalisation de l'euthanasie. On a un certain nombre de droits à faire valoir. L'obtention d'une assistance médicalisée pour mourir dans la dignité en fait partie, notamment pour les personnes touchées par une infection grave, incurable. On se bat pour éviter à la fois une véritable souffrance physique et psychique.

Pour les défenseurs de l'euthanasie, ce droit se décline en cinq points. Premièrement, le droit au refus de tout traitement. Ensuite, le droit au soulagement de la douleur. Là dessus d'énormes progrès ont été faits avec la loi Leonetti mais force est de constater qu'aujourd'hui on se trouve dans une situation qui n'est pas à la dimension des problèmes. Il suffit de se rendre dans les hôpitaux la nuit pour le comprendre. Quand vous avez une seule infirmière et une aide soignante pour 30 patients, ce n'est pas tenable. Le troisième droit que l'on veut faire valoir est le respect des directives anticipées, c'est-à-dire permettre à une personne en bonne santé qui a réfléchi à sa mort, qu'elle puisse la formuler par écrit quitte, et c'est le quatrième droit, à se faire représenter par une personne de confiance. Enfin, le cinquième droit est le droit à l'information et au dossier médical.

Il y aujourd'hui peu de chances que la proposition de loi que nous présentons soit adoptée, mais ce dont nous nous réjouissons, c'est que c'est la première fois que la commission des affaires sociales valide un tel texte, qui est un texte commun, une synthèse de trois propositions de loi portées par des sénateurs de tendances différentes. Rien que cela, c'est historique. Mardi, nous aurons un débat très mesuré, empreint de beaucoup de dignité. C'est en tout cas ce que je dirai dans mon propos. Les mentalités et les comportements doivent évoluer en tenant compte des réalités pour de nombreux Français et Françaises. Aujourd'hui, il y a une hypocrisie qu'il faut dénoncer. Quand vous discutez avec les médecins dans les hôpitaux, on sait que, devant la souffrance, à un moment donné, il y a la dose de morphine qui va soulager définitivement le patient. Les textes doivent évoluer à cause de cela. Mais attention, le débat actuel ne consiste pas opposer les soins palliatifs et l'assistance médicalisée pour mourir. Il s'agit de deux choses complémentaires".
Par Alexandra Guillet le 24 janvier 2011 à 20:37
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31 Commentaires

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  • isaurea, le 26/01/2011 à 20h11

    Isaurea Je suis pas pour n'importe quoi. Une légalisation sans parefou est dangereuse. Laisser une volonté écrite ne me semble pas la solution. Je crains autant pour les malades, les enfants que pour les personnes âgées. Certains risqueraient plus de se débarasser d'une charge que de soulager des souffrances. Mon métier a exigé parfois que je travaille dans un services de réanimation de chirurgie (opérations de cancéreux en particulier). Je n'y ai jamais vu d'acharnement thérapeutique, mais beaucoup d'humanité. Bien sûr, chaque cas est particulier. Et le fait de poser la question de l'euthanasie n'est pas innocent aujourd'hui. Je souhaite tout de même qu'on élabore une loi stricte et qui exige une décision à plusieurs (médecins, famille, juristes). Il faut prévoir un protocole et laisser des traces des décisions. Espérons qu'il n'y aura pas d'abus. Les médecins auront malheureusement un travail délicat supplémentaire, mais, quand on s'engage dans un tel métier, le serment d'Hippocrate n'est pas qu'une simple formule.

  • mia_69, le 26/01/2011 à 17h15

    Bonjour pour moi l'enthansie je suis complètement pour , car il ne faut pas oublier la brave dame qui était prof dans le jura et qui avec pris une tumeur à la quelle on ne pouvais rien faire moi j'èstime, qu'on à pas le drois de souffrir si il y a aucune chance de guérison, en tout cas c'est mon avis

  • dmdm268, le 25/01/2011 à 18h18

    Pour qui se prennent ces gens qui osent dire à des patients qui souffrent le martyr, que la vie est quelque chose de précieux, comme s'ils devaient s'estimer heureux d'être encore de ce monde. Il est facile lorsque l'on est en bonne santé de sortir de grands principes romantiques sur la valeur de la vie. Obliger une personne à souffrir, c'est le déshumaniser totalement, il n'est plus qu'un objet dont on décide de ce que l'on en fera, de ce qu'il devra endurer, sans tenir compte de ce qu'il endure. C'est de la séquestration doublée de torture physique et mentale tant la douleur est insupportable. Le médecin à la fin de sa journée de travail, rentre chez lui, profite de sa famille et se sent bien ; le patient souffre sans que rien ne puisse l'apaiser, sans pouvoir souffler. Les personnes qui sont contre cette loi, son égoïstes : parce qu'elles ont peur d'éventuelles dérives, elles préfèrent obliger des gens à souffrir, elles prennent une décision qui ne les concernent pas, mais qui implique que d'autres doivent souffrir. C'est d'une lâcheté sans nom.

  • thierry34280, le 25/01/2011 à 17h57

    Valeur10 mais on va demander aux infirmière d injecter un produit imaginez leurs sentiments imaginez seulement je ne vous souhaite pas de devoir le faire sur ordre

  • i.james57, le 25/01/2011 à 17h44

    Totalement pour et contre l'acharnement thérapeutique

  • asticotvengeur, le 25/01/2011 à 17h40

    Alors que 99% des personnes souhaiteraient pouvoir etre euthanasier dans certaines circonstances pourquoi ne pas l'autoriser. Organiser un référendum Messieurs les politiques. L'avortement en son temps etait largement décrié et a été malgré tout imposer au peuple. Pourtant un foetus est plus porteur de vie qu'un mourrant.

  • cagouillemcjp, le 25/01/2011 à 16h12

    Bonjour, Pour et contre il ya tellement de choses à prendre en compte il ne faut pas prendre cette loi à la légére La il faut absolument laisser le choix au malade et aux médecins en accord avec celui ci et la famille il ya des circonstences à prendre en compte enfin trés difficile? il faut éviter des situations trés complexes pour tout le monde.

  • claudinoub, le 25/01/2011 à 15h35

    JACYNTHE47 - Je suis pour, il ne faut pas attendre que les gens soient grabataires, aidez-les à mourir dignement, lit, fauteuil n'est pas vivre !

  • tersy, le 25/01/2011 à 14h56

    Je ne comprends pas pourquoi on peut interdire l'euthanasie. Surtout dans le cas, où les personnes ont toute leur conscience, ou ont indiqué par écrit leur souhait d'en finir si elles deviennent dépendantes, en souffrance permanente, tributaires d'une maladie incurable. C'est pour moi une atteinte non seulement à la dignité humaine mais également à la liberté de l'être humain. Maintenant, ce n'est pas parce que l'euthanasie existe qu'il faut l'appliquer. Si quelqu'un est lucide et veut vivre malgré toutes ses souffrances, c'est son droit. Si un autre qui possède tous ses moyens intellectuelles veut mourir ou s'il n'a plus toutes ses facultés, l'a précisé lorsqu'il était pleinement conscient, pourquoi ne pas l' aider ?

  • dur6200, le 25/01/2011 à 14h27

    Le gros problème,c'est "que le laisser mourrir",fait souffrir terriblement les individus....enlever sonde gastrique,enlever assistance respiratoire,et les gens meurent de faim,de soif et d'etouffements!! est ce mieux...???on devrait avoir le droit de disposer de sa propre vie et de sa propre mort,pour ceux qui ne peuvent pas faire le dernier geste...Merci de me publier

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