"Vous humiliez tous les personnels de l'Education nationale"

Par , le 22 janvier 2011 à 05h00 , mis à jour le 21 janvier 2011 à 17h44

Dossier : Dossier Education

Une journée d'actions est prévue samedi partout en France contre les 16.000 suppressions de postes prévus à la rentrée dans l'Education, entre autres griefs. Michel Ascher, proviseur retraité en sera, il nous dit pourquoi.

"Sans vouloir faire l'ancien combattant, je me rappelle qu'à mon époque, l'Education nationale n'avait pas vocation à se transformer en une entreprise à la fonction bassement mercantile". Michel Ascher prononce cette phrase avec un mélange de désolation et de colère. Cette Education nationale, ce proviseur aujourd'hui à la retraite l'a servie 40 ans durant. "Professeur d'anglais, principal, proviseur dans des établissements du Nord souvent défavorisés, je me suis toujours attaché à tout mettre en œuvre pour offrir aux élèves la meilleure formation possible", se souvient cet homme. Fin décembre pourtant, Michel Ascher a rendu ses Palmes académiques. Cette distinction, il n'en voulait plus. La raison de son ire ? La politique actuelle menée dans l'Education nationale. Samedi, il participera "bien évidemment" à la journée d'actions organisée par le collectif l'Education est notre avenir, qui regroupe les principales fédérations du secteur.

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Plus d'infos

 
Enjeu du rendez-vous : protester contre la "suppression de 16.000 emplois" prévue au budget 2011, et ce sur un peu plus de 850.000 enseignants. Mais aussi, la hausse des effectifs d'élèves, la disparition de certains enseignements, les fermetures de classes, la situation des profs stagiaires... Manifestation, rassemblement, distribution de tracts, une cinquantaine d'actions sont prévues dans toute la France. A Paris, une manifestation reliera le Luxembourg au ministère situé rue de Grenelle. Départ 14h30.
 
"Ce qui se passe actuellement dans l'Education éveille en moi une profonde tristesse", raconte Michel Ascher. Le pompon pour lui : cette prime au mérite modulable que vont recevoir pour la première fois cette année, les 30 recteurs. Et ce en fonction de la réalisation de leurs objectifs, parmi lesquels la suppression de postes. (Lire notre article : La prime des recteurs fait grincer des dents) "Mais quelle attitude immorale !", fulmine l'ancien chef d'établissement. Il dénonce une attitude immorale du ministère où seule "la logique comptable a le droit de cité", un "geste scandaleux et hautement symbolique d'un pouvoir qui met l'argent au dessus de tout". "Par votre mépris et votre cynisme vous humiliez tous les personnels de l'Education nationale qui n'en peuvent plus de devoir accomplir leur mission dans des conditions que votre politique à très court terme rend de plus en plus déplorables", a-t-il écrit dans un courrier adressé, avec ses Palmes, à Luc Chatel. Depuis une semaine, Michel Ascher reçoit une dizaine de mails par jour. Chef d'établissements, professeurs... Ils remercient tous le proviseur honoraire pour ses palmes de la colère.

Par Amélie Gautier le 22 janvier 2011 à 05:00
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21 Commentaires

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  • croix70, le 23/01/2011 à 19h51

    Vous parlez des USA, mais connaissez vous leur système d'enseignement et combien ça coûte. ? je pense que si vous étiez aux USA vous ne seriez pas dans la rue..................

  • siliconati, le 22/01/2011 à 23h18

    L'école publique intègre des enfants en très grande difficulté sociale. C'est pourquoi elle doit être dotée plus que les autres. Sinon, que faire de ces enfants ? Et il faut aussi que toutes les classes sociales y soient représentées. A quoi sert il de parquer les bourgeois dans les écoles privées, dans des classes bondées désormais, avec des bâtiments délabrés ? Les enseignants sont démoralisés, vraiment. Ils ont besoin d'être encouragés. Ils ne demandent pas plus d'argent, mais de la considération. La casse des services publics pour réduire les déficits sur le court terme, alors que les USA laissent ses propres déficits grossir sans perdre sa notation AAA... Il est temps de réagir et surtout de changer de gouvernement si celui ci n'écoute plus personne...

  • croix70, le 22/01/2011 à 16h53

    Mais grâce aux syndicats la répartition est faite, seulement si vous avez opte pour le bon! Mais des collèges qui a une époque recevaient jusqu'à 500 élèves, n'en reçoit aujourd'hui plus que 250/280 et on veut toujours plus d'enseignants...............il y a vraiment un malaise . Surtout que ces mêmes élèves sont en situation d'échec.................qu'en pensez vous? le corps enseignant est il à la hauteur des ambitions des ministres successifs? où assiste t on a une dégradation des enseignants?

  • honey1000, le 22/01/2011 à 16h13

    Je vous y verrais bien vous, supporter des gamins ingrats de pire en pire toute la journée! moi je leur tire mon chapeau! ça parle, ça parle, mais ça connait pas..

  • bebert59560, le 22/01/2011 à 14h41

    Votre air préféré est sans aucun doute celui de la calomnie!

  • amael78, le 22/01/2011 à 14h12

    Roubene > La retraite n'est pas une suppression de poste. Sur 32000 personnes partant en retraite, 16000 ne sont pas remplacées, ça implique que 16000 autres le sont. Sur 16000 personnes, 6000 étaient en trop. 6000 salaires versés pour faire quoi ? Pas pour enseigner. Que la répartition soit contestable c'est une chose, parler de suppressions de postes quand il ne s'agit que de départs en retraite, c'en est une autre. Donc non, supprimer et ne pas remplacer ce n'est absolument pas la même chose. Dans le privé tous les départs en retraite ne sont pas remplacés systématiquement, alors qu'il y a assez de chômeurs pour remplacer. Ca ne dérange personne. Le retraité perçoit sa retraite, l'entreprise verse un salaire en moins, à la différence que ce salaire n'était pas issu de nos impôts et que le poste n'était pas inutilement occupé.

  • andromede77, le 22/01/2011 à 13h30

    Il serait interressant de publier la carte sur la répartition des enseignants dans notre pays, vous seriez surpris. Alors certes certaines régions sont en déficit, et elles se font entendre à juste titre, par contre d'autres régions sont plutôt bien fournies, voir trop, et là peu de gens se plaignent. En résumé, le problème est le même que pour le corps médical, ce n'est pas sur le nombre que porte le problème mais sur la répartition qui est mauvaise, certaines régions n'attirent pas

  • anna033, le 22/01/2011 à 13h18

    Ils ne savent ni lire ni écrire à l'entrée dans le secondaire, vous voulez dire... Le primaire, c'est la maternelle et l'élémentaire, autrement dit depuis la Petite Section jusqu'au CM2. Evidemment qu'ils ne savent pas lire en y entrant! Et soit dit en passant, la maternelle en effet n'est pas essentielle, mon fils aîné est entré directement au CP à pas tout-à-fait 6 ans, étant né en décembre (car auparavant nous résidions à l'étranger et il n'avait pas été scolarisé), il est aujourd'hui en 1eS et c'est un élève brillant (dixit ses profs).

  • roubene, le 22/01/2011 à 12h57

    Supprimer et ne pas remplacer c 'est un peu la même chose non ? Cela fait du monde en moins.

  • amael78, le 22/01/2011 à 12h51

    C'est sur le site du ministère, suffit de savoir lire.

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