Pour la police et le maire de Nice, il est urgent d'agir. Plus de 500 clandestins tunisiens venus d'Italie ont été interceptés dans le sud de la France depuis un mois, un afflux jugé exceptionnel sans être massif, mais qui suscite tout de même un déplacement dans les Alpes-Maritimes du nouveau ministre de l'Intérieur Claude Guéant ce vendredi. "Par l'île de Lampedusa, il y a aujourd'hui un afflux important de clandestins. Mais aujourd'hui, ça ne s'est pas traduit de manière massive à la frontière (franco-italienne) de Menton-Vintimille", a commenté jeudi le député-maire de Nice Christian Estrosi, qui espère que Claude Guéant va faire "des annonces".
Guéant appelle l'Italie à retenir les migrants tunisiens
Le ministre français de l'Intérieur, Claude Guéant, a appelé vendredi l'Italie à retenir sur son sol les Tunisiens qui fuient leur pays depuis la chute de l'ancien président Zine Ben Ali.
Publié le 04/03/2011
Guéant : "nous ne devons pas subir de vague migratoire"
En déplacement à la frontière franco-italienne, le nouveau ministre de l'Intérieur a indiqué que la France ne devait pas subir de vague migratoire et a demandé à l'Italie de retenir les migrants tunisiens.
Publié le 04/03/2011
Une situation toutefois vécue très différemment par des policiers en charge du contrôle de l'immigration, qui ont affirmé jeudi qu'ils étaient "submergés" par l'afflux de clandestins dans le sud-est de la France. "Il y a des dizaines de clandestins chaque jour venus d'Italie dont une majorité de Tunisiens" et "les services de police sont à flux tendu en dépit de renforts et sous la pression hallucinante de flux migratoires venant d'Italie", a ajouté une de ces sources. "Nous n'en sommes qu'au début", ont déclaré ces sources, affirmant que des prévisions estiment à 15.000 le nombre de personnes susceptibles de venir en France en provenance d'Italie.
"On a du retard", juge Estrosi
460 clandestins tunisiens ont été interpellés depuis le 1er février dans les Alpes-Maritimes à la frontière franco-italienne, soit dix fois plus que l'an dernier à la même période, selone une source administrative. Parmi ces étrangers, arrivant essentiellement de Tunisie via Lampedusa, figuraient 27 passeurs. Une cinquantaine d'autres, venus par la même route, ont en outre été interpellés dans les départements voisins du Var et des Bouches-du-Rhône. A Modane (Savoie), également à la frontière italienne, ce sont en outre une soixantaine de clandestins qui ont été interpellés depuis le 1er février. Plusieurs jeunes clandestins tunisiens interceptés ont notamment été libérés cette semaine par le tribunal administratif de Nice, faute de transposition dans les délais en droit français d'une loi européenne ("directive retour"). Sans ce jugement, ils auraient été remis aux autorités italiennes.
La loi sur l'immigration, qui doit être examinée mardi prochain en deuxième lecture au Parlement, inclut une transposition de cette directive européenne, qui organisera au niveau européen les reconduites aux frontières. "On a du retard. On joue sur quelques jours entre le vote de la loi et la promulgation. A titre préventif, dans ce laps de temps, fort des expériences passées (comme l'afflux de réfugiés à Sangatte dans le nord de la France), le ministre de l'Intérieur annoncera des initiatives fortes", a déclaré Christian Estrosi. "Il faut contrôler et endiguer les flux. Ce sont des moyens humains, des moyens techniques, une coopération avec nos partenaires frontaliers", a encore précisé l'ancien ministre. Depuis le début de l'afflux, une centaine de policiers supplémentaires - sécurité publique, CRS, police aux frontières - ont été affectés à la frontière du département des Alpes-Maritimes. Le député-maire de Nice a également mobilisé la police municipale pour surveiller les arrivées en gare de Nice.
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