Le logo de la "Journée sans immigrés" © DRC'est reparti. A l'initiative du Collectif sans immigrés, la 2e édition de la "Journée sans immigrés" se tenait mardi avec des manifestations dans plusieurs villes. Le slogan était le même que l'an dernier : "24 h sans nous".
Le ministre de l'Intérieur a annoncé mercredi la parution prochaine d'un décret permettant aux préfets de fermer pour une période allant jusqu'à trois mois les "établissements" employant des clandestins.
Publié le 23/11/2011

<b> Interview - </b> Alors que le débat sur l'identité nationale revenait sur le devant de la scène mercredi, un collectif appelle les immigrés à un boycott économique le 1er mars.
Publié le 24/11/2009

Plus d'infos Derrière ce mouvement : un ras-le-bol, celui des immigrés d'être stigmatisés, comme des délinquants, comme un danger pour l'identité française, comme des "profiteurs". Bref, parce que "le
mot immigré est presque devenu une insulte" ; parce qu'ils refusent ce traitement dégradant, ils étaient appelés à se retirer de la vie économique, concrètement ou symboliquement, en n'allant pas travailler ou en portant un petit ruban jaune. Immigrés, descendants d'immigrés ou citoyens conscients de l'apport essentiel de l'immigration tout le monde pouvait se mobiliser. Deux des participants à cet événement, Zoubeir et Mannone, ont expliqué à TF1 News leurs motivations.
Zoubeir, 29 ans
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"Je m'appelle Zoubeir, je suis Marocain et je travaille comme responsable technique dans une entreprise de divertissement pour mobile, à Paris. Le but de cette journée n'est pas du tout de diviser la France en deux parties, "Français" contre "étrangers". Nous avons fait le choix de vivre dans ce pays, parce qu'on l'aime et parce qu'on aime ses valeurs. Je suis en France depuis 2002, j'ai fait une école d'ingénieurs, j'ai toujours travaillé, et je n'ai jamais touché d'assedic ni d'allocations familiales. Et surtout je paie mes impôts (5200 euros l'année dernière + 1600 euro de taxe d'habitation), et je le fais avec un grand plaisir, car en choisissant de vivre en France, j'ai choisi un système où ceux qui travaillent et ceux qui arrivent à gagner leurs vies partagent avec ceux qui n'en ont pas la chance. Je suis musulman, mais je ne suis pas polygame, je ne prie pas dans la rue et surtout je n'ai jamais commis ou planifié un attentat contre la France. Croyez-moi, je ne suis pas une exception. J'ai un poste à responsabilité, je recrute beaucoup de personnes, et la plupart des entretiens que je fais passer sont avec des étrangers. Malheureusement, depuis quelques années, en regardant les discours des politiques, les débats télévisés (qui ont une influence sur la pensée de beaucoup de Français), j'ai vraiment l'impression que nous ne servons à rien, que nous ne sommes là que pour toucher les aides et envoyer notre argent à nos pays d'origine. Je comprends que les Français aient des débats sur l'immigration, sur telle ou telle religion. Mais là depuis quelques temps, on dirait que c'est le seul débat qui existe en France. Que nous sommes devenus un obstacle, que nous sommes la source de tous les maux du pays. Que personne ne veut de nous alors que c'est le gouvernement français qui est venu nous chercher comme des milliers d'ingénieurs partout dans le monde... Pourquoi ce double discours? Cette journée est juste un geste symbolique pour dire que nous ne sommes pas un obstacle mais une aide... Nous sommes là parce que nous servons à quelque chose... Nous voulons construire avec nos amis français la France de demain... Et le jour où nous n'aurons plus une place parmi vous, nous rentrerons chez nous. C'est dommage que nous nous retrouvions dans une situation où notre seule revendication soit qu'on reconnaisse notre utilité. On me parle souvent des français d'origines étrangères, et leurs problèmes d'intégrations... Personnellement, je ne me sens pas du tout concerné par ce problème, car c'est un problème Franco-français, ce sont des citoyens français, je ne vois pourquoi moi l'étranger devrait payer pour un problème interne à la France." |
Mannone, 22 ans |
"Je suis Français de souche. Corse et Breton. Mais ça me paraissait très important d'être là aujourd'hui au vu de la politique actuelle qui stigmatise les personnes issues de l'immigration : les sans-papiers, les Roms cet été, etc. Ça me paraissait important de montrer que ce mouvement est plus global par rapport à ce qui ne va pas, que le simple fait d'être immigré.
La plus grande partie des "sales" boulots sont faits par des personnes issues de l'immigration. Ils ramassent les poubelles, construisent routes et immeubles. Il suffit de prendre un RER tôt le matin. Dans le wagon, pour caricaturer, ce sont soit des Français qui rentrent de soirée, soit de vieux travailleurs maliens ou sénégalais qui partent faire le ménage dans les grandes entreprises... Et tout cela pourquoi ? Ils n'ont pas ou alors très peu de reconnaissance !" |