Le siège de la Fédération française de football à Paris (archives). © TF1/LCI"C'est inimaginable, parce que c'est contraire à l'esprit de la FFF, à la Constitution, et à l'éthique du sport. La FFF doit faire toute la transparence sur ce dossier", a réagi dans la soirée la ministre des sports, Chantal Jouanno, sur LCI, proposant une inspection de la Jeunesse et des Sports pour un regard extérieur. Des propos très fermes. Il faut dire que l'information, si elle se confirmait, ferait l'effet d'une bombe. Le site Mediapart a sorti une enquête jeudi selon laquelle des "quotas discriminatoires officieux" ont été approuvés par "plusieurs dirigeants de la Fédération française de football (FFF), dont le sélectionneur Laurent Blanc", ces derniers récusant cette enquête auprès de l'AFP. "Pour les plus hautes instances du football français, l'affaire est entendue : il y a trop de noirs, trop d'arabes et pas assez de blancs sur les terrains", écrit Mediapart.
Quotas de la FFF : Thuram crie au "scandale"
Lilian Thuram, ex-défenseur et recordman de sélections en équipe de France, estime que l'affaire du quota révélée par le site Mediapart représente "un vrai scandale", et que le cas des binationaux soulevé par Laurent Blanc est "un faux problème".
Publié le 01/05/2011
Le foot français en pleine tempête
François Blaquart a été suspendu, Laurent Blanc se confond en excuses... et la controverse sur les propos tenus lors de la fameuse réunion du 8 novembre 2010, au cours de laquelle auraient été évoqués des quotas ethniques, échappe au monde du football pour gagner la sphère du politique.
Publié le 01/05/2011
Le directeur technique de la FFF évincé, Blanc s'excuse
François Blaquart, directeur technique national de la Fédération française de football (FFF), a été suspendu samedi de ses fonctions. Il se trouve au coeur de l'affaire des quotas ethniques qu'aurait envisagés la FFF. De son côté, Laurent Blanc a présenté ses excuses.
Publié le 30/04/2011
Blanc : "Qu'on me reproche ce type de discrimination, ça me dérange"
Le sélectionneur assure ne pas avoir entendu parler de "quotas discriminatoires" raciaux à la Fédération française de football, suite aux accusations de Mediapart. La FFF va ouvrir une enquête.
Publié le 29/04/2011
"Plusieurs dirigeants de la Direction technique nationale (DTN) de la Fédération française de football (FFF), dont le sélectionneur des Bleus en personne, Laurent Blanc, ont approuvé dans le plus grand secret, début 2011, le principe de quotas discriminatoires officieux dans les centres de formation et les écoles de foot du pays", selon cette enquête. "D'après des sources internes à la FFF, scandalisées par le procédé, des consignes ont été données en ce sens ces dernières semaines à différents responsables de centres de formation, notamment l'Institut national français (INF), à Clairefontaine", poursuit Mediapart. "Le chiffre de 30% a même été avancé, le 18 janvier 2011, par le directeur technique lors d'une réunion de la DTN. ‘Mais il ne faut pas que cela soit dit', a bien pris soin de préciser M. (François) Blaquart", développe Mediapart.
Laurent Blanc récuse "ces propos ineptes"
Interrogé sur LCI, l'un des 7 journalistes de Mediapart qui a travaillé sur cette enquête a affirmé jeudi soir avoir eu Laurent Blanc au téléphone : "je l'ai eu il y a quelques minutes, il m'a dit qu'il ne souhaitait pas déposer plainte pour diffamation". Preuve selon le journaliste d'un certain malaise après la publication de cette enquête. "Laurent Blanc récuse ces propos ineptes et contraires à sa philosophie", a pour sa part indiqué Philippe Tournon, chef de presse de l'équipe de France, à l'AFP. "Laurent Blanc est outré qu'on puisse le mettre en cause de la sorte, toute discrimination étant insupportable à ses yeux, il répète que jamais il ne cautionnerait cela", a ajouté M. Tournon. "Un problème, abordé par Laurent Blanc, est celui des joueurs qui possèdent une double nationalité, qui passent trois ans en préformation en France, puis partent ensuite à l'étranger sous d'autres maillots, ce qui ne peut pas ne pas poser problème, mais cela peut concerner aussi des Sud-Américains", a encore ajouté M. Tournon. "Mais ramener ça à un article intitulé ‘il y a trop de noirs, trop d'arabes', c'est hallucinant, et ça ne va pas amuser Laurent Blanc", a conclu M. Tournon.
Vendredi à Bordeaux, Laurent Blanc a déclaré n'avoir "pas entendu parler d'un tel projet". Le sélectionneur a insisté sur l'absence "de projet auquel (il aurait) participé, qui impose des quotas". "En ce moment, les +petits+ (gabarits) sont pénalisés, ce qui est discriminatoire", a-t-il remarqué en faisant une analyse des pôles Espoirs et des centres de pré-formation. "Je veux permettre à ces jeunes joueurs qu'on ne soit pas radical", a-t-il ajouté. "Ce qui me dérange le plus, c'est qu'on y ajoute des couleurs. Qu'on me reproche ce type de discrimination, ça me dérange", a-t-il souligné.
"Je n'ai jamais entendu parler de ça et ça m'étonnerait franchement", a indiqué à l'AFP Fernand Duchaussoy, président de la FFF. "Ce serait complètement anormal que ça se passe comme ça et je ne l'accepterai pas", a poursuivi le dirigeant. "Il y a un constat, mais ce n'est pas une réflexion, ajoute M. Duchaussoy. C'est qu'on a plein de joueurs à la double nationalité chez les jeunes et qu'ensuite certains ne veulent pas aller en Equipe de France. C'est un choix, il faut l'assumer. Mais ces problèmes n'ont pas été évoqués au Conseil fédéral". Francis Smerecki, sélectionneur des moins de 20 ans, a également avancé les mêmes propos à l'AFP: "Il y a eu une réflexion sur le sujet. On s'est dit : ‘on forme des jeunes joueurs et certains ne veulent pas porter nos couleurs'". M. Blaquart n'a pu être joint jeudi.
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