Ca tangue au sommet du football français. François Blaquart, directeur technique national de la Fédération française de football (FFF), a été suspendu samedi de ses fonctions, annonce le ministère des Sports. Le directeur technique se trouve au coeur de l'affaire des quotas ethniques qu'aurait envisagés la FFF, selon des informations diffusée par le site Mediapart.
Quotas de la FFF : Thuram crie au "scandale"
Lilian Thuram, ex-défenseur et recordman de sélections en équipe de France, estime que l'affaire du quota révélée par le site Mediapart représente "un vrai scandale", et que le cas des binationaux soulevé par Laurent Blanc est "un faux problème".
Publié le 01/05/2011
Le foot français en pleine tempête
François Blaquart a été suspendu, Laurent Blanc se confond en excuses... et la controverse sur les propos tenus lors de la fameuse réunion du 8 novembre 2010, au cours de laquelle auraient été évoqués des quotas ethniques, échappe au monde du football pour gagner la sphère du politique.
Publié le 01/05/2011
Des quotas raciaux dans le football français ?
Le site Mediapart affirme jeudi que les dirigeants de la FFF, dont le sélectionneur Laurent Blanc, ont approuvé début 2011 le principe de quotas officieux dans les centres de formation et les écoles de foot du pays. La FFF dément.
Publié le 28/04/2011
Blaquart : "une décision injuste"
Interrogé par RTL, François Blaquart, DTN à la FFF, exprime son ressenti après son éviction.
Publié le 30/04/2011
Malaise au sein du football amateur face à "l'affaire des quotas"
Les accusations de discrimination lancées par le site internet Médiapart à l'encontre des dirigeants de la FFF agitent l'ensemble du monde du football.
Publié le 30/04/2011
Quotas discriminatoires dans le foot ? Malaise à la FFF
La fédération française de football a annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête interne à la suite de soupçons, lancés par le site Mediapart, de "quotas discriminatoires" au sein des centres de formation. Fernand Duchaussoy et Laurent Blanc ont aussitôt convoqué des conférences de presse.
Publié le 29/04/2011
Dans un communiqué, le ministère des Sports précise : "Chantal Jouanno, ministre des Sports et Fernand Duchaussoy, président de la Fédération française du football (FFF), ont décidé d'un commun accord que soient suspendues, avec effet immédiat, les fonctions de Directeur technique national (DTN) de M. François Blaquart, ceci dans l'attente des conclusions des enquêtes menées par la FFF (dirigée par M. Patrick Braouezec, président de la Fondation du Football) et par l'IGJS (Inspection générale de la jeunesse et des sports), qui rendront leurs conclusions sous huit jours". "La FFF réaffirme (...) qu'aucune de ses instances dirigeantes élues n'a validé, ni même envisagé une politique de quotas au recrutement de ses centres de formation", conclut le communiqué.
Outre ce communiqué, la ministre des sports a réagi sur RTL après ces propos tenus lors de la réunion de cadres techniques de la FFF. "Les propos qui ont été publiés ce (samedi) matin sont graves", a-t-elle assuré. Chantal Jouanno a souligné qu'une mission d'inspection de la Jeunesse et des Sports ainsi qu'une commission d'enquête allaient se pencher sur le sujet. "Cela nous permettra d'avoir plus d'éléments matériels. Si les allégations de Mediapart sont fausses, il y aura sans doute une attaque en diffamation. Nous soutiendrons leur action. Si c'est vrai, si on a des éléments matériels, on transmet au procureur", a-t-elle déclaré.
"Tous les mots restent vrais"
Cette suspension intervient après la révélation samedi, par le site Mediapart, d'un dialogue entre les plus hauts cadres techniques de la FFF, dont le sélectionneur Laurent Blanc et le DTN François Blaquart, visant à limiter le nombre de joueurs à la double nationalité dans les centres de formation, lors d'une réunion en novembre 2010. François Blaquart n'a pas tardé à régair samedi, déclarant notamment qu'il jugeait sa mise à pied "injuste", dans un entretien à RTL. Par ailleurs, selon lui, l'idée d'instaurer un quota de joueurs binationaux dans les structures de formation fédérale a été "abandonnée". "Nous avons abandonné cette idée de pourcentage, mais nous avons demandé d'être vigilants sur la motivation des joueurs", a avancé M. Blaquart. "On a 45% de joueurs dans les sélections qui ont la possibilité de nous quitter, on pense que c'est beaucoup, a-t-il expliqué. On veut essayer de le réduire. C'est un problème dans la gestion de l'effectif. Quand on voit sur une génération entre 10 et 30% de joueurs de 18 à 21 ans nous quitter, c'est un problème". "On a envisagé de limiter cette situation pour ne pas nous mettre en danger, mais à partir du moment où ce n'est pas une bonne solution, on l'a éliminée, a-t-il ajouté. On va travailler sur l'accompagnement relationnel pour évaluer la motivation des joueurs à jouer pour l'équipe de France et les accompagner éventuellement pour faire leur choix".
Toutefois, François Blaquart reconnaît la véracité des propos rapportés par Mediapart : "Tous les mots rapportés restent vrais. Certains mots peuvent choquer, il y a eu des maladresses, mais c'était dans une discussion interne et passionnée. A partir de là, il n'y a rien de nocif".
"Article outrancier"
Samedi en début de soirée, Laurent Blanc est de nouveau sorti de sa réserve : "Je ne retire rien aux propos que j'ai tenus hier (vendredi, lors d'une conférence de presse), affirme-t-il dans un communiqué. "Que certains termes employés au cours d'une réunion de travail, sur un sujet sensible et à bâtons rompus, puissent prêter à équivoque, sortis de leur contexte, je l'admets et si, pour ce qui me concerne, j'ai heurté certaines sensibilités, je m'en excuse". "Mais être soupçonné de racisme ou de xénophobie, moi qui suis contre toute forme de discrimination, je ne le supporte pas", a-t-il poursuivi, avant d'attaquer le site d'information en ligne Mediapart.
Laurent Blanc tente également d'expliciter ses propos : "Il faut être de mauvaise foi pour ne pas voir que le débat auquel j'ai participé n'avait évidemment pas pour objectif de diminuer le nombre de Noirs et d'Arabes dans le football français, comme voulait le laisser entendre le titre outrancier de l'article, mais uniquement d'envisager le futur du football français et donc d'aborder, par voie de conséquence, le lourd et délicat problème des joueurs à double nationalité ainsi que les modalités de détection/sélection pour un nouveau projet de jeu". "Que cela ait des incidences, à moyen ou long terme, sur les différents profils de joueurs en préformation ou en formation, c'est l'évidence, mais il n'y a là aucun lien, strictement aucun, avec une préférence ou un rejet de telle ou telle nationalité", explique Laurent Blanc.
Mediapart, qui avait écrit jeudi que "pour les plus hautes instances du football français, l'affaire est entendue: il y a trop de Noirs, trop d'Arabes et pas assez de Blancs sur les terrains", reproduit samedi un extrait de la discussion tenue le 8 novembre 2010, avec des coupes:
Laurent Blanc: "Qu'est-ce qu'il y a actuellement comme grands, costauds, puissants ? Les Blacks (...) Je crois qu'il faut recentrer, surtout pour des garçons de 13-14 ans, 12-13 ans, avoir d'autres critères, modifiés avec notre propre culture (...) Les Espagnols, ils m'ont dit: 'Nous, on n'a pas de problème. Nous, des Blacks, on n'en a pas'."
Erick Mombaerts (sélectionneur de l'équipe de France Espoirs): "Est-ce qu'on s'attelle au problème et on limite l'entrée du nombre de gamins qui peuvent changer de nationalité ?"
Laurent Blanc: "Moi j'y suis tout à fait favorable".
François Blaquart (directeur technique national): "On peut s'organiser, en non-dit, sur une espèce de quota. Mais il ne faut pas que ce soit dit".
Erick Mombaerts: "Donc il faut 30% ? (...) Il y a bien des clubs comme Lyon qui le font dans leur centre de formation".
Francis Smerecki (sélectionneur de l'équipe de France des moins de 20 ans): "Je dis: première chose, c'est discriminatoire".
Interrogé sur les binationaux vendredi lors d'une conférence de presse, Laurent Blanc avait déclaré: "C'est un problème. En parler, c'est interdit ? C'est le rôle de la DTN et cela ne me paraît pas incohérent qu'elle ait un projet. Si elle n'en avait pas, on le lui reprocherait. Quand un joueur a porté les couleurs des U16, U17, U18, U19, U20, U21 et Espoirs, il appartient à la France, il a défendu les couleurs de la France et cela me dérange de le voir partir dans une autre sélection après 23 ans".
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