Campagne de recrutement de l'Education nationale (1er juin 2011) © TF1/LCIL'Education nationale s'était plutôt signalée, ces dernières années, par des annonces de milliers de suppressions de postes... et par la grogne de nombreux parents, voire élus locaux, dénonçant des fermetures programmées de classes. Pourtant, elle recrute. Massivement. Et elle le fait savoir. Le ministère de l'Education nationale lance ainsi une campagne pour trouver 17.000 enseignants, personnels administratif et médical pour la rentrée 2011.
Emploi enseignant : après la grogne du public, celle du privé
Fermetures d'écoles, appauvrissement de l'offre de formation : après le secteur public, l'enseignement catholique, pourtant peu enclin à la contestation, dénonce une situation jugée "intenable" pour ses 2 millions d'élèves, provoquée par 1.500 suppressions de postes à la rentrée.
Publié le 19/04/2011
Dans le détail, souligne Philippe Gustin, directeur de cabinet, trois mille postes d'enseignants sont proposés dans le primaire et 8600 dans le second degré. Cette campagne s'adresse "prioritairement aux étudiants de M1 (bac+4) qui peuvent s'inscrire aux concours du 31 mai au 12 juillet" et à des "candidats professionnellement confirmés". Dotée de 1,3 million d'euros, elle est diffusée dans la presse, à la radio, à la télévision et sur internet.
Le bilan est bien de 16.000 enseignants en moins
"Le ministère de l'Education nationale est le premier employeur de France et le premier recruteur de France, souligne Philippe Gustin, et cette campagne est destinée à attirer en particulier les meilleurs, alors même que nous sommes dans un secteur de plus en plus concurrentiel. Les 17.000 personnes que l'on recrute, pour l'essentiel, ce sont des emplois de fonctionnaire".
Un discours qui a quelque peu estomaqué les syndicats. Est-il besoin de lancer une telle opération de promotion - et surtout, pour un tel coût - pour des concours administratifs ? Christian Chevalier, secrétaire général du SE-Unsa (primaire), dénonce une "campagne de communication" face à "la réaction forte et inhabituelle de l'Association des maires de France" qui demande l'arrêt des suppressions de postes dans le primaire. Quant à l'argument selon lequel l'Education veut recruter "les meilleurs", il le laisse pour le moins dubitatif : "Je ne suis pas sûr qu'une campagne attire vers les métiers de l'enseignement car ils sont peu attractifs". De son côté, Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp FSU (primaire), critique une "opération publicitaire destinée à masquer les suppressions de postes". Il souligne ainsi que dans le primaire, les recrutements sont moins importants que lors des années précédentes.
Pour sa part, le Snes-FSU (secondaire), fustige dans un communiqué "un jeu de bonneteau" et estime que Luc Chatel "oublie de rappeler qu'il supprime dans le même temps près de 34.000 postes d'enseignants et CPE (conseiller principal d'éducation). Le bilan est donc bien de 16.000 enseignants en moins à la rentrée 2011".
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