Sécheresse : "l'Etat doit accompagner les agriculteurs les plus touchés"

le 08 juin 2011 à 20h44 , mis à jour le 08 juin 2011 à 21h11

La FNSEA réclame l'intervention de l'armée pour protéger les convois de paille à destination des éleveurs frappés par la sécheresse. Le syndicat agricole attend aussi les annonces que doit faire Nicolas Sarkozy jeudi. Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA, a répondu aux questions de TF1 News.

TF1 News : Plus d'un million de tonnes de paille pourraient circuler en France dans les mois qui viennent. Pourquoi la FNSEA en appelle-t-elle à l'armée pour protéger les convois de paille?

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Il faut protéger les convois de paille qui vont circuler, notamment des pyromanes. D'autant que cela va demander des mois de transport. De la paille sera transportée jusqu'en mars prochain en France. Mais il faut surtout sécuriser les lieux où sera entreposée cette paille, sur des plateformes militaires, dans des entrepôts de nos structures coopératives, ou encore dans des endroits qui ne soient pas trop isolés. Il y a toujours un risque d'incendie volontaire.

TF1 News : Réclamez-vous, comme la Confédération Paysanne, l'interdiction du broyage de paille, afin de mobiliser un maximum de fourrage pour nourrir le bétail ?

Non, nous préférons convaincre plutôt que contraindre. Nous incitons les céréaliers à entrer dans un schéma contractuel avec les éleveurs, avec un contrat "moralisateur". Cela doit permettre d'éviter la spéculation et la flambée des prix de la paille. La FNSEA a utilisé des savoir-faire, par exemple entre l'Eure et la Manche, pour monter un contrat-type, que nous avons proposé aux départements.  Pour en bénéficier, les éleveurs doivent signer ce contrat avec un céréalier, et par conséquent s'accorder sur le prix d'achat de la paille. Il se situe pour l'instant entre 15 et 25 euros. Il y a même des agriculteurs qui la donne.

Je pense que faire appel aux céréaliers sur la base du volontariat suffira, car depuis trois semaines, ou un mois, on voit les opérations se structurer. Bien sur, il y a des disparités entre les départements. Mais les contrats se multiplient et la situation s'améliore un peu chaque semaine. Dès que la moisson battra son plein, j'ai bon espoir que beaucoup de céréaliers proposent leur paille aux éleveurs. Et nous les inciterons à le faire.

TF1 News : Le prix de la paille a déjà beaucoup augmenté ces dernières semaines. Craignez-vous une véritable flambée des prix ?

C'est déjà le cas ! Il y a des agriculteurs européens qui viennent démarcher chez nous à des prix inacceptables en France. Le prix de la paille a parfois doublé sur le marché.

TF1 News : Dans quelles régions les éleveurs sont-ils le plus en difficulté ?

Il n'y a pas vraiment de "points noirs". Malheureusement la situation est difficile partout en France pour les éleveurs, et même au-delà de nos frontières. Les orages de ces derniers jours auront redonné un peu d'espoir à certains endroits, mais cela ne rattrapera pas les premières récoltes. 
 
TF1 News : Nicolas Sarkozy devrait faire jeudi de nouvelles annonces pour soutenir le monde agricole, qu'en attendez-vous?

Nous voulons être sûrs que les banques pourront assurer la trésorerie nécessaire aux agriculteurs pour s'approvisionner, autrement dit leur prêter de l'argent à des taux les plus avantageux possibles. Nous attendons aussi que le fond des calamités puisse être alimenté à hauteur des besoins actuels. Les conditions d'accès à ce fond doivent être rediscutées, car les agriculteurs dont l'activité est diversifiée n'y ont actuellement pas accès. L'Etat doit proposer un accompagnement financier pour les agriculteurs les plus touchés par la sécheresse. Enfin, à  moyen et à long terme, il faut réfléchir à notre politique de l'eau. 
 
 

le 08 juin 2011 à 20:44
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