Ils bossent ici, ils veulent rester ici

Par , le 24 février 2010 à 16h45 , mis à jour le 25 février 2010 à 09h23

"On bosse ici ! On vit ici ! On reste ici" est un court-métrage réalisé par un Collectif de cinéastes, qui a recueilli les témoignages de sans-papiers en grève depuis quatre mois.

Film "On bosse ici ! On vit ici ! On reste ici" © TF1 News

"C'est la peur au ventre qui nous fatigue, plus que le travail". "Tu es enfermé comme en prison". "Des fois la nuit, si j'y pense je pleure". "J'ai déclaré mes impôts pour 2003". "Je paye l'Urssaf, la CSG... j'ai plein de papiers, le seul papier qui me manque c'est la carte de séjour". Des mots forts, de l'humour parfois : face à la caméra, les sans-papiers se livrent pour décrire le quotidien kafkaïen, proche du désespoir, qu'ils vivent chaque jour.   

  • Les "people" au secours des sans-papiers

    Environ 120 personnalités ont signé un appel dans lequel elles affirment prendre "sous leur protection" des sans-papiers qui occupent un immeuble parisien en réclamant leur régularisation.

    Publié le 09/02/2010 Les "people" au secours des sans-papiers
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Un collectif de 250 cinéastes, où l'on retrouve Laurent Cantet, Jacques Audiard, mais aussi des comédiens comme Juliette Binoche ou Charles Berling, a décidé de donner la parole à ces travailleurs et travailleuses de l'ombre, en grève depuis quatre mois, en allant à leur rencontre sur les piquets de grève. Devant le silence des politiques, "le but était de relancer la visibilité sur le mouvement de grève des sans-papiers", explique Christophe Ruggia, réalisateur et membre du Collectif.

Résultat : un court-métrage de plus de trois minutes, où se succèdent les paroles de travailleurs sans-papiers. Chacun explique sa situation : l'un parle des cotisations qu'ils payent, une couturière cite la liste des marques où elle a travaillé, un autre  désigne la tour qu'il a construite. Employés dans des agences d'intérim, dans la couture, dans le bâtiment, dans la restauration, ils sont partout et n'ont qu'un droit : celui de se taire. 

C'est le succès du film  Laisse les grandir ici, diffusé pendant la campagne des présidentielles de 2007, centré sur les enfants sans papiers scolarisés en France et menacés d'expulsion, qui a donné l'idée à Laurent Cantet, réalisateur de Entre les murs et Ressources Humaines. Pendant treize jours, au mois de février,  deux cinéastes ont travaillé sur le film en allant recueillir leurs témoignages sur leurs piquets de grève dans différents sites en Ile de France, explique Christophe Ruggia. Sur toute la France, 6000 travailleurs sans-papiers sont actuellement en trève.  

Le court-métrage est déjà visible sur internet mais à partir du 10 mars, quatre jours avant le premier tour des régionales, il sera diffusé  dans plus de 500 salles à travers toute la France. Voir la vidéo dans son intégralité : http://www.collectifdescineastespourlessanspapiers.com/

Il y aurait entre 200.000 et 400.000 travailleurs sans papiers en France, selon les associations.    


 

Par Véronique Buonomano le 24 février 2010 à 16:45
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25 Commentaires

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  • 421123, le 26/02/2010 à 03h39

    Le fait de travailler ne confère pas le droit de rester en FRANCE. Il est légitime de penser d'abord aux nôtres.

  • buck.d, le 25/02/2010 à 20h37

    A "ori79" et son bon coeur, puisque vous pensez que la terre doit-être à tout le monde, votre logement qui est construit dessus doit être partagé équitablement aussi.J'espère qu'il est grand parce je connais plein de personnes dormant dans la rue à vous envoyer.

  • syberya, le 25/02/2010 à 19h28

    MERCI

  • lecritiqueur, le 25/02/2010 à 18h43

    Dites merci a mr giscard,pour la regroupement familial; et ne pas oublier les socialistes qui ont continués

  • f211952, le 25/02/2010 à 18h13

    Comment on fait pour payer des impôts et toucher des allocations sans avoir de papiers.............c'est bizarre quand même. Ils paient les impôts, ils touchent des salaires d'au moins 1500 euros avec feuilles de salaire.

  • skyrunner, le 25/02/2010 à 17h56

    En fait pour pouvoir agir ainsi sans papiers officiels à leur nom ils ont fait usage de faux. Donc tromperie et usage de faux. Par conséquent vous n'avez aucun droit à rester en France dans la plus totale illégalité. Quant aux cinéastes et artistes qui vous soutiennet on boycotte leurs films ou leurs spectacles. Pour certains ce ne sera pas trop difficile vu le peu de succès qu'ils ont. Agir ainsi est pour eux un moyen de passer encore un tout petit peu devant ou derrière une caméra.

  • bernique77, le 25/02/2010 à 17h54

    Ori79, votre réaction illustre trés bien le dicton "Les conseilleurs ne sont pas les payeurs". Il y a un coût derrière l'immigration non maitrisée et des conséquences sociologiques en termes d'habitat et de qualité de vie. C'est bien d'avoir un coeur gros comme ça mais c'est un peu court!

  • alice7812, le 25/02/2010 à 17h38

    Hélas, il y aura toujours des employeurs pour eux (pas de charges) et des marchants de sommeil pour les loger.

  • 421123, le 25/02/2010 à 17h36

    Que signifie "sans-papiers"? Ne s'agit-il pas au départ (ou plutôt à leur arrivée en FRANCE) d'une fraude? Pourquoi aussi ne pas les "inviter" à venir habiter chez les premiers sur qui ils auront jeté leur dévolu? A moins que des bonnes âmes les invitent .

  • robert51, le 25/02/2010 à 17h22

    A sofyanis40 : si on prend toute la misère du Monde , ce sera la France qu'il faudra aider !!! déjà là on fait ENORMEMENT pour tout ces gens ! certains "français" n'ont même pas ce qu'ils ont , et oui c'est vrai !! on aide ces gens là et certains "français" sont à la rue , sans job , rien !! Donc , à un moment faut savoir dire STOP !!! regardez dans les autres pays , ils ne font pas le quart de ce que la France fait (la famille française expulsée du québec car leur enft handycapée coute trop cher..)

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