- Contre la vie chère, La Réunion s'embrase - 01 min 45 s
- Nouvelle nuit de violences à La Réunion - 01 min 43 s
Face à la contestation, les prix vont baisser à La Réunion
Essence, électricité, produits de première nécessité...Les autorités locales ont décidé, vendredi, de diminuer les prix dès le 1er mars. Objectif : calmer les violences liées à "la vie chère", qui secouent l'Ile depuis quatre jours. Des mesures accueillies de manière mitigée.
Publié le 24/02/2012
Deuxième nuit de violences à la Réunion
Sur fond de protestation contre la vie chère et l'envolée des prix du carburant, les émeutes se poursuivent et s'étendent à la Réunion. "La situation va empirer si aucune solution n'est apportée", dénonce le maire de Saint-Denis, appelant l'Etat "à prendre des mesures exceptionnelles ".
Publié le 23/02/2012
Ile de la Réunion : les violences s'étendent à d'autres communes
Les troubles du quartier du Chaudron à Saint-Denis se sont amplifiés mercredi soir, touchant également les communes du Port et de Saint-Benoît. Elus et responsables de l'île semblent désemparés face à une situation sociale impétueuse.
Publié le 22/02/2012
Nuit de violences à Saint-Denis de la Réunion
Commerces pillés et véhicules incendiés : des affrontements ont éclaté dans la nuit de mardi à mercredi à la Réunion dans les rues du Port et dans le quartier populaire du Chaudron, à Saint-Denis, en marge d'une manifestation des routiers contre le prix du carburant et la vie chère.
Publié le 22/02/2012
Une nuit d'affrontements entre jeunes et police à La Réunion
Sur l'île de la Réunion, la vie chère et la hausse des prix de l'essence ne passent plus. La nuit dernière, en marge des manifestations, casseurs et policiers se sont affrontés.
Publié le 22/02/2012
Des troubles secouent la Réunion depuis trois jours. Dans la nuit de jeudi à vendredi encore, des violences ont été signalées dans une dizaine de villes de l'Ile. Plusieurs policiers ont été blessés, plus de 70 personnes arrêtées.
TF1 News : Vous êtes actuellement à la Réunion, comment est l'ambiance ?
Nicolas Roinsard : La tension est palpable dans les trois points traditionnellement chauds de l'île : le Port, le Chaudron, près de Saint-Denis et la ville de Saint-Benoît. Historiquement, ce sont les premiers endroits à réagir chaque fois qu'il y a une certaine tension à la Réunion.
TF1 News : Justement d'où vient cette tension ?
N.R. La genèse en est le mouvement contre la vie chère. Il a démarré il y a une semaine quand les routiers ont réclamé une baisse des prix des carburants de 25 centimes. Comme déjà en 2009 aux Antilles ici ou en 2011 à Mayotte, cela s'est transformé en mouvement général contre la vie chère. Mais les émeutes urbaines qui ont lieu en ce moment sont davantage une réaction de ras-le-bol face à une misère sociale qui prévaut dans certains quartiers que l'expression d'une Réunion en marche. Ces quartiers sont traditionnellement sensibles. Là où le taux de chômage sur l'île est 30%, il atteint les 60% dans certaines cités. Et cela fait vingt ans que ça dure.
TF1 News : On cite souvent le quartier populaire du Chaudron.
N.R. C'est un ancien bidonville qui a été transformé en HLM. Aujourd'hui, c'est l'une des plus grosses cités de la Réunion. L'endroit a été le lieu de violentes émeutes urbaines en 1991. C'est aussi un quartier emblématique d'une politique d'urbanisation qui a peut-être ghettoisé une partie de la population. Le taux de chômage y est très élevé et la pauvreté prononcée. Ce quartier est un chaudron-bouillant dont on ne sait jamais quand le couvercle peut sauter. Les émeutes qui y ont lieu sont la réponse épidermique des jeunes face à une existence sociale qui ne leur promet pas beaucoup d'avenir ou de perspectives...
TF1 News : Ces émeutes témoignent donc de leur frustration, de leur ras-le-bol... ?
N.R. : Oui. Il y a un choc générationnel très important à la Réunion entre les parents de culture créole et leurs enfants. L'histoire de la Réunion, c'est celle d'une société de plantation où il y a toujours eu des dominés et des dominants. On est pauvre mais on accepte notre sort car c'est un ordre social contre lequel on ne peut pas faire grand-chose. Pendant longtemps, cette pauvreté a été intégrée. La nouvelle génération est de moins en moins dans ce modèle.
TF1 News : C'est-à-dire ?
N.R. Elle n'accepte pas cette immobilité sociale. En l'espace de 20 ans, la société de consommation a bouleversé l'ordre des choses. Leurs références culturelles à eux, ce sont les modèles métropolitains ou américains. Ils veulent avoir accès à cette culture là. Ils aspirent à autre chose mais se voient renvoyer à la condition de leurs parents et confrontés à un chômage élevé. Les lieux auxquels s'en prennent ces jeunes sont symboliquement chargés : c'est la grande distribution, emblème de la société de consommation. Dans les trois quartiers, à Saint-Benoit, au Chaudron ou au Port, c'est "Jumbo score", l'enseigne qu'on retrouve partout à la Réunion, qui est visée.
| Les élus cherchent à apaiser les tensions |
Jeudi, les élus de l'île ont présenté des propositions pour faire baisser les prix et calmer le mécontentement contre la vie chère. Didier Robert, président (UMP) du conseil régional, a ainsi proposé d'utiliser les recettes d'une taxe locale, l'octroi de mer, pour faire baisser de 5 centimes les prix au litre des carburants. Nassimah Dindar, présidente (DVD) du conseil général, souhaite généraliser les tarifs sociaux de l'eau, de l'électricité et du téléphone et baisser les prix de produits de première nécessité d'origine locale en créant "un fonds de concours exceptionnel". Ces propositions seront débattues vendredi lors d'une réunion en préfecture, consacrée initialement aux seuls prix des carburants. Formulées dans l'urgence, elles visent à désamorcer la forte tension qui règne dans certains quartiers de l'île. |
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