Les députés font un premier pas vers l'abolition de la prostitution

le 06 décembre 2011 à 09h32 , mis à jour le 06 décembre 2011 à 23h14

Les députés ont relancé mardi le débat sur la prostitution, entre partisans de sa disparition totale et défenseurs d'un encadrement, en votant à main levée en faveur d'une résolution réaffirmant la "position abolitionniste de la France".

Le débat sur la prostitution en France est relancé ce mardi à l'Assemblée nationale. Ils ont voté à main levée en faveur d'une résolution réaffirmant la "position abolitionniste de la France". Cette résolution, qui "réaffirme la position abolitionniste de la France en  matière de prostitution" vise à "battre en brèche les idées reçues qui laissent croire que sous-prétexte que la prostitution serait le plus vieux métier du monde, elle est une fatalité", expliquent ses auteurs. Le texte est présenté par la député PS Danielle Bousquet, qui a présidé une mission d'information parlementaire sur la prostitution en France, le député UMP Guy Geoffroy, rapporteur de la mission, et tous les présidents de groupes à l'Assemblée. "Il fallait une étape importante, symbolique et solennelle" dans la lutte  contre la prostitution, explique Guy Geoffroy. Le texte précise que les principes abolitionnistes, adoptés par la France  en 1960, "doivent être proclamés haut et fort à une époque où la prostitution semble se banaliser en Europe".
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Dans la foulée du vote, sera déposée une proposition de loi pour inscrire  dans le code pénal "ce qui dans la résolution relève du domaine législatif",  comme la pénalisation des clients. Guy Geoffroy préfère parler de  "responsabilisation" pour rappeler "que neuf personnes prostituées sur dix sont victimes de la traite des êtres humains". Actuellement, recourir à une personne prostituée n'est pas un délit. Mais  la mission parlementaire, s'inspirant de la Suède qui sanctionne les clients depuis 1999, a conclu au printemps que la pénalisation du client constituait  "la meilleure piste pour voir diminuer la prostitution en France, là où tous  les pays qui ont réglementé cette activité l'ont vu augmenter".
 
"La prostitution... une affaire d'exploitation"
 
Le sujet fait débat, même au sein du gouvernement. Le ministre de  l'Intérieur Claude Guéant a rappelé en avril que cela supposerait une "révision profonde" du régime pénal, la prostitution n'étant pas un délit actuellement. Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités, s'est dite favorable à une sanction des clients. "Sur ce sujet, le consensus n'est pas fait", reconnait Yves Charpenel,  président de la Fondation Scelles, qui a lancé un appel pour l'abolition de la prostitution avec 40 associations. "Les députés qui voteront mardi la résolution abolitionniste voteront-ils ensuite son application concrète", se demande-t-il, estimant "plus que jamais nécessaire de clarifier la position française" face à des pays comme l'Allemagne qui ont choisi de réglementer cette activité.

La position abolitionniste "semblait un peu oubliée. On voit régulièrement ressurgir des propositions de réouverture de maisons closes", déplore Hélène de Rugy, déléguée générale de l'Amicale du Nid. Dans son manifeste "Nous n'irons plus au bois", le collectif d'hommes "Zeromacho" soutient aussi la résolution, pour rappeler que "la prostitution reste avant tout une affaire d'exploitation", explique leur porte-parole Gérard  Biard. A l'inverse, le Syndicat des travailleurs du sexe (Strass) a écrit aux  députés pour leur demander de ne pas voter la résolution, estimant que cela  pénalisera les prostituées en les poussant vers plus de clandestinité, explique  Chloé, prostituée qui manifestera mardi devant l'Assemblée. Act-Up et Aides, réunis avec le Strass et 14 associations au sein du Collectif "Droits et prostitution" partagent ce constat, affirmant que face à  la réduction du nombre de leurs clients, les prostituées seraient contraintes  d'accepter des rapports non protégés. Le Strass, qui distingue la prostitution librement consentie et la traite  des être humains par des réseaux mafieux - qu'il dénonce-, demande plutôt de "véritables droits" pour les prostituées. Environ 20.000 personnes se prostituent en France, selon diverses estimations.

le 06 décembre 2011 à 09:32
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40 Commentaires

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  • rose-marie54, le 07/12/2011 à 11h03

    Et le bordel du Senat? va t il être fermé ?

  • spounge_bob, le 07/12/2011 à 07h25

    Le monde des bisounours quoi... c'en serait triste si c'était si parfait !

  • franky37, le 07/12/2011 à 07h13

    Sous prétexte qu'il y a plus urgent à faire, il faudrait laisser tomber tous les autres problèmes que vous jugez mineurs !

  • franky37, le 07/12/2011 à 07h10

    Pourquoi pas, comme dans tout commerce ! Mais gare aux relevés de compte que madame peut consulter.

  • myri78, le 06/12/2011 à 23h59

    Mais dites donc crycry, on sent comme une colère!! Là, le sujet c'est les prostituées c'est à dire les dames qu'on paie pour ça, pas les vilaines qui trompent leur mari! Humour mis à part, je pense oui, même en tant que femme, que les maisons closes sont une bonne chose

  • crycry75, le 06/12/2011 à 21h16

    La majorité des prostituées ce sont les femmes en couple, les femmes mariés. La différence principal avec la prostitué qui le fait comme métier c'est qu'elle au moins a la décence de mettre les choses au clair des le début.

  • ahegon, le 06/12/2011 à 21h01

    Dans un monde idéal il y a une femme pour chaque homme, tout le monde il est beau tout le monde il est gentil, les gens s'aiment et le sexe est avant tout une question de sentiments exacerbés et personne ne trompe personne et tout est gratuit. On se donne à l'autre... Bonne chance à qui pense pouvoir créer ce monde là en écrivant et en votant des lois...

  • cassuntella, le 06/12/2011 à 20h29

    Tout est dit,et entierement d accord avec vous!!

  • chbeuu59, le 06/12/2011 à 20h28

    Ré-ouverture des maisons close !!! une économie parallèle en moins ... des sous en plus dans les caisse de l'état avec les taxes !!!

  • didierbretagne, le 06/12/2011 à 19h51

    Les clients pourront-ils payer avec leur carte bleue ?

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