"C'est par où l'agri-dating ?", souffle embarrassé un jeune candidat, inquiet d'arriver en retard à Laissac, commune de 1.500 âmes du fin fond de l'Aveyron, pour s'inscrire au speed-dating organisé par les Jeunes agriculteurs (> lire notre article : l'amour est dans l'Aveyron). Pour cet événement inédit, les candidats se sont pressés samedi sous un ciel menaçant pour recevoir le bracelet blanc qui leur sert de sésame. Au menu de cette journée de rencontres : repas et activités nature durant lesquelles les candidats apprennent à se connaître. Ils peuvent s'adonner à une balade en canoë, à un cours de cuisine ou une descente en rappel baptisée "le grand saut de l'amour". Le tout clos par un défilé de lingerie et une soirée festive.
L'amour est dans l'Aveyron
Samedi, le syndicat des Jeunes agriculteurs organise son premier "agri-dating" à Laissac. Objectif : former de nouveaux couples forcément mais aussi lutter contre les préjugés sur les campagnes.
Publié le 02/09/2011
Des agriculteurs de plus en plus endettés
Le revenus des agriculteurs a chuté de près de 20% en 2008. Il devient de plus en plus difficile pour eux de maintenir leur activité.
Publié le 27/10/2009
Stéphane, l'agriculteur qui jouait les traders
Pour éviter d'être soumis à la volatilité des prix, cet agriculteur a choisi de commercialiser lui-même sa récolte. Il décide les prix en fonction des cours des matières premières, qu'il consulte en permanence sur son téléphone. Si cette démarche ne lui assure pas un meilleur revenu, c'est un gage d'autonomie.
Publié le 23/06/2011
Charente : Nicolas, agriculteur bio militant
Depuis la loi de finance de 2011 qui a vu les aides réduites, les petites exploitations bio sont menacées comme nous le montre cet agriculteur de Bioussac.
Publié le 24/02/2011
Gilles, agriculteur à la pointe du hi-tech
Ce céréalier de l'Orne a massivement investi dans les nouvelles technologies pour mieux gérer sa production et ses stocks.
Publié le 22/02/2011
"L'enjeu, c'est de combattre les caricatures" véhiculées sur le métier par des émissions de téléréalité comme "L'amour est dans le pré" de M6, souligne Bruno Montourcy, organisateur. "Il y a un gros décalage avec la réalité". Il s'agit aussi "de lever le tabou qui pèse sur le célibat des agriculteurs". "Personne ne veut parler" de ce phénomène qui décourage les jeunes d'entrer dans le métier ou les incite à partir précocement, dit-il.
"C'est difficile de s'afficher comme célibataire" dans le milieu, confirme Angélique, une fille d'agriculteurs de 27 ans, venue du Puy-de-Dôme avec son amie Aurélie pour se donner du courage. Elles figurent parmi les rares candidates.
26% des agriculteurs sont célibataires
Les prétendants à l'amour sont environ 110, dont un quart de femmes, soit largement moins que les journalistes accourus de la France entière et d'au-delà pour couvrir l'événement. Bruno Montourcy a même eu les honneurs du New York Times. Si le taux de célibat parmi les exploitants agricoles est sensiblement le même qu'en milieu urbain, il est, à la différence des villes, essentiellement masculin, souligne Christophe Giraud, sociologue à l'Université Paris Descartes. D'après des données citées par les JA, 26% des agriculteurs sont célibataires contre 10% des agricultrices.
"Il y a un décalage entre les attentes des agriculteurs, en particulier dans les petites exploitations, qui espèrent trouver en leur conjoint un collaborateur, et ce que les femmes attendent d'un compagnon", poursuit Christophe Giraud lors d'une table ronde sur la démographie en milieu rural. "Elles ont envie d'une carrière propre". Le taux de célibat varie également grandement selon le type d'exploitation, dit-il. Très réduit dans les grosses exploitations mécanisées comme les fermes céréalières, il est beaucoup plus important chez les éleveurs bovins. "Il y a une question d'astreinte", affirme Joël Clergue, 33 ans, éleveur aveyronnais et candidat. "On est pris par les animaux à longueur d'année. La traite c'est matin et soir", dit-il, soulignant toutefois que nombre d'agriculteurs s'associent désormais pour se ménager des périodes de congé.
"Les femmes n'ont pas envie d'avoir les pieds dans la merde"
Car aujourd'hui, "l'agriculteur est un chef d'entreprise qui sait gérer son temps et en consacrer à sa famille", témoigne Bertrand Blond, créateur d'un site de rencontres dédié au monde rural, www.vachement.fr, qui revendique 10.000 inscrits. "Or, ils ont l'impression d'être en marge de la société". "Il y a un problème dans la vision du métier", dit pour sa part Benjamin, un salarié agricole de 20 ans venu tenter le destin. Il se dit que "les femmes n'ont pas envie d'avoir les pieds dans la merde toute la journée". Le beuglement des vaches recouvre parfois la voix des candidats. Car l'opération se tient parallèlement à la fête annuelle des JA et Laissac, qui s'enorgueillit d'accueillir le deuxième marché aux bestiaux de France, voit concourir des vaches limousines et Aubrac.
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