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Caricatures de Mahomet : une "provocation" regrettable, mais la presse fait front


le 20 septembre 2012 à 07h41 , mis à jour le 20 septembre 2012 à 07h58.
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3min
L'hebdomadaire Charlie Hebdo du 19 septembre 2012 comprenant des dessins satiriques représentant le prophète Mahomet
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    Notre sociétéLes quotidiens français brandissent jeudi la liberté d'expression, après la publication des caricatures par le quotidien satiriques, mais certains éditorialistes estiment que les "caricatures incriminées sont de mauvais goût, voire affligeantes".

    La presse fait front jeudi au nom de la  liberté d'expression derrière Charlie Hebdo, très critiqué après la publication  de caricatures de Mahomet, même si plusieurs éditorialistes y voient une  "provocation" regrettable dans un contexte d'extrêmes tensions. Le journal catholique La Croix déplore de voir l'hebdomadaire satirique  "souffler sur les braises pour afficher sa noble résistance aux extrémismes"  car cela "conduit à blesser de simples croyants et à ruiner les efforts de ceux  qui tentent de faire vivre dans notre pays un islam respectueux des lois de la  République", écrit Dominique Quinio, qui "rêverait qu'à la provocation, réponde  une sage indifférence".

    Le Monde dans son éditorial estime lui aussi que "les caricatures incriminées sont de mauvais goût, voire affligeantes. Elles sont surtout publiées à un moment qui va contribuer sciemment à mettre de l'huile sur le  feu" après une semaine de violences dans le monde provoquées par un film islamophobe. Mais pour le quotidien du soir, "l'on ne saurait renvoyer dos à dos Charlie  Hebdo et ses inquisiteurs. D'un côté l'on veut faire rire et vendre, de l'autre  on lance des anathèmes". "En appeler au sens des responsabilités des dessinateurs, leur demander d'y  réfléchir à plusieurs fois avant de publier, les exhorter à prendre en compte  le contexte géopolitique comme s'ils étaient porte-parole du Quai d'Orsay, c'est mettre le doigt dans un engrenage dont le premier cran est l'autocensure  et le dernier la capitulation", tranche Nicolas Demorand dans Libération, dont  le journal avait accueilli Charlie Hebdo après l'incendie criminel de ses  locaux en novembre 2011 après la parution d'un numéro spécial baptisé "Charia  Hebdo".

    "La liberté d'expression ne souffre pas l'exception"

    La "solidarité corporatiste", pour reprendre les mots de Jacques Camus dans La République du Centre, fonctionne elle aussi à plein parmi les éditorialistes de la presse régionale au nom des grands principes rappelés avec force. "Au pays de Voltaire, qui n'eut de cesse de combattre l'obscurantisme  religieux, la cause de Charlie Hebdo ne se marchande pas", martèle Ivan Drapeau  dans La Charente libre. "La liberté de parole n'est pas un gadget pour Occidentaux repus. Mais bel  et bien une valeur commune et un droit universel", renchérit Patrick Pépin de  Nord Eclair.

    Pour Rémi Godeau (Est républicain), "la liberté d'expression ne souffre pas  l'exception" et "seule la loi de tous peut mettre le holà à ce droit  fondamental. Pas les fondamentalistes". "Quand bien même les caricatures de Charlie Hebdo seraient plus douteuses  que drôles, et elles le sont, le droit d'écrire, de montrer ou de se moquer est  imprescriptible", fait valoir Daniel Ruiz dans La Montagne, qui regrette  néanmoins de voir Charlie Hebdo "jouer les apprentis sorciers". Certains éditorialistes régionaux n'exonèrent pas la direction de Charlie Hebdo de toute erreur. Les nouvelles caricatures arrivent comme des "étincelles sur un baril de  poudre", constate Francis Brochet dans Le Progrès. Jacques Camus (La République du Centre) juge que "l'usage de la liberté  satirique ne saurait se pratiquer en méconnaissance d'un danger potentiel lié à  un contexte. Le moment n'était assurément pas bien choisi". "Ailleurs, des vies sont en jeu. N'est-elle pas là, la limite ?", demande Olivier Pirot dans La Nouvelle République du Centre Ouest.

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    • calltree7 : Les "personnes fanatiques et orgueilleuses" démontrent et prouvent chaque jours qu'elles n'ont pas franchement le sens de l'humour. Le contexte actuel est déjà suffisamment difficile sans de plus le rendre "périlleux". Comme vous écrivez si bien on n'a rien à voir la dedans, mais on aura tout à y voir en cas de "représailles".

      Le 20/09/2012 à 18h04
    • calltree7 : Vous avez tout à fait raison et surtout la liberté d'expression ne doit pas s'asseoir sur un respect élémentaire !

      Le 20/09/2012 à 17h58
    • morob... : à j.bon : notre liberté doit être sans limite vis à vis d'eux! ils ne devraient en avoir aucune pour eux car ils ne sont pas chez eux!

      Le 20/09/2012 à 15h40
    • did004785 : Bravo Charlie Hebdo. On ne va quand même pas revenir en arrière. Vive la liberté d'expression.

      Le 20/09/2012 à 11h09
    • dj28 : LIBERTE D'EXPRESSION !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

      Le 20/09/2012 à 10h45
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