© AFPAu lendemain des émeutes de banlieue, Dominique de Villepin reçoit à Matignon un groupe de jeunes des quartiers sensibles. Parmi eux, un habitant de Bondy, Anyss Arbib qui lance au Premier ministre : "Comme vous, je veux faire Sciences-Po et l'ENA". Quatre ans plus tard, les rôles sont inversés, l'ancien lycéen pleins d'ambitions est l'hôte et Dominique de Villepin l'invité, quand ce dernier se rend à Bondy pour une opération de charme dans le 9-3. Et comme il en a fait le souhait, Anyss Arbib, membre du club Villepin, suit les pas scolaires de son mentor : il est à Sciences-Po Paris.
Stress au travail : menaces de "burnout" pour Sciences Po ?
"Instabilité permanente", surengagement des salariés et stress au travail : un audit, révélé par Mediapart, tire la sonnette d'alarme sur le fonctionnement de Sciences Po Paris. La prestigieuse école, avertit-il, court le "risque de s'épuiser".
Publié le 13/07/2011
ZEP : "ambition réussite" pour 200 à 250 collèges
200 à 250 collèges classés en zone d'éducation prioritaire seront labellisés "ambition réussite" et bénéficieront d'une action ciblée, a annoncé mardi Gilles de Robien. Parmi les 15 mesures promises, l'affectation dans ces établissements de 1.000 enseignants et 3.000 assistants pédagogiques.
Publié le 13/12/2005
Paroles de ZEP (1/2)
Violences, menaces de mort, stress, difficultés avec la hiérarchie... Mais aussi amour du métier, relation de confiance établie avec les élèves mais minée par les émeutes urbaines : des enseignants témoignent auprès de tf1.fr de leur quotidien en ZEP.
Publié le 19/12/2005
Comme tous les étudiants de cette vénérable institution, il revient d'un stage d'un an à l'étranger, dans une grande entreprise au Maroc, son pays d'origine. S'il a pu suivre ce brillant parcours c'est grâce à la convention ZEP (Zone d'éducation prioritaire), passée entre l'Institut d'Etudes Politiques et le lycée où il étudiait à Bondy.
Des lycées qu'on fuyait
Avant que Sciences-Po n'y pose sa "griffe", Jean-Renoir, c'était le lycée que les élèves évitaient quand ils avaient de l'ambition ou des parents qui en avaient pour eux. On lui préférait les établissements plus en vus des communes voisines, quitte à faire quelques kilomètres de plus. Les écoles privées du Raincy (surnommé la Neuilly du 9-3), celles dotées d'une classe prépa, ou le lycée technique Gustave Eiffel de Gagny, réputé pour l'excellence de sa cantine et son mur d'escalade, étaient courtisés par nombre de jeunes bondynois sectorisés sur Jean Renoir.
"Maintenant je connais des élèves qui pourraient aller ailleurs, mais qui veulent venir absolument à Jean Renoir, juste pour tenter Sciences-Po", affirme Anyss Arbib. Il faut dire que la formule initiée par Richard Descoing, directeur de l'IEP, est très alléchante. Elle permet à des Terminales sérieux et travailleurs, qui ont suivi les heures supplémentaires de l'atelier Sciences-Po, d'entrer en première année sur dossier et sur entretien. Depuis 2001, 660 lycéens ont pu accéder à l'institut par ce chemin de traverse. Le taux d'échec des élèves issus de ZEP est très bas, moins de 5%. A la sortie, on retrouve ces prestigieux diplômés dans des postes à responsabilités, partout. A Hong Kong, Washington, Alger et même... en banlieue. Nombre d'élèves "des quartiers" ont fait campagne, sur des listes de droite comme de gauche, aux dernières élections municipales, accédant parfois à des postes de maire adjoint dans les communes où ils ont grandi.
"Sciences-po a un effet magique"
L'exemple de ces réussites rejaillit forcément sur les 74 lycées qui ont signé la convention Sciences-po. D'autant qu'elles sont souvent médiatisées. Anyss Arbib, par exemple, a fait la une de Libération en novembre dernier en protestant contre les violences policières dont il affirme avoir été victime, le soir de la qualification de l'Algérie en Coupe du monde. Cette nuit, des CRS se seraient montrés incrédules et étonnés d'interpeller "un Arabe de Sciences-Po".
La convention profite aux admis, mais aussi et surtout, aux établissements qui jouissent d'une image nouvelle. Premier constat pour les lycées conventionnés : la disparition du phénomène d'évitement. "Sciences-po a un effet magique: l'année où l'accord a été passé, on a récupéré soixante élèves, l'équivalent de deux classes de Seconde", affirme Philipe Destelle, professeur d'économie à Jean-Renoir et coordinateur de l'atelier Sciences-Po. Le même constat a été fait dans le lycée Blanqui de Saint-Ouen, d'après Cyrile Delhay, responsable de la communication de l'IEP : "Le rayonnement est très fort. Quand un lycée a une mauvaise réputation, il faut trois à cinq ans et une équipe pédagogique bien en place pour pouvoir corriger le tir. Mais avec la convention Sciences-Po, l'effet est très rapide".
Les bons élèves de banlieue avaient tendance à "s'exporter" après le collège, dans les lycées parisiens, ceux avec 100% de réussite au bac. Charlemagne, Louis-Legrand, voire Henri-IV, accueillaient avec plus ou moins de bonheur les jeunes cerveaux de la périphérie. Avec un lycée conventionné, "les élèves qui réussissent ont tendance à se fixer dans leur secteur ", confirme Cyrile Delhay, d'après les informations qui lui sont remontées des directeurs d'établissements.
L'Art de la guerre... scolaire
Certains soupçonnent même des stratégies menées par des élèves ou leurs parents, alors que le dispositif ne leur est pas initialement destiné : "On m'a parlé d'un enfant issu d'un milieu aisé, un papa chirurgien, élève très brillant. S'il a suivi l'atelier Sciences-Po, il n'a pas été sélectionné par le biais de la convention. Question de logique, il n'en avait pas besoin. Il a été finalement pris grâce à sa mention très bien", raconte le professeur d'économie du lycée de Bondy. "J'avais eu vent par des chefs d'établissements de certains stratagèmes, mais ils ont été déjoués. Pour pouvoir profiter de notre dispositif, il faut avoir fait toute sa scolarité depuis la Seconde dans le lycée conventionné", affirme Cyrile Delhay.
Comme dans les mansardes haussmanniennes qui entourent Henri IV, des parents ambitieux iraient-ils jusqu'à louer des chambres de bonne en banlieue, pour que leurs rejetons soient sectorisés dans un lycée ZEP en affaire avec Sciences- Po ? "C'est impossible à mesurer, il faudrait qu'un thésard en sociologie se plonge là dedans conseille Philipe Destelle, mais quand on constatera que des élèves s'installent spécialement en banlieue pour fréquenter nos lycées ; ce jour là on aura gagné. "
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