A l'indignation des parents, la mairie rétorque "manque de place". L'histoire se passe à Thonon-les-Bains, en Haute-Savoie. Récemment, le maire UMP de la commune a décidé de "restreindre" à la rentrée prochaine l'accès des enfants de chômeurs aux cantines scolaires en raison donc "du manque de place". L'information est révélée dans le Dauphiné Libéré.
Peut-on priver un enfant de cantine ?
<b>Interview- </b> Dans plusieurs municipalités de France, des enfants ont été refusés à la cantine sous prétexte que leurs parents, ne travaillant pas, pouvaient s'en occuper. Est-ce légal ? L'avis de Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE.
Publié le 30/09/2011
Privés de cantine si les parents sont au chômage ?
A la rentrée, l'accès aux cantines de certaines écoles publiques pourraient être restreint. Certaines municipalités ont décidé d'interdire en cas de forte affluence l'accès aux réfectoires aux enfants dont le père ou la mère est au foyer ou au chômage. La décision fait débat.
Publié le 09/07/2011
"Lorsque j'ai voulu inscrire mon fils de 10 ans à la cantine pour la rentrée, comme je le fais depuis quatre ans, on m'a rétorqué que quatre jours par semaine ce n'était pas possible car j'étais au chômage", a raconté Christophe, demandeur d'emploi depuis la mi-mai. "Il est difficile d'expliquer à un enfant que d'un seul coup, parce que son père est au chômage, il n'a plus le droit d'aller à la cantine. C'est une affaire d'adulte qui ne le regarde pas", a souligné le père de famille joint par l'AFP et qui a préféré rester anonyme.
"On n'a jamais voulu stigmatiser les chômeurs"
Le règlement intérieur, voté par le conseil municipal de Thonon-les-Bains en avril dernier, exige des demandeurs d'emploi de fournir à la ville, à partir de septembre 2011, un justificatif de présence à un entretien d'embauche ou à une formation pour que leur enfant déjeune à la cantine dans la limite des places disponibles. "On n'a jamais voulu stigmatiser les chômeurs, mais face à des problèmes de places, nous avons dû établir un critère, qui nous semble juste, celui de la disponibilité des parents", se défend Jean Denais, l'élu de Thonon-les-Bains.
Selon le maire, les effectifs ont augmenté : 440 repas par jour ont été servis en moyenne en 2000 contre 652 en 2010 par les restaurants scolaires de la commune. "Nous ne voulons pas priver les enfants de chômeurs de cantine, mais donner la priorité aux familles qui travaillent et ne peuvent pas les garder. D'ailleurs, le premier mois de chômage, le temps pour le parent de s'adapter, les enfants sont accueillis normalement", précise le maire. "Le planning mensuel de réservation, destiné uniquement aux parents chômeurs, nous pointe du doigt, alors que nous sommes loin d'être fiers de la situation dans laquelle nous sommes. En plus dans mon cas, j'aurais de toute façon payé la cantine au tarif intermédiaire soit 3,81 euros", a déploré Christophe.
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