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"Oui, la violence conjugale se soigne"

Amélie Gautier par
le 25 novembre 2011 à 04h00 , mis à jour le 25 novembre 2011 à 11h10.
Temps de lecture
4min
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Notre sociétéINTERVIEW - Pourquoi une personne s'en prend à l'être aimé ? Comment arrêter cette violence ? Les réponses d'un psychiatre à l'occasion de la journée mondiale contre les violences faites aux femmes.

TF1 News : Qu'est ce qui pousse une personne à s'en prendre à l'être cher ?
Roland Coutanceau* : Il y a trois types d'explications. La première est sociologique, la culture machiste, patriarcale, qui favorise la domination. Mais ceux qui dérivent vers la violence physique, ont des fragilités, des failles. C'est la dimension psychologique. Ces problèmes peuvent être de l'ordre de l'impulsivité, la susceptibilité, la maturité. Ces personnes ont des problèmes d'égocentrisme également. Elles pensent à elles avant de se mettre dans la peau de l'autre. La troisième explication est criminologique. C'est se demander pourquoi dans certains cas, la violence ne se produit que dans le cadre du couple. J'appelle cela le 'défi de l'intimité'. Ce qui se passe après la lune de miel du début. Ensuite, peuvent venir la jalousie, la peur de perdre, le différend avec l'autre, l'exigence que l'autre soit comme ci ou comme ça... Et là, au lieu de gérer tout cela par le dialogue, certains sont tentés de le gérer d'une façon agressive. Cette violence physique est l'apanage des hommes. Il y a neuf hommes violents pour une femme violente.
 
TF1 News : Peut-on dresser un portrait de la personne violente ?
R.C. : Il n'y a pas de profil culturel, intellectuel ou sociologique type. En revanche, il y a ceux qui sont plus proches de l'immaturité. Ils vont être plus faciles à accompagner car ils se sentent coupables de leur comportement. Il y a ensuite le groupe des égocentriques. Ils veulent que l'autre pense pareil. Ils sont insuffisamment à l'écoute de la réalité humaine émotionnelle et psychologique de l'autre. Le troisième groupe, -hélas le plus popularisé- est celui personnalités pathologiques : les mégalo, les parano, les pervers narcissiques. Ces profils psychologiques peuvent déraper, dériver, vers cette violence physique qui en même temps n'est pas une fatalité.

TF1 News : La violence conjugale peut-elle se soigner ?
R.C. Oui, cette potentialité de la violence conjugale n'est pas fatale ! Pour arrêter la violence dans un couple, il faut trois conditions. D'abord, sortir du silence, que la violence soit nommée, que la femme parle. Les auteurs de violences sont impressionnés par l'interpellation sociale. Ensuite, il faut que la société dise que cela est inadmissible. C'est l'épée de Damoclès de la menace de sanction. Troisième élément ; il faut accompagner celui à qui on reproche quelque chose. En zoomant sur les cas les plus graves, on a parfois l'impression que la violence conjugale est incontrôlable. Or, avec ces trois conditions, beaucoup de sujets violents arrêtent les frais.  
 
TF1 News : Et après, quelles aides pour eux ?
R.C. Il y a trois techniques de prises en charge des personnes violentes. La plus classique est le suivi individuel. Il va davantage être efficace sur celui qui est conscient qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Mais c'est une minorité d'entre eux. Pour les autres, il y a les groupes de paroles pour hommes violents. Là, il rencontre des gens comme lui mais qui ne vont pas dire les mêmes choses que lui. C'est tout l'intérêt de ces groupes, être confronté à la différence de discours. Troisième axe, l'entretien avec quelqu'un de son entourage. Il faut que l'homme violent puisse s'appuyer sur quelqu'un qui va continuer à le cadrer. Si on peut s'appuyer sur des membres de la famille pour pacifier l'ambiance après le dévoilement, c'est un atout pour la consultation spécialisée comme pour la société. A chaque fois, on apprend au sujet à mieux se contrôler, à mieux analyser les ressorts de sa violence, à gérer les conflits autrement.
 
Le psychiatre Roland Coutanceau a ouvert en 2001, l'une des premières consultations françaises pour les hommes violents, dans le cadre du centre médico-psychologique de la Garenne-Colombes, dans les Hauts-de-Seine. Il est notamment l'auteur de Amour et violence, le défi de l'intimité. Odile Jacob.

Commenter cet article

  • 64hard : Merci mois j ai connu ça pendant 25 ansde mon ex femme et pour un homme c est dur dans parler ( crachats et tasse de café a la figure , couteaux plantés a ras de mes parties génitales , insultes , sans parler de la violence psycologique sa plu belle phrase quelle me disait etait tu pus la mort

    Le 26/11/2011 à 22h28
  • 64hard : Moi aussi par mon exfemme pendant 25 ans et je suis un homme crachats a la figure insulte couteaux plantes volontairement a raz des mes parties génitales psycologique mais on n en parle jamais de la violence faite aux hommes

    Le 26/11/2011 à 13h46
  • michalowice : Vous avez eu le courage de divorcer et vous voilà sauvée, mais combien de femmes ne réagissent pas? je n'arrive pas à comprendre pourquoi elles acceptent ces sévices?

    Le 25/11/2011 à 18h29
  • a1n2n2e3 : " leur femme qu'ils fument " : une femme n'est pas comparable à une cigarette !

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  • louischom : A lire et à méditer, le livre : "Il y avait un monstre en moi" de Frédéric Madwies! Rare mais rassurant!

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